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JEAN-PIERRE MOCKY
Réalisateur
Entretien réalisé
le 17 octobre 2005, à Paris
Par Aurélien G.
Photos de Guillaume CARRE

Mocky maudit par les uns. Mocky culte pour les autres. Mocky et ses cinquante films. Dans le paysage cinématographique français, autant d’OVNI que ni la censure, ni les bides n’ont pu stopper. Pas encore, en tout cas. Jamais, on l’espère. Mocky nostalgique d’une époque où l’artiste régnait en maître.

Mocky, témoin de l’évolution d’un cinéma qui a dangereusement glissé vers le tout business. Mocky, qui se révolte contre les vendeurs d’esquimaux. Mocky, ou le paradoxe d’un cinéma ancré dans son époque par les problèmes qu’il soulève mais pourtant hors du temps. Hors des conventions. Hors normes.

En attendant Touristes ? Oh yes !, un film muet réalisé en hommage à Tati, Les balais écarlates, récemment censuré, et Le Bénévole, une comédie avec Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h qui sortira au mois de février, Grabuge, péniblement tiré à 22 copies, est l’actualité la plus récente de Jean-Pierre Mocky. Et le point de départ de l’entretien fleuve qu’il a accordé à Objectif Cinéma.



Objectif Cinéma : Qu’en est-il de Grabuge , votre dernier film sorti en salles ?

Jean-Pierre Mocky :
Son histoire est extraordinaire puisqu’en province je fais des galas qui sont pleins à craquer et où les gens applaudissent le film. Mais ici, à Paris, il n’y a personne. On a fait 27000 entrées dans toute la France, un chiffre qu’il faut bien évidemment mettre en relation avec le nombre de copies qui ont été tirées, 22 dans le cas de Grabuge.

Aujourd’hui, on détermine le succès d’un film au nombre de copies tirées. Pour un film qui marche moyennement, chaque copie ramène en moyenne 1500 spectateurs. Pathé, par l’intermédiaire de Monsieur Seydoux, m’a aidé à sortir le film, mais il n’a pas été jusqu’à me tirer 500 copies... Sur les 22 copies qu’il a tirées, 9 sont restées sur Paris. Les 13 autres se baladent dans toute la France, mais ne servent pas à grand chose puisqu’à Lille, en une semaine d’exploitation, le film a fait 34 entrées en 30 séances... Pourtant, lorsque je me déplace à Houlgate, une petite bourgade de 1844 habitants, je fais 340 places ! C’est quand même bizarre...


Objectif Cinéma : Comment l’expliquez-vous ?

Jean-Pierre Mocky : La présence du réalisateur est certainement utile pour faire venir les gens. Mais ça n’explique pas tout... Mon ami Robert Guédigian présente parfois son film dans une salle vide, alors que moi j’ai la chance d’avoir un public qui se déplace en masse lorsque je vais à sa rencontre.