dimanche 15 juin 2008

HOMMAGE A PHILIPPE MURCIER ET PASCAL MASSIX

La Gazette du Doublage tient à rendre hommage à Philippe Murcier et Pascal Massix, deux professionnels du doublage décédés ces dernières semaines.

Philippe Murcier fonda en 1976 la société Murfilm, et devint directeur artistique au sein de cette même société. Il a dirigé, entre autres, Pulp Fiction de Quentin Tarantino, grand succès populaire, mais aussi America America d’Elia Kazan, L’Etat des choses et The end of violence de Wim Wenders, Le Tambour de Volker Schlöndorff, mais encore Ginger et Fred de Fellini. Sa société s’est aussi occupée de la post-synchronisation de plusieurs films français, notamment pour Roger Hanin, Gérard Blain, et Zabou Breitman (Se Souvenir des belles choses).

Pascal Massix, lui, est venu au doublage il y a quelques années, après un parcours plutôt musical. Il n’était encore que rarement employé sur des rôles principaux. Notons qu’il prêtait sa belle voix grave à l’homme de ménage de la série Scrubs, et qu’il a participé au doublage de la série Prison Break et des films Hulk et The Punisher. Récemment, il prêtait sa voix au père de famille de la série humoristique The Pitts, un doublage au cours duquel nous avions eu le grand plaisir de le rencontrer, il y a un mois à peine, grâce à notre ami Roger Lumont.

Ils s’étaient tous deux confiés avec beaucoup de sympathie à notre collaborateur David Gential (que nous remercions pour ses informations). La Gazette du Doublage adresse ses condoléances les plus sincères à leurs familles.

mercredi 11 juin 2008

SOUVENIRS DE DOUBLAGES (PARTIE 5/8)

Je ne sais rien depuis longtemps de Guy Piérauld. Il était pourvu d’une voix au timbre un peu fêlé, ce qui aurait été pour beaucoup un handicap rédhibitoire, mais qui lui avait ouvert tout grand le doublage des dessins animés, où il faisait merveille. À une époque, il était la voix de « Kiri le Clown » dans une série d’animation dont les enfants raffolaient ; le mien, cinq ans alors, tout particulièrement. Il accourait dès qu’il entendait le jingle de l’émission. C’était un enfant mince, pour ne pas dire maigre, qu’on avait le plus grand mal à faire manger, ce qui ne manquait pas de nous inquiéter. Un jour que je rencontrai Guy Piérauld dans un couloir de la Télé, il me vint une idée. Je l’entraînai au bar et lui en fit part : je lui demandai d’appeler Jean-Michel, de lui faire la morale, et de l’inciter à manger.

Il le fit le soir même - l’effet fut immédiat. Quand le petit entendit la voix de Guy au téléphone, il ouvrit grand ses yeux et ses oreilles :
- Il faut que tu manges, sans ça, Kiri ne sera pas content.
- Oui Kiri…
- Je te vois, tu sais, quand je suis dans la Télévision.
- Oui Kiri…
- À bientôt Titou, et surtout mange bien ta soupe
- Oui Kiri, je t’aime Kiri, je t’aime…

Guy en avait été tout ému, me dit-il plus tard. Et nous étions bien contents. Titou se mit à manger de la soupe. Il a plus de quarante ans, en mange toujours, et mesure 1 mètre 93 !

Je referme ici la parenthèse pour revenir un peu vers les studios. J’y ai vu défiler quelques débutants, parmi lesquels une toute jeune fille. Son père Maurice Dorléac, était d’ailleurs le directeur artistique des doublages de la Paramount. Elle prit plus tard le nom de Catherine Deneuve. À la même époque un jeune homme très doué, qui s’éloigna assez vite des audis de synchro, mais pas des studios: Gérard Depardieu. Pierre Arditi également. Ceux là commençaient par où d’autres finissent. Comme quoi la synchro mène à tout, à condition de pouvoir en sortir… (A suivre) (Textes écrits par William et Marie-Aimée Sabatier. Tous droits réservés)

Décès de Guy Marly

Le chanteur/acteur Guy Marly nous a quittés à l'âge de 87 ans, en janvier dernier...
Il avait tourné des seconds rôles dans une cinquantaine de films et téléfilms dont Coplan Fx 18 casse tout (1965), les Rois maudits (1972) mais a été surtout une vedette de la chanson dans les années 40 et 50. Il a notamment interprété Petite Suzon (1947),Cent pour cent écrite par Loulou Gasté en 1950...
Côté doublage, peu de renseignements sur lui si ce n'est qu'il a participé à celui de Mary Poppins (1964) effectué par la Société parisienne de sonorisation (SPS) pour laquelle il a dû souvent travailler dans les années 60.
Encore un artiste de talent qui nous quitte sans hommage médiatique...

mercredi 4 juin 2008

SOUVENIRS DE DOUBLAGES (PARTIE 4/8)

Je retrouvais aussi sur les plateaux des copains qui, comme moi, se partageaient entre théâtre, télé, cinéma et synchro. Ce n’était pas facile, il fallait jongler avec les horaires des répétitions, des tournages et des enregistrements. C’étaient des journées qui souvent commençaient à neuf heures le matin pour ne se terminer que passé minuit.

Ainsi de Michel Roux, habile comédien, voix de Tony Curtis dans Amicalement vôtre. Nous nous trouvions tous deux un matin debout devant un micro. Les deux mains appuyées sur la barre, il était impassible, comme à son habitude. Nous enregistrions. Je savais qu’il jouait le soir au théâtre, qu’il passait ensuite dans un ou deux cabarets, ce qui devait bien le mener jusqu’à deux heures du matin. Peu de temps de sommeil. Compatissant, je lui murmurai entre deux répliques : « dis moi, Michel, tu dors quand ? ». Sans se détourner de l’écran, il me répondit, pince sans rire : « Mais en ce moment ». Ai-je-dit qu’on le surnommait le « marrant glacé » ?

Roger Carel lui aussi était présent partout, de même que René Arrieu, Henri Virlogeux, Georges Aminel (Orson Welles), Gabriel Cattand ou Dominique Paturel, la voix de J.R dans Dallas. Cette voix était devenue si célèbre que, jouant dans une pièce d’André Roussin, dès son premier mot, chaque soir, un murmure parcourait la salle : « C’est J.R, c’est J.R ». D’ailleurs si on entendait par hasard la vraie voix du comédien Larry Hagman (J.R) on était bien déçu. Il en allait de même pour « Starsky et Hutch » doublés par Jacques Balutin et Francis Lax qui y apportaient chacun une réelle valeur ajoutée personnelle. (A suivre) (Textes écrits par William et Marie-Aimée Sabatier. Tous droits réservés)