Finalement, ce qui est essentiel c’est la qualité de la traduction du dialogue, qu’il faut préférer à une trop stricte recherche de synchronisme. Se méfier aussi du double sens que peut cacher une traduction trop littérale. Ainsi, dans une scène où un shérif se plaint de l’inimitié de son assistante : « Elle me déteste tellement que si on devait me pendre elle viendrait pour serrer mon nœud ».
C’est moi qui eu un jour à dire cette phrase. M’étant retourné vers le directeur :
- Qu’est-ce que je dis ?
- Tu dis ce qui est écrit.
- Tu ne crois pas que ça sonne un peu équivoque ?
- Euh … ! oui tu as raison.Tu vas dire : « Elle me déteste tellement que si on devait me pendre, elle viendrait pour me serrer le nœud ».
- Je ne sais pas si c’est mieux !
- Alors dis : « Elle viendrait serrer mon nœud coulant »
- Là c’est carrément la blennorragie !
- Qu’est-ce que tu proposes ?
- « Elle viendrait donner un coup de main au bourreau »
C’est ce qu’on enregistra, loin du texte original.

Dans une autre série, deux policiers près du cadavre nu d’une femme découverte assassinée dans un sous-bois. Le chef à son adjoint :
- « Je retourne au bureau, occupe-toi des frivolités ! »
Là il s’agit évidemment de la bévue de la calligraphe, qui a écrit « frivolités » à la place de « formalités ». (A suivre) (Textes écrits par William et Marie-Aimée Sabatier. Tous droits réservés)