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BRUNO CHEVILLARD
Adaptateur
Entretien réalisé à Paris
le 11 mars 2005
par Mélanie COCHETEUX

Ancien régisseur de théâtre, Bruno Chevillard a découvert le monde du doublage grâce à son amie Marion Bessay, dialoguiste elle aussi. Aujourd’hui, il adapte aussi bien des grosses productions (Starsky & Hutch) que des films indépendants (Thirteen), ainsi que des séries télévisées de qualité, telles que Angels in America, diffusée sur Canal Plus à la fin de l’année dernière. Il a également travaillé sur quelques productions italiennes, dont les deux derniers films du très prometteur Gabriele Muccino (Juste un baiser et Souviens-toi de moi). Passionné par son métier, il nous transmet aisément son enthousiasme en nous faisant part de son expérience riche et originale.



Objectif Cinéma : Quel a été votre parcours ?

Bruno Chevillard : C’est loin d’être un parcours logique ! J’ai toujours aimé le cinéma, c’est sûr, et j’ai passé un Bac A5 trois langues : anglais, espagnol et italien. C’était l’époque du renouveau du cinéma italien, à la fin des années 70. Ma prof d’italien du lycée nous emmenait au cinéma voir ces films. L’anglais et l’italien étaient deux langues qui me plaisaient beaucoup, et qui évoquent pour moi immédiatement le cinéma. J’ai donc fait un bac Littéraire puis des études théâtrales. Je voulais être régisseur de scène, j’ai passé et réussi le concours pour entrer à l’ENSATT (la fameuse école de théâtre de la rue Blanche, à Paris) comme régisseur, et des cours de comédie faisaient partie du programme d’enseignement. J’ai passé un BTS de régie-administration de théâtre, fait des stages de régie et d’assistanat à la Comédie Française dans des mises en scène de Jean-Luc Boutté, travaillé comme comédien pour des petits rôles à la Comédie Française, puis comme régisseur dans plusieurs petits théâtres jusqu’en 1983-84. J’ai été ensuite régisseur de scène en fixe dans un théâtre, jusqu’en 1989, où j’ai eu envie de changer de métier parce que la scène m’intéressait beaucoup, mais c’était trop de stress, et j’avais envie d’un métier plus solitaire, plus rassemblé sur moi-même, et peut-être plus intellectuel aussi, parce que le métier de régisseur devenait beaucoup trop technique pour moi.

Ce qui me plaisait surtout, c’était le contact avec la scène, les comédiens, les créateurs, les metteurs en scène, les chorégraphes, tout le côté artistique. Mon amie d’enfance, Marion Bessay, dialoguiste de doublage, sachant que je voulais me réorienter professionnellement, m’a dit : « Viens travailler quelques semaines avec moi, si ça t’intéresse et si tu es doué, tu continueras tout seul. Si ça ne te plaît pas, tu laisses tomber, mais ce sera une expérience intéressante ». J’ai travaillé avec Marion pendant quelques temps sur des séries, elle m’a appris la technique, et son savoir-faire, et puis je me suis lancé au bout de quelques mois. Elle m’a présenté à des gens, en leur disant : « Voilà, ce n’est pas moi qui ai écrit cet épisode, c’est Bruno », c’était Alerte à Malibu à l’époque. Alors, petit à petit, on m’a fait confiance, pour des téléfilms, et pour des séries, (mais surtout pour des séries au début !) jusqu’en 1994 où on a adapté ensemble, Marion et moi, Priscilla, folle du désert, puis Donnie Brasco, et à partir de là, j’ai vraiment commencé à travailler tout seul de mon côté.