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FREEDOM
de Sharunas Bartas
Par Floriane ABELE

SYNOPSIS : Afin d’essayer de charger des drogues sur un bateau pour un marché d’outre-mer, deux hommes étrangers et une fille locale sont moulés à terre sur la côte marocaine. Ils errent dans le désert intérieur à la recherche de nourriture, d’eau et d’un abri. Quand les deux hommes prennent des chemins différents, la fille est laissée pour suivre un d’eux au plus profonds dans le paysage abandonné. Bien qu’ils ne partagent aucun langage commun, un lien de se développe entre la fille et l’homme.



DE LA NATURE A LA LIBERTE IL N’EST QU’UN PAS : LA FOI

Dans un petit port peu animé, le soleil chauffe, les mouettes volent, la mer danse, et quatre personnes, regards tournés vers l’horizon, attendent, probablement un bateau, qui les conduira vers l’ailleurs. Après une précise description de ces événements, ils embarquent. L’itinéraire du bateau se trouve rapidement détourné par les garde-côtes, obligeant les passagers (clandestins) à échouer au pied d’un désert. Les personnages se lancent alors dans la traversée de ce monde intermédiaire, entre la vie et la mort, pour fuir et chercher une liberté apparemment perdue. Ce cheminement prend peu à peu la forme d’une quête spirituelle, où survie rime avec communion de l’Homme et de la Nature.

Sharunas Bartas place dès le début un dispositif cinématographique utilisé dans ses précédents films : de longs plans fixes (quasi iconographiques), où les personnages eux-mêmes ne bougent pas, figés dans leurs expressions de manière presque minérale, à l’intérieur de cadres très composés (ce qui ne les empêche pas d’avancer géographiquement et d’évoluer émotionnellement). Cette mise en scène très épurée révèle chez Bartas une passion de la délectation, à contempler les Hommes, les animaux, les paysages, la nature, à filmer les détails, l’infime, à regarder. Il montre des gens qui ne se parlent, ni ne se regardent, mais cette difficulté décuple le moindre moment de communication en intensité. Cette immobilité et ce silence quasi religieux font chanter tous les bruits de la nature, résonner les cris des animaux et les rares moments de paroles murmurées qui semblent se perdre dans l’immensité du désert. Il aime aussi écouter et faire écouter, les mouvements de la mer, l’envol des flamands, le chant du vent.