dimanche 12 février 2012

DES VERSIONS FRANCAISES SUR CERTAINS DVD DES MAÎTRES ITALIENS SNC

Depuis 2007, M6 Vidéo propose des films transalpins en DVD dans la collection Les maîtres italiens - SNC. Voici une liste des DVD contenant une version française. Contrairement à ce qu’indique sa jaquette, le DVD de Dio è con noi / A l’aube du cinquième jour (Giuliano Montaldo, 1970) ne contient pas le doublage français, mais seulement la version originale italienne. Regrettons que d’autres versions françaises n’aient pas été retrouvées. C’est le cas pour Anima persa / Âmes perdues (Dino Risi, 1977), ce qui nous prive non seulement d’entendre Catherine Deneuve avec sa vraie voix (elle est doublée dans la version originale italienne) mais aussi d’apprécier Georges Aminel sur Vittorio Gassman. Unique présence de la version originale italienne également pour Il giardino dei Finzi Contini / Le jardin des Finzi Contini (Vittorio De Sica, 1970), alors que la VF passait encore à la télévision dans les années 80 !

Les DVD sur lesquels une version française est indiquée sont :
-Don Cesare di Bazan / Don César de Bazan (Riccardo Freda, 1942)
-La ragazza in vetrina / La fille dans la vitrine (Luciano Emmer, 1961)
-Riusciranno i nostri eroi a ritrovare l'amico misteriosamente scomparso in Africa? / Nos héros retrouveront-ils leurs amis mystérieusement disparus en Afrique? (Ettore Scola, 1968)
-Infanzia, vocazione e prime esperienze di Giacomo Casanova, veneziano / Casanova, un adolescent à Venise (Luigi Comencini, 1969)
-Gli intoccabili / Les intouchables (Giuliano Montaldo, 1969)
-Ostia (Sergio Citti, 1970)
-La supertestimone / Super témoin (Franco Giraldi, 1971)
-Confessione di un commissario di polizia al procuratore della repubblica / Confession d'un commissaire de police au procureur de la république (Damiano Damiani, 1971)
-Mimì metallurgico ferito nell'onore / Mimi métallo, blessé dans son orgueil (Lina Wertmüller, 1972)
-Vogliamo i colonnelli / Nous voulons les colonels (Mario Monicelli, 1973)
-Sessomatto / Le sexe fou (Dino Risi, 1973)
-Mio Dio come sono caduta in basso! / Mon Dieu, comment suis-je tombée si bas? (Luigi Comencini, 1974)
-Gli ordini sono ordini / Les ordres sont les ordres (Franco Giraldi, 1974)
-Telefoni bianchi / La carrière d'une femme de chambre (Dino Risi, 1976)
-Primo amore / Dernier amour (Dino Risi, 1982)

(c) La Gazette du doublage - 2012

vendredi 10 février 2012

DES VERSIONS FRANCAISES SUR CERTAINS TRÉSORS WARNER

Depuis un an environ, Warner France propose Les trésors Warner, une collection de DVD pressés à la demande de films peu diffusés. Il s’agit du pendant français de la Warner Archive Collection, lancée en 2009 aux Etats-Unis. Si le prix relativement élevé de ces collections aux titres différents est à déplorer des deux côtés de l’océan, il y a cependant une amélioration chez nous par rapport à la collection américaine. En effet, tous les titres sortis par Warner France contiennent un sous-titrage (français) et l’on trouve sur certains des DVD une version française (en espérant que les jaquettes fournissent des informations exactes, Warner nous ayant habitués à indiquer la présence d’une VF quand il n’y en a pas ou à ne pas mettre de VF sur certains disques alors qu’elles existent bel et bien...)

Voici une liste des DVD sur lesquels la présence d’une version française est indiquée :
-Young Tom Edison / La jeunesse d’Edison (Norman Taurog, 1940)
-Two-Faced Woman / La femme aux deux visages (George Cukor, 1941)
-Conflict / La mort n’était pas au rendez-vous (Curtis Bernhardt, 1945)
-The Hucksters / Marchands d’illusions (Jack Conway, 1947)
-Homecoming / Le retour (Mervyn LeRoy, 1948)
-Bhowani Junction / La croisée des destins (George Cukor, 1956)
-The Swan / Le cygne (Charles Vidor, 1956)
-Tribute to a Bad Man / La loi de la prairie (Robert Wise, 1957)
-Green Mansions / Vertes demeures (Mel Ferrer, 1959)
-The Rain People / Les gens de la pluie (Francis Ford Coppola, 1969)
-Brewster McCloud (Robert Altman, 1970)

(c) La Gazette du doublage - 2012

dimanche 5 février 2012

Casino Royale de 1967

L'année 2012 marque les 45 ans du cultissime Casino Royale, pastiche des films de James Bond. Ce film met en scène le vieillissant mais toujours sémillant Sir James Bond (David Niven). Il est chargé par les service secrets du monde occidental de sortir de sa retraite pour mettre fin aux agissements d'une organisation secrète dirigée par le terrible Docteur Noé. Pour l'aider dans sa mission, il va se constituer une équipe d'espions, peu ordinaires...
Ce film est une "extravaganza" comme seuls les Anglais en ont le secret, et dirigé par pas moins de cinq réalisateurs dont John Huston en tête, avec une pleïade de stars : Peter Sellers, Ursula Andress, David Niven, Woody Allen, Orson Welles, Deborah Kerr...

Le doublage a été réalisé par la mythique société Lingua Synchrone de Richard Heinz, mais pour une fois, ce n'était pas ce dernier à la direction artistique mais son complice Edgar Kuhn. La savoureuse adaptation française a été écrite par Fred Savdié.
Pour ce qui est de la distribution vocale, certaines stars ont gardé leur voix française habituelle : le génial Michel Roux double Peter Sellers (Evelyn Tremble) et notre grand ami Georges Aminel prête sa superbe voix à Orson Welles (Le Chiffre). David Niven, souvent doublé par Bernard Dhéran, a ici la voix de Gabriel Cattand (il a souvent doublé Michael Caine et Christopher Plummer). Quant à Woody Allen (Jimmy Bond), Gérard Hernandez lui apporte sa touche comique. Pour l'anecdote, Jean-Paul Belmondo, qui fait une apparition, ne se double pas lui-même en français.
Signalons aussi que la célèbre chanteuse Mireille Mathieu a apporté son concours en étant l'interprète du single "Les yeux de l'amour" (et non pas "Les yeux d'amour" comme indiqué sur le carton de doublage), un tube de l'année 1967 chanté en anglais par Dusty Springfield sous le titre de "The Look of Love".

Casino Royale (à ne pas confondre avec le film éponyme de 2006 avec Daniel Craig) est une oeuvre farfelue mais grandiose qui a bénéficié d'un brillant doublage à une époque où ce travail était encore fait avec soin par de vrais artisans. Ce film est à voir ou à revoir; et comme l'indiquait un des slogans anglais de la sortie en salles : "Join the Casino Royale fun movement !"







(Remerciements à Christine M.)

(c) La Gazette du doublage - 2012

dimanche 15 janvier 2012

DÉCÈS DE SERGE LHORCA (1918-2012)

Le 13 janvier 2012, le comédien Serge Lhorca a tiré sa révérence à 93 ans. Pratiquement aucun film à son actif, mais des rôles au théâtre, notamment en 1947-1948 dans L’archipel Lenoir, comédie en deux parties d’Armand Salacrou, mise en scène et interprétée par Charles Dullin. Pourvu d’une voix légère et juvénile qui ne s’est pas altérée avec le temps, c’est surtout dans la synchro qu’il s’est illustré après-guerre. On peut ainsi l’entendre sur Ramon Novarro dans Ca commence à Vera Cruz (1949) ou Earl Holliman dans Les faiseur de pluie (1956) et Le dernier train de Gunhill (1959). Doué pour les accents, il a souvent été « abonné » à doubler des bandits mexicains dans des westerns (Le fils du désert, Les géants de l'ouest) ou des individus d'origine latine (La femme modèle, La péniche du bonheur, Lucky Luciano).

Il a parfois suivi certains acteurs illustres sur plusieurs films, comme Jack Lemmon (L’adorable voisine, Spéciale première, Les grincheux), Roddy McDowall (La planète des singes, Les évadés de la planète des singes), Gene Wilder (Transamerica Express, Drôle de séducteur, La folie aux trousses, Nuit de noces chez les fantômes, Chéri, dessine-moi un bébé), ou encore Roy Scheider (The French Connection, Klute, Tonnerre de feu).

Il lui est arrivé aussi de doubler plus sporadiquement des personnalités aussi différentes que Frank Sinatra (Double dynamite), George Chakiris (La ragazza), Bruce Dern (Psych-Out), Giuliano Gemma (Méfie-toi Ben, Charlie veut ta peau), Robert Englund (Réincarnations), Michael Palin (Le sens de la vie). C’est aussi lui qui prêtait avec beaucoup d'aplomb sa voix à Enrique Irazoqui, l’interprète de Jésus Christ dans le film de Pier Paolo Pasolini L’évangile selon Saint Matthieu (1964). Dans un autre registre, on pouvait reconnaître aussi sa voix sur le Jedi Yoda dans Star Wars, épisode V – L’empire contre-attaque (1980) et Star Wars, épisode VI – Le retour du Jedi (1983). .

S’agissant des séries télévisées, il était inoubliable sur Fred Grandy, alias le Stewart Gopher dans La croisière s’amuse (1977-1986) et Daniel J. Travanti, alias le Capitaine Frank Furillo dans Hill Street Blues (1981-1987). Tout aussi à l’aise pour doubler des dessins animés, il était la première voix (avant redoublage) de la souris Speedy Gonzales des Looney Toons et faisait plusieurs Schtroumpfs (dont le bricoleur), dans la série animée du même nom. Pour paraphraser l’écrivain Amadou Hampâté Bâ qui disait qu’ « un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle », un comédien qui meurt, c’est une cinémathèque qui brûle. Nous regrettons de ne pas avoir eu l’occasion de rencontrer Serge Lhorca pour l’entendre parler de son métier, qu’il exerçait avec un talent rare.

(c) La Gazette du doublage - 2012