dimanche 5 février 2012

Casino Royale de 1967

L'année 2012 marque les 45 ans du cultissime Casino Royale, pastiche des films de James Bond. Ce film met en scène le vieillissant mais toujours sémillant Sir James Bond (David Niven). Il est chargé par les service secrets du monde occidental de sortir de sa retraite pour mettre fin aux agissements d'une organisation secrète dirigée par le terrible Docteur Noé. Pour l'aider dans sa mission, il va se constituer une équipe d'espions, peu ordinaires...
Ce film est une "extravaganza" comme seuls les Anglais en ont le secret, et dirigé par pas moins de cinq réalisateurs dont John Huston en tête, avec une pleïade de stars : Peter Sellers, Ursula Andress, David Niven, Woody Allen, Orson Welles, Deborah Kerr...

Le doublage a été réalisé par la mythique société Lingua Synchrone de Richard Heinz, mais pour une fois, ce n'était pas ce dernier à la direction artistique mais son complice Edgar Kuhn. La savoureuse adaptation française a été écrite par Fred Savdié.
Pour ce qui est de la distribution vocale, certaines stars ont gardé leur voix française habituelle : le génial Michel Roux double Peter Sellers (Evelyn Tremble) et notre grand ami Georges Aminel prête sa superbe voix à Orson Welles (Le Chiffre). David Niven, souvent doublé par Bernard Dhéran, a ici la voix de Gabriel Cattand (il a souvent doublé Michael Caine et Christopher Plummer). Quant à Woody Allen (Jimmy Bond), Gérard Hernandez lui apporte sa touche comique. Pour l'anecdote, Jean-Paul Belmondo, qui fait une apparition, ne se double pas lui-même en français.
Signalons aussi que la célèbre chanteuse Mireille Mathieu a apporté son concours en étant l'interprète du single "Les yeux de l'amour" (et non pas "Les yeux d'amour" comme indiqué sur le carton de doublage), un tube de l'année 1967 chanté en anglais par Dusty Springfield sous le titre de "The Look of Love".

Casino Royale (à ne pas confondre avec le film éponyme de 2006 avec Daniel Craig) est une oeuvre farfelue mais grandiose qui a bénéficié d'un brillant doublage à une époque où ce travail était encore fait avec soin par de vrais artisans. Ce film est à voir ou à revoir; et comme l'indiquait un des slogans anglais de la sortie en salles : "Join the Casino Royale fun movement !"







(Remerciements à Christine M.)

(c) La Gazette du doublage - 2012

dimanche 15 janvier 2012

DÉCÈS DE SERGE LHORCA (1918-2012)

Le 13 janvier 2012, le comédien Serge Lhorca a tiré sa révérence à 93 ans. Pratiquement aucun film à son actif, mais des rôles au théâtre, notamment en 1947-1948 dans L’archipel Lenoir, comédie en deux parties d’Armand Salacrou, mise en scène et interprétée par Charles Dullin. Pourvu d’une voix légère et juvénile qui ne s’est pas altérée avec le temps, c’est surtout dans la synchro qu’il s’est illustré après-guerre. On peut ainsi l’entendre sur Ramon Novarro dans Ca commence à Vera Cruz (1949) ou Earl Holliman dans Les faiseur de pluie (1956) et Le dernier train de Gunhill (1959). Doué pour les accents, il a souvent été « abonné » à doubler des bandits mexicains dans des westerns (Le fils du désert, Les géants de l'ouest) ou des individus d'origine latine (La femme modèle, La péniche du bonheur, Lucky Luciano).

Il a parfois suivi certains acteurs illustres sur plusieurs films, comme Jack Lemmon (L’adorable voisine, Spéciale première, Les grincheux), Roddy McDowall (La planète des singes, Les évadés de la planète des singes), Gene Wilder (Transamerica Express, Drôle de séducteur, La folie aux trousses, Nuit de noces chez les fantômes, Chéri, dessine-moi un bébé), ou encore Roy Scheider (The French Connection, Klute, Tonnerre de feu).

