Héros urbain, il affronte
les puissances propres de la ville : la Maffia (appelée
pudiquement " Maggia "), dominée
par plusieurs figures du " cerveau " :
le Schemer, Silvermane, et surtout le Kingpin (" le
Caïd " en v.f. - personnage qui sera l’adversaire
de Daredevil, dans le film qui se prépare actuellement).
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Un personnage comme Electro, qui maîtrise
les courants électriques, peut aussi s’aligner ici,
comme une incarnation des forces industrielles au milieu desquelles
l’homme araignée fait ses acrobaties.
Et surtout, plus original : Spider-Man affronte la presse,
à travers la figure de J.Jonah Jameson, patron du Daily
Bugle, qui persécute Spider-Man en bâtissant
son image de criminel aux yeux de l’opinion, quand il ne va
pas jusqu’à s’allier avec des scientifiques pour le
pourchasser à l’aide de robots télécommandés.
Plusieurs adversaires combinent en eux un certain nombre de
ces paramètres : le Lézard notamment, alias
Kurt Connors (son nom est mentionné dans le film),
scientifique, ami de Peter Parker, infirme auquel il manque
un bras, qui se transforme de manière incontrôlable
en homme-lézard à la suite d’expériences
visant à faire repousser le membre qui lui manque.
Ou encore, Docteur Octopus, savant fou, qui s’est doté
de tentacules mécaniques faisant de lui un redoutable
animal-machine.
La raison pour laquelle le Green Goblin (le bouffon
vert) vient prendre une place particulière dans
ce Pandemonium, tient sans doute au fait qu’il réunit
à lui seul la plupart de ces éléments :
figure démoniaque, tiré de l’imagerie de Halloween,
il combine de manière originale la semi-animalité
et l’arrière-fond carnavalesque. Vert, comme tous les
grands adversaires de Spider-Man (le Vautour, Mystério,
Octopus, Electro, le Lézard…tous sont verts), il superpose
à l’image de la jungle l’image d’une forêt plus
européenne, un peu Forêt Noire, s’y déplaçant
à dos de chauve-souris mécanique, qui le met
en position de tenir son rang pour les combats entre ciel
et terre. Savant-fou, il se dote d’équipements technologiques
qui assurent sa puissance et son caractère spectaculaire
(assez proche du Joker sur ce point), et qui l’arment pour
sa vocation première qui est en fait (ça n’apparaît
pas dans le film) la conquête de la pègre.
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Enfin, et surtout, le Green Goblin étant
en fait Norman Osborn, le père du meilleur ami et roommate
de Peter Parker, il est situé à un point stratégique,
où peuvent se rencontrer les deux identités
du héros : sa vie en tant que Spider-Man, et sa
vie en tant que Peter Parker. Car le secret de fabrication
du personnage de Spider-Man, c’est d’entremêler toujours
les intrigues familiales et sentimentales de l’adolescent
Peter Parker avec les aventures du super-héros Spider-Man.
Tout s’organise autour de cette tension. Au point que l’on
ne sait plus parfois s’il s’agit d’une histoire d’hommes,
discrètement féminisée par des affaires
de cœur, ou bien d’un véritable roman à l’eau
de rose, déguisé en histoire de super-héros.
ADOLESCENCE EN SERIE
Côté femmes, trois figures alimentent la
vie sentimentale de Peter. Le film en a concentré les
caractéristiques en un seul personnage, mais dans le
comic, les choses se sont construites plus progressivement.
Il y a d’abord le premier amour, Betty Page, un peu trop gentille,
à laquelle Peter renonce, comme dans le film, au nom
de sa responsabilité de super-héros. Arrive
alors le duo Gwen Stacy et Mary-Jane Watson, la blonde et
la brune, la femme idéale d’un côté, la
rebelle rock and roll de l’autre, en rivalité pour
le cœur de Peter. C’est la femme idéale qui l’emporte
(Gwen), mais la mort de son père, attribuée
à Spider-Man, en fait une farouche ennemie du héros
costumé, et met Peter dans une situation inextricable.
Si inextricable qu’il n’y a plus de rebondissement possible
qu’en la faisant tuer (même si elle revient ensuite
sous la forme d’un clone…mais bon… série interminable
oblige). Peter semble ainsi toujours barré dans son
accès aux femmes et à l’âge adulte. En
même temps, c’est par la mort de Gwen Stacy que Peter
se trouve libre d’aimer Mary-Jane Watson, qui deviendra, encore
beaucoup plus tard, sa femme.
Pour ce qui est de la figure maternelle, Peter est soumis
à l’ambigüité de son rapport avec sa tante
May, qui exècre et craint Spider-Man, grâce à
la propagande de Jameson, et qu’il doit donc sans cesse protéger
de lui-même. Se dédoublant, voulant protéger
sa tante et ne cessant en même temps de la mettre en
danger, il s’en faut de peu – et de beaucoup en même
temps – pour que Peter ait quelque chose du Norman de " Psychose "…(" Norman ",
comme Norman Osborn…)
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