Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

     

 

 

 

 

 
Héros urbain, il affronte les puissances propres de la ville : la Maffia (appelée pudiquement " Maggia "), dominée par plusieurs figures du " cerveau " : le Schemer, Silvermane, et surtout le Kingpin (" le Caïd " en v.f. - personnage qui sera l’adversaire de Daredevil, dans le film qui se prépare actuellement).

The Amazing Spiderman (c) D.R.

Un personnage comme Electro, qui maîtrise les courants électriques, peut aussi s’aligner ici, comme une incarnation des forces industrielles au milieu desquelles l’homme araignée fait ses acrobaties.

Et surtout, plus original : Spider-Man affronte la presse, à travers la figure de J.Jonah Jameson, patron du Daily Bugle, qui persécute Spider-Man en bâtissant son image de criminel aux yeux de l’opinion, quand il ne va pas jusqu’à s’allier avec des scientifiques pour le pourchasser à l’aide de robots télécommandés.

Plusieurs adversaires combinent en eux un certain nombre de ces paramètres : le Lézard notamment, alias Kurt Connors (son nom est mentionné dans le film), scientifique, ami de Peter Parker, infirme auquel il manque un bras, qui se transforme de manière incontrôlable en homme-lézard à la suite d’expériences visant à faire repousser le membre qui lui manque. Ou encore, Docteur Octopus, savant fou, qui s’est doté de tentacules mécaniques faisant de lui un redoutable animal-machine.

La raison pour laquelle le Green Goblin  (le bouffon vert) vient prendre une place particulière dans ce Pandemonium, tient sans doute au fait qu’il réunit à lui seul la plupart de ces éléments : figure démoniaque, tiré de l’imagerie de Halloween, il combine de manière originale la semi-animalité et l’arrière-fond carnavalesque. Vert, comme tous les grands adversaires de Spider-Man (le Vautour, Mystério, Octopus, Electro, le Lézard…tous sont verts), il superpose à l’image de la jungle l’image d’une forêt plus européenne, un peu Forêt Noire, s’y déplaçant à dos de chauve-souris mécanique, qui le met en position de tenir son rang pour les combats entre ciel et terre. Savant-fou, il se dote d’équipements technologiques qui assurent sa puissance et son caractère spectaculaire (assez proche du Joker sur ce point), et qui l’arment pour sa vocation première qui est en fait (ça n’apparaît pas dans le film) la conquête de la pègre.

  Spider Man (c) D.R.

Enfin, et surtout, le Green Goblin étant en fait Norman Osborn, le père du meilleur ami et roommate de Peter Parker, il est situé à un point stratégique, où peuvent se rencontrer les deux identités du héros : sa vie en tant que Spider-Man, et sa vie en tant que Peter Parker. Car le secret de fabrication du personnage de Spider-Man, c’est d’entremêler toujours les intrigues familiales et sentimentales de l’adolescent Peter Parker avec les aventures du super-héros Spider-Man. Tout s’organise autour de cette tension. Au point que l’on ne sait plus parfois s’il s’agit d’une histoire d’hommes, discrètement féminisée par des affaires de cœur, ou bien d’un véritable roman à l’eau de rose, déguisé en histoire de super-héros.



ADOLESCENCE EN SERIE


Côté femmes, trois figures alimentent la vie sentimentale de Peter. Le film en a concentré les caractéristiques en un seul personnage, mais dans le comic, les choses se sont construites plus progressivement. Il y a d’abord le premier amour, Betty Page, un peu trop gentille, à laquelle Peter renonce, comme dans le film, au nom de sa responsabilité de super-héros. Arrive alors le duo Gwen Stacy et Mary-Jane Watson, la blonde et la brune, la femme idéale d’un côté, la rebelle rock and roll de l’autre, en rivalité pour le cœur de Peter. C’est la femme idéale qui l’emporte (Gwen), mais la mort de son père, attribuée à Spider-Man, en fait une farouche ennemie du héros costumé, et met Peter dans une situation inextricable. Si inextricable qu’il n’y a plus de rebondissement possible qu’en la faisant tuer (même si elle revient ensuite sous la forme d’un clone…mais bon… série interminable oblige). Peter semble ainsi toujours barré dans son accès aux femmes et à l’âge adulte. En même temps, c’est par la mort de Gwen Stacy que Peter se trouve libre d’aimer Mary-Jane Watson, qui deviendra, encore beaucoup plus tard, sa femme.

Pour ce qui est de la figure maternelle, Peter est soumis à l’ambigüité de son rapport avec sa tante May, qui exècre et craint Spider-Man, grâce à la propagande de Jameson, et qu’il doit donc sans cesse protéger de lui-même. Se dédoublant, voulant protéger sa tante et ne cessant en même temps de la mettre en danger, il s’en faut de peu – et de beaucoup en même temps – pour que Peter ait quelque chose du Norman de " Psychose "…(" Norman ", comme Norman Osborn…)