Il lui est arrivé aussi de doubler plus sporadiquement des personnalités aussi différentes que Frank Sinatra (Double dynamite), George Chakiris (La ragazza), Bruce Dern (Psych-Out), Giuliano Gemma (Méfie-toi Ben, Charlie veut ta peau), Robert Englund (Réincarnations), Michael Palin (Le sens de la vie). C’est aussi lui qui prêtait avec beaucoup d'aplomb sa voix à Enrique Irazoqui, l’interprète de Jésus Christ dans le film de Pier Paolo Pasolini L’évangile selon Saint Matthieu (1964). Dans un autre registre, on pouvait reconnaître aussi sa voix sur le Jedi Yoda dans Star Wars, épisode V – L’empire contre-attaque (1980) et Star Wars, épisode VI – Le retour du Jedi (1983). .

S’agissant des séries télévisées, il était inoubliable sur Fred Grandy, alias le Stewart Gopher dans La croisière s’amuse (1977-1986) et Daniel J. Travanti, alias le Capitaine Frank Furillo dans Hill Street Blues (1981-1987). Tout aussi à l’aise pour doubler des dessins animés, il était la première voix (avant redoublage) de la souris Speedy Gonzales des Looney Toons et faisait plusieurs Schtroumpfs (dont le bricoleur), dans la série animée du même nom. Pour paraphraser l’écrivain Amadou Hampâté Bâ qui disait qu’ « un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », un comédien qui meurt, c’est une cinémathèque qui brûle. Nous regrettons de ne pas avoir eu l’occasion de rencontrer Serge Lhorca pour l’entendre parler de son métier, qu’il exerçait avec un talent rare.

(c) La Gazette du doublage - 2012

Les voix françaises de Dracula... et de Van Helsing

La Gazette du doublage a contribué une nouvelle fois à un ouvrage des Editions Didier Carpentier. En effet, la collection "Stars de l'écran", dédiée aux plus grandes vedettes françaises ou étrangères, et maintenant aux personnages célèbres, s’est enrichie en septembre 2011 d’un nouveau titre écrit par Christian Dureau et intitulé Dracula, le "saigneur" des Carpates.

Après la rédaction des voxographies de Sean Connery (2006), Paul Newman (2007), Marilyn Monroe (2009) et de John Wayne (2010), La Gazette a rédigé un chapitre qui parle des voix françaises de Dracula (bien que ce dernier ne soit pas un grand bavard) et de celles de son ennemi juré, Van Helsing. Nous parlons donc du doublage des films des années 30 aux années 2000 et nous évoquons, entre autres, les comédiens qui suivent : Yves Furet, Duncan Elliott, Jean Davy, Jean Topart, Claude Giraud, André Oumansky, Boris Rehlinger...

Nous ne pouvons que recommander aux cinéphiles et voxophiles de se procurer cet ouvrage de 112 pages, richement illustré et documenté (prix : 18€).

(c) La Gazette du doublage - 2012

Meilleurs voeux 2012 !

Comme chaque année, La Gazette du doublage vous souhaite une bonne année de visionnages de films et de séries TV, en version française, évidemment !

Comme vous avez pu le constater, nos publications sur ce blog et notre site ont été moins fréquentes en 2011 du fait de projets annexes nous accaparant comme la préparation de nos conférences sur le doublage au Salon des séries qui prennent de plus en plus d'ampleur, et de notre contribution rédactionnelle à la collection "Stars de l'écran" des Editions Didier Carpentier. Nous sommes également présent quasi-quotidiennement sur Facebook, réseau social qui nous prend beaucoup de temps.

Pour 2012, une partie de notre équipe va être modifiée, ce qui va sans doute donner lieu à de nouvelles contributions en ligne. Nous allons continuer aussi à nous investir dans de nouveaux projets concernant le doublage dont nous vous reparlerons ultérieurement.

Nous vous remercions, une nouvelle fois, de votre fidélité, et nous vous disons à très bientôt !