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LE DAHLIA NOIR
de Brian De Palma
Par Cécile GIRAUD

SYNOPSIS : Dans les années 40, à Los Angeles, Bucky et Lee, deux inspecteurs, s’attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette, Elizabeth Short, a été découverte atrocement mutilée. Sa beauté et sa fin tragique deviennent les sujets de conversation de toute la ville. Certains sont prêts à tout pour en tirer bénéfice... ou cacher leurs secrets. Quels étaient les liens de la victime avec la puissante famille Linscott ? Que vivait-elle dans son intimité ? Et avec qui ? Au-delà des apparences, l’enquête commence...



Quelques jours avant de voir le très attendu (du moins par la presse à voir le taux de remplissage des projections) Dahlia Noir, je vis une interview de Meryl Streep (pour sa prestation « impeccable comme toujours » dans Le diable s’habille en Prada) qui disait de DePalma (comme de Scorsese, bien que sa remarque paraisse moins vraie pour ce dernier) qu’il n’aimait pas les femmes. Du moins il ne s’y intéresse pas, pas assez pour élaborer un film du point de vue d’une femme. En admiratrice (presque) inconditionnelle du cinéaste, j’ai d’abord pensé que, au contraire, DePalma aimait faire des films aux héroïnes féminines : Carrie avec Sissy Spacek, Fury avec Amy Irving, Blow Out, avec Nancy Allen, Scarface même avec Michèle Pfeiffer, et évidemment Femme Fatale avec Rebecca Romijn. Tous les films de DePalma comportent des rôles féminins importants et forts. Le problème, c’est que ces dames finissent souvent dans des positions inconfortables, victimes d’hommes peu scrupuleux, voir carrément psychotiques, jusqu’à une certaine femme fatale, qui finit, contre toute attente, à en réchapper. Femme Fatale, le film le plus macho de DePalma ? Il n’y aurait qu’un pas, si la femme ne se présentait finalement pas comme la matrice de son cinéma (voir le plan magnifique de Rebecca Romijn nue, les bras en croix dans une eau bleue surréaliste). Mais matrice ne veut pas dire muse, et encore moins compréhension, appropriation. Et c’est en voyant Le Dahlia Noir que les paroles de Meryl Streep me sont revenu en mémoire.

La promo du film met plus en avant les performances de Scarlett Johansson et Hilary Swank, sans parler de l’affiche qui offre le visage du Dahlia lui-même, incarné par la belle et quasi-inconnue Mia Kirshner. Si les personnages masculins sont physiquement loin de ceux du roman, tel n’est pas le cas de femmes. Scarlett Johansson était un choix tout trouvé pour incarner une blonde des années 40. Elle en est le prototype. C’est là que les problèmes commencent. Comment incarner un personnage lorsque être elle-même semble suffire ? Le résultat est paradoxalement peu crédible, la Lake a aussi peu de charisme qu’une planche à repasser, alors que les hommes se pâment d’amour pour elle, jusqu’à tuer... Hilary Swank est plus convaincante, mais c’est le rôle titre, celle qui n’a plus qu’un corps mutilé et des images capturées par une caméra qui interpelle.