C’est dans Le Soleil, le dernier film en date d’Aleksandr Sokourov. L’empereur Hirohito, soucieux de faire bonne figure devant les photographes de l’armée américaine, gesticule et sourit, fait le pitre en somme, au risque de paraître ridicule, c’est-à-dire dans son cas « humain ». Les Américains ne tardent pas à l’affubler d’un sobriquet : ce sera Charlie pour Charlot. La ficelle n’est pas mince que de raccorder de la sorte deux civilisations, deux genres apparemment contraires. Du burlesque au tragique, comme si de l’un à l’autre il n’y avait qu’un pas, que l’un et l’autre parfois se recouvraient. L’idée, pour être séduisante, n’est pas neuve. Il faut croire qu’ici encore tout serait affaire de moustache. Alors ce burlesque aux airs de catastrophe, comment l’accueillir, comme un simple clin d’oeil, ou au contraire un juste de retour des choses, non plus une évocation, mais plus exactement une actualisation ?
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