dimanche 26 juillet 2009

Une voix en or

Un article sur un sujet cinématographique nécessite souvent quelques investigations. Et si en plus, le journaliