Je retrouvais aussi sur les plateaux des copains qui, comme moi, se partageaient entre théâtre, télé, cinéma et synchro. Ce n’était pas facile, il fallait jongler avec les horaires des répétitions, des tournages et des enregistrements. C’étaient des journées qui souvent commençaient à neuf heures le matin pour ne se terminer que passé minuit.

Ainsi de Michel Roux, habile comédien, voix de Tony Curtis dans Amicalement vôtre. Nous nous trouvions tous deux un matin debout devant un micro. Les deux mains appuyées sur la barre, il était impassible, comme à son habitude. Nous enregistrions. Je savais qu’il jouait le soir au théâtre, qu’il passait ensuite dans un ou deux cabarets, ce qui devait bien le mener jusqu’à deux heures du matin. Peu de temps de sommeil. Compatissant, je lui murmurai entre deux répliques : « dis moi, Michel, tu dors quand ? ». Sans se détourner de l’écran, il me répondit, pince sans rire : « Mais en ce moment ». Ai-je-dit qu’on le surnommait le « marrant glacé » ?

Roger Carel lui aussi était présent partout, de même que René Arrieu, Henri Virlogeux, Georges Aminel (Orson Welles), Gabriel Cattand ou Dominique Paturel, la voix de J.R dans Dallas. Cette voix était devenue si célèbre que, jouant dans une pièce d’André Roussin, dès son premier mot, chaque soir, un murmure parcourait la salle : « C’est J.R, c’est J.R ». D’ailleurs si on entendait par hasard la vraie voix du comédien Larry Hagman (J.R) on était bien déçu. Il en allait de même pour « Starsky et Hutch » doublés par Jacques Balutin et Francis Lax qui y apportaient chacun une réelle valeur ajoutée personnelle. (A suivre) (Textes écrits par William et Marie-Aimée Sabatier. Tous droits réservés)