Samedi 8 novembre, le comédien Jacques Frantz a donné une représentation de sa pièce Les riches reprennent confiance au superbe théâtre de Charenton-le-Pont (Val de Marne) qui raconte les aventures d'un homme d'affaire (joué par Frantz), boulimique des rachats de société; une sorte de Bernard Tapie des années 80. Inutile de vous dire qu'il y est excellent : sa présence et sa voix (bien-sûr) font merveilles. Il est entouré de très bons comédiens dont l'excellent Louis-Charles Sirjacq et de sa fille Marjorie Frantz. Rappelons que c'est pour cette pièce que Jacques Frantz a obtenu une nomination pour le Molière 2008 du meilleur comédien.

Après le spectacle, nous avons salué l'Artiste qui nous a accordé quelques minutes d'entretien. Il nous a dit qu'il fait de moins en moins de doublages. Il est vrai que Robert de Niro (il garde un bon souvenir du doublage de Midnight Run) et surtout Mel Gibson se font de plus en plus rares au cinéma. Récemment, il a tout de même prêté sa voix à Ron Perlman dans Hellboy 2 sous la direction de Michel Derain.

Il nous a aussi confié quelque chose qu'il a sur le coeur et nous a demandé d'en informer ses admirateurs : le Théâtre de Paris monte une pièce pour début 2009 et Frantz a été envisagé pour un premier rôle mais le metteur en scène Stéphane Hillel aurait déclaré qu'il ne souhaitait pas engager Jacques Frantz car c'est "un acteur de doublage" ! (avec tout ce qu'il y a de péjoratif dans ce terme).
Nous avons été quelque peu choqué par cette affirmation car nous ne pensions pas que cette mentalité pouvait encore exister. Et Jacques Frantz nous l'a confirmé... Lorsque l'on regarde la carrière riche de notre ami comédien, on ne peut comprendre ce genre de propos. Dans tous les cas, il n'y a aucun déshonneur à faire du doublage et les comédiens qui en font exercent souvent d'autres disciplines.
Peut-être que M. Hillel est aigri car lui-même, en tant que comédien, s'est peut-être essayé au doublage sans succès, ou bien qu'il n'a jamais mis les pieds sur un plateau pour voir la rigueur qu'impose cette discipline ?
Espèrons, en tout cas, que ce malheureux phénomène ne se reproduira pas, ou le moins possible.

(Remerciements à Olivier Boisson)