Annuaire boutique
Librairie Lis-Voir
PriceMinister
Amazon
Fnac

 
     




 

 

 

 

FESTIVAL
COTE COURT

Compétition Experimentale
Par Raphaël BASSAN

Depuis 2004, l’infatigable délégué général du Festival Côté Court de Pantin, Jacky Evrard, a créé, en parallèle à la section fiction, une seconde compétition, "Expérimental - essai - art vidéo", véritable laboratoire pour confronter, mettre au jour et faire découvrir, à un public non habitué à la vision des films de recherche, des œuvres novatrices, atypiques, essayistes. Ses choix ne recoupent aucune doxa mais en croisent de nombreuses qui dialoguent ainsi entre elles. Aux représentants reconnus de la scène expérimentale hexagonale (Stéphane Marti, Rodolphe Cobetto-Caravanes, Frédéric Lemaître, Johanna Vaude, Frédéric Tachou) se joignent des vidéastes tels Pierre-Yves Cruaud, des infographistes comme Jacques Perconte et un grand nombre d’artistes polyvalents comme Frank Beauvais, Hélène Abram ou Waël Noureddine...

Les choix sont néanmoins rigoureux : vingt-neuf films au total qui tournent autour de trois pôles centraux qui, souvent, se recoupent sur de nombreux points. La controverse autour du support d’abord (argentique ou numérique) interpelle, aujourd’hui, de nombreux artistes, pour des questions plus économiques qu’artistiques d’ailleurs ; ces diverses prises de position se doublent de réflexions sur l’hybridation des matériaux et des sources iconographiques. Enfin, on a noté, cette année, la présence d’un grand nombre d’œuvres prenant pour thème ou sujet la difficile appréhension, par le film ou la vidéo, le documentaire ou l’essai, des conflits armés au travers d’une multiplicité d’approches et de langages différents.



TRAVERSE EXPERIMENTALE

Il y a plusieurs manières de pénétrer dans un univers aussi touffu que celui de cette compétition : thématique, théorique ou anecdotique. Étant bien entendu que toutes ces approches convergent à un certain moment. Je choisis la dernière. Je reçois, en janvier dernier, un mail de Christian Lebrat (1) qui me fait parvenir une invitation d’un certain Jacques Perconte nous conviant à voir certains de ses travaux à la Maison du geste et de l’image, près de Beaubourg. Je m’y rends avec Marcel Mazé (2)


Supports

Dans la salle, je ne distingue aucun visage connu. L’invité des lieux pratique l’infographie et seuls ses amis remplissent la pièce. Nous voyons quelques œuvres dont Uishet. Le spectacle est saisissant. Un bref trajet géographique nous conduit du lac de Léon à une traverse annexe : le courant d’Huchet. Les images, d’abord filmées, puis ouvragées avec des logiciels sophistiqués, proposent un travail très rigoureux sur les pixels. Chaque étape du voyage brouille les contours naturels des lieux pour aboutir à des tableaux d’incrustations visuelles. Perconte se coltine, durant des mois, comme un artisan, au matériau qu’on pourrait croire immatériel (le numérique !), mais qui présente pour l’artiste les mêmes résistances que la toile ou l’argentique. D’ailleurs, Perconte qualifie toujours ses créations de films.