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DVD

GIGOLO MALGRE LUI
DEUCE BIGALOW : EUROPEAN GIGOLO

de Mike Bigelow
Par Marc BRUIMAUD

SYNOPSIS : Deuce Bigalow, chouchou des laissées-pour-compte, freaks et autres gueules cassées d’une Amérique stigmatisant les différences physiques, Deuce Bigalow est donc de retour pour importer son savoir-faire et sa grandeur d’âme aux Pays-Bas où l’attend TJ Hicks, « le mac le plus funky d’Amsterdam ». Comme un pisse-froid a décidé, à l’occasion de la Cérémonie de la Trique d’Or, d’éliminer méthodiquement les meilleurs gigolos européens, Bigalow va en profiter pour démasquer le coupable d’un génocide aussi abject.



Point de vue

Bigalow par Bigelow (nouveau venu apparemment issu des clips et de la publicité), ce n’est plus Mike Mitchell (fameux auteur de la franchise d’origine, Deuce Bigalow : male gigolo, 2000 (1)), et même si cette seconde mouture affiche sans ambiguïté sa sensibilité anti-Bush pro-contre-culture, elle préfère la vigoureuse « déconnade » au pamphlet progressiste. Cette perte notable d’idéologie, combinée à une fâcheuse propension au recyclage massif (le premier Bigalow, démarqué éhontément, les frères Farrelly de Mary à tout prix avec, notamment, l’épisode du chat accroché aux « boules » de TJ) ne l’empêche pas, soyons honnêtes, d’être assez hilarante grâce à l’abattage habituel de Rob Schneider, niais jusqu’au sublime, et l’imagination olé-olé des scénaristes, peu avares en délires imbéciles mais réjouissants : running gag du « jargon secret » des tapineurs, annonciateur de performances sexuelles gratinées (« petit pain collant mongolien », « cône turc glacé », « torpilleur belge », « brownie bavarois », « coulée arc-en-ciel », etc.), incongruité crétine de nombreuses situations (la péniche à demi immergée, le restaurant poulet-gaufres - « Van Gogh’s House of Chicken’n Waffles » - réservé aux noirs, la rencontre éclair avec le pervers des aquariums - français, tabagique et anti-américain -, la jeune fille atteinte de troubles obsessionnels compulsifs n’acceptant les rendez-vous qu’après avoir rassemblé cinq tulipes différentes et ingurgité deux harengs arrosés de bière), bêtise auto-satisfaite de multiples trouvailles absurdes (la chaîne-météo topless, le musée du tapin qui fait dire à TJ : « This is my Graceland ») - il y a aussi une irradiée de Tchernobyl avec un pénis à la place du nez qui s’empale d’élégante manière sur une pauvre trachéotomisée !)... Bien entendu, on imagine assez le rejet compulsif des critiques face à une telle frénésie trash ; sans vouloir jouer les anticonformistes primaires, rappelons que l’historique tourmenté de l’humour potache (les premiers John Landis, Paul Bartel et ses comédies camp, Mel Brooks et consorts(2) nous a régulièrement prouvé qu’à l’épreuve du temps, les choses s’avèrent plus complexes et les jugements souvent hâtifs.