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DEMOISELLE
EN DETRESSE

de George Stevens
Par Nicolas VILLODRE

SYNOPSIS : Albert, un jeune domestique, fera tout son possible pour favoriser le mariage de sa jeune patronne avec le poulain sur lequel il a parié, ou plutôt sur lequel il croit avoir misé gros...



On savait les Anglais férus de jeux et de sports. Ils les ont d’ailleurs presque tous inventés, codifiés ou adaptés (updatés) à leur mode de vie ultra-libéral, à leurs mœurs victoriennes, à leur goût de membres de clubs exclusifs de vieux garçons, à leur conception surannée du fair-play, impériale, misogyne, pingre et incongrue comme un pourboire de pub.

C’est le cas du cricket, sport collectif à l’origine du base-ball, qui provient apparemment du croquet (ce mot est lui-même emprunté soit à une forme normando-picarde de crochet, soit au mot français croquet, « coup sec » de croquer, « frapper ») ; de la boxe, sport qualifié de « noble art », qui se pratique les mains emmouflées, assez éloigné donc de la pittoresque savate à la française genre Brigades du Tigre ; du foot-ball (le hand-ball étant, paraît-il germanique) ; du rugby (issu soi-disant de la soule) ; du tennis (le mot aurait pour origine le très courtois, ou en tout cas phatique, « tenez » qu’un joueur de paume lançait à son adversaire au moment de servir, ou de sévir) ; du polo (aux origines lointaines et sans doute persanes) ; des régates (vraisemblablement vénitiennes) ; du turf, etc. Tous ces jeux sont prétextes à paris au pays de la finance, du capital et du book-making. Mais les Anglais ne misent pas seulement sur les résultats de ces épreuves sportives : n’importe quel événement, quelle alternative, quel augure, quelle gageure, quel défi, quel dénouement de situation peut en être l’objet, l’occasion, le prétexte.

Le scénario de ce film brode autour de paris portant sur l’élu de cœur d’une jeune lady. Un domestique, deus ex machina farceur, poquelinesque, fera tout son possible pour favoriser le mariage de la jeune aristocrate avec le poulain sur lequel il a joué gros, ou plutôt sur lequel il croit avoir parié...

Le roman de Pelham (Plum) Grenville Woodehouse d’où est tiré le film avait été mis en scène au cinéma à peine publié, en 1919, par George Archainbaud, puis transposé au théâtre en 1928, avant que Pandro S. Berman, le bras droit de Selznick à la RKO, n’en achète les droits et permette aux frères Gershwin d’en faire une version musicale. Les neuf airs qu’écrivit George Gershwin seront ses dernières compositions, le musicien ayant eu la mauvaise idée de mourir au moment de la sortie du film, en 1937.