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L’AFFAIRE CICERON
de Joseph L. Mankiewicz
Par Damien ZIEGLER

SYNOPSIS : Mars 1944, à Ankara. Diello, valet de l’ambassadeur britannique, propose de livrer aux allemands les courriers classés secret défense de l’armée britannique. Le marché est conclu en dépit des sommes exorbitantes réclamées par Diello. Ce dernier se rapproche de la comtesse Anna, dont il a autrefois servi le mari, et celle-ci accepte finalement de l’accompagner à Rio, ayant autant soif d’argent que lui. Les Allemands ne se débarrasseront jamais de leur perplexité et n’utiliseront jamais les documents, pas même les plans du débarquement en Normandie. Diello se fera trahir par la comtesse, mais parviendra tout de même à s’enfuir grâce à la vente de ces plans. Arrivé à la richesse, il est arrêté : tous les billets étaient faux.



POINT DE VUE

L’Affaire Cicéron, réalisé à mi-carrière de son auteur, ne possède au premier abord d’autre ambition que de servir au mieux le genre auquel il appartient, le policier. Ce film de commande permet pourtant à son auteur de souscrire une nouvelle fois au credo artistique « Instruire et plaire », le pur divertissement recélant un propos éminemment personnel.

Sous couvert d’une haletante histoire d’espionnage, le film traduit en effet pleinement les obsessions habituelles de Mankiewicz, à commencer par la quête éperdue de la vérité. La localisation de cette dernière se révèle d’autant plus ardue à définir que les moyens dont dispose l’être humain sont aussi inadéquats que vains. Le gros plan ironique de Moyzisch en train de scruter le premier film remis par Cicéron est à cet égard certainement le plus caractéristique du film. Il traduit la perplexité de Mankiewicz face à un homme scrutant péniblement à l’aide d’une loupe un objet qui n’est lui-même qu’une copie de la réalité. L’œil humain, prolongement de l’esprit interrogateur, vu à travers le prisme déformant de la loupe apparaît comme un outil tout simplement inadapté à sa tâche. De la même manière, Diello ne se sera jamais rendu compte que tous les billets qu’il comptait avec autant de délectation que de méticulosité étaient de la monnaie de singe, chef-d’œuvre de faussaire.