dimanche 13 avril 2008

HOMMAGE A JACQUES MOREL

C'est par voie de presse que nous avons appris avec tristesse le décès du comédien Jacques Morel, parti dans sa quatre-vingt-sixième année.

Il débuta sa carrière en 1941 dans les cabarets, puis au théâtre.

Avec un rare sens de la nuance, il donna vie avec talent à de bons seconds rôles, pour de grands réalisateurs tels que Jean Delannoy, Sacha Guitry, Jean Renoir ou Marcel Pagnol. Dans les années 80, TF1 lui offrit même le rôle-titre de la série "Julien Fontanes magistrat", qui reçût un plutôt bon accueil du public.

On ne lui connaît pas de doublages. Par contre, il fît, dans la continuité des feuilletons radiophoniques, des créations de voix pour des dessins animés francophones. Ce fût le cas d'Obélix, personnage des aventures d'Astérix, qu'il reprit sur France Inter, succédant avec Roger Carel au tandem Guy Piérauld-Albert Augier qui avait créé peu de temps auparavant les voix de ces célèbres gaulois pour RTL. Il le doubla ensuite dans "Astérix le Gaulois" (1967), "Deux Romains en Gaule" (1967), "Astérix et Cléopâtre" (1968), "Les Douze Travaux d'Astérix" (1976) et dans diverses productions (radio, interviews télévisées, etc.), avant que Pierre Tornade ne lui succède. En outre, il prêta sa voix à Toutou dans "La Maison de Toutou".

En raison d'un accident cardio-vasculaire, il dut mettre un terme à sa carrière en 1993, alors qu'il jouait au théâtre aux côtés de Michel Serrault dans "Knock".

Nous avions réussi à le contacter voilà deux ans, mais il semblait s'être volontairement retiré du métier, dans un anonymat complet.

Remerciements à Roger Carel

HOMMAGE A JACQUES BERTHIER (PAR F. JUSTAMAND)

C’est avec peine que nous avons appris le décès du comédien Jacques Berthier qui vient de nous quitter à l’âge de 92 ans.

Nous lui avions consacré un portrait dans l’édition papier de " La Gazette du doublage " de septembre 1999 à laquelle il avait très aimablement apporté son concours.

Jacques Berthier a fait une belle carrière au théâtre et a interprété beaucoup de seconds rôles au grand écran : il a, notamment, croisé le fer avec Errol Flynn dans " Le Vagabond des mers " (1953) et joué le rôle de Robespierre dans " Si Versailles m’était conté " (1954) de Sacha Guitry.

A la télévision, il a interprété le rôle du Dr. Maizey dans " Ton amour et ma jeunesse (1973).

A la synchro, il a prêté sa voix à de grandes vedettes du cinéma américain. Il a doublé David Niven dans " Le tour du monde en 80 jours " (1956), " Les Canons de Navarone " (1961), " La Panthère rose " (1964)… et également Van Heflin dans " Trois heures dix pour Yuma " (1957), George Sanders dans " Quand l’inspecteur s’emmêle " (1964) ou encore le génial Del Moore (le doyen de la faculté) dans le Jerry Lewis " Docteur Jerry et Mister Love " (1963).

En 1965, il a participé au doublage de la célèbre série " Zorro " de Disney dans laquelle il a prêté sa voix à personnage du méchant Monastorio. Mais c’est pour d’autres séries télévisées que sa voix est devenue très connue du grand public. En effet, pendant de longues années, il a doublé Raymond Burr dans " Perry Mason " et " L’homme de fer " pour laquelle il avait succédé à Jean Martinelli.

Plus tard, on va l’entendre aussi sur Gregory Peck dans " Le commando de Sa Majesté " (1980). Il participait encore récemment au doublage de la série "Boston Legal".

Toutes nos pensées vont pour son épouse, Lily Baron, qu’il avait connue en 1948.

mardi 8 avril 2008

DESTINATION DANGER EN DVD

Un premier coffret DVD, sorti le 19 juillet 2007, regroupait l'intégralité de la première série de Danger Man / Destination Danger (1960-1962).
Le 24 avril 2008, TF1 Vidéo projette de sortir un deuxième coffret, contenant 24 épisodes de la seconde série (1964-1966) des aventures de l’agent secret John Drake (Patrick McGoohan), qui, après avoir travaillé pour l’OTAN, travaille dorénavant pour les services secrets britanniques. Le format des épisodes passe de 25 à 50 minutes, tandis que le générique, assez insipide, de la première saison, laisse place à un extraordinaire morceau introductif au clavecin.
La version française permet d’apprécier la voix ironique et racée de Jacques Thébault, collant parfaitement à Patrick McGoohan ; ce qui sera confirmé, quelques années plus tard, dans une série non moins réussie : The Prisoner / Le Prisonnier (1967-1968).

mardi 1 avril 2008

DECES DE LA COMEDIENNE PAULA DEHELLY

C’est avec tristesse que nous avons eu la confirmation le week-end dernier du décès de Paula Dehelly, partie ce lundi 24 mars à l’âge de 91 ans.
Née le 11 février 1917 à Paris, elle suivit les cours du grand Louis Jouvet. Les notes du maître prises lors de ces leçons d’art dramatique inspireront d’ailleurs la pièce Elvire-Jouvet 40 de Brigitte Jacques, dans laquelle Maria de Medeiros interprétait le rôle de l’élève Paula Dehelly.
Elle était, dans sa jeunesse, promise à une belle carrière, hélas mise à mal à cause de la guerre, puisqu’étant juive, elle dût quitter la capitale.
Pour le théâtre, elle créa le rôle d’Olga dans Les mains sales de Sartre, aux côtés de François Périer et d’André Luguet. Sa carrière au cinéma fût plutôt discrète et lui offrit souvent des rôles de bourgeoises ou de religieuses.

En revanche, elle eut une grande carrière dans le doublage. Comme elle nous l’avait confié il y a quelques années, elle doublait à l’époque de l’ « âge d’or » du cinéma pas moins de quinze grandes vedettes féminines. Citons pèle-mêle :

Jean Arthur dans Seuls les anges ont des ailes (1939)
Hedy Lamarr dans La fièvre du pétrole (1940)
Ingrid Bergman dans Docteur Jekyll et Mister Hyde (1941), Hantise (1944), Les Cloches de Sainte-Marie (1945), Les Enchaînés (1946)
Katharine Hepburn dans Lame de fond (1946), Madame porte la culotte (1949), et dans la plupart des films avec Spencer Tracy
Alida Valli dans Le Troisième Homme (1949)
Viveca Lindfors dans Les contrebandiers de Moonfleet (1955)
Deborah Kerr dans Casino Royale (1967)

Depuis de nombreuses années, elle était la voix de l’actrice Angela Lansbury dans la série policière Arabesque (Murder she wrote en VO). Un des seuls rôles qu’elle continuait encore à doubler…

(Remerciements à François Justamand et Jacques Ciron)