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THE SADDEST MUSIC IN THE WORLD
de Guy Maddin
Par Nicolas VILLODRE

Un radio-crochet, parrainé par la patronne d’une importante brasserie et destiné avant tout à relancer la consommation de sa marque de bière, permet de remporter de 25.000 dollars à l’interprète de la chanson la plus triste...



Le générique de cette assez grosse production est presque aussi long que celui de Superman. La distribution n’a donc pas lésiné à engager deux vedettes féminines, qui sont à la fois du niveau international, extrêmement photogéniques et, pour des raisons mystérieuses, vraiment attachantes : Isabella Rosselini, qui, comme on l’a rappelé à propos de La Fiesta del chivo, a parfois tendance à se disperser, à s’égarer dans des rôles qui ne sont pas dignes d’elle et Maria de Medeiros, qui, avec une des réussites de Jérôme Savary, le spectacle Zazou, nous avait déjà montré ses talents de chanteuse, il y a de cela un certain temps déjà.

Le luxe du cinéaste canadien est de continuer à faire des films de type commercial avec une image en deçà de toutes les normes techniques en vigueur dans le cinéma dominant. Ainsi, au lieu de rechercher une photographie léchée, publicitaire, avec de la définition et du piqué, comme partout ailleurs, Maddin propose, avec une fausse-maladresse assumée, délibérée, une image pâteuse, poisseuse, brouillée, indéfinie, instable, "amateur" et rétro, qui peut désorienter le spectateur au début du film, l’énerver par la suite et finir par le fatiguer ou le faire fuir (ce qui, bizarrement, est assez rare). Les miniatures de Maddin semblent être destinées à un écran réduit, de type plasma, et doivent être plus plaisantes à regarder en DVD qu’en grande salle.

Depuis le feuilleton Les Incorruptibles, on sait que le Canada a continué à alimenter l’Amérique de la Prohibition en alcool de contrebande. C’est dans cette période de dépression du début des années 30 que se situe le film. Un concours idiot, comme il y en avait déjà, comme il y en aura toujours, entre le marathon de danse à la On achève bien les chevaux et le classique radio crochet à l’origine de toutes les Stars Ac’ du monde, sponsorisé par une marque de bière, propose assez paradoxalement une récompense de 25.000 dollars à l’interprète de la chanson la plus triste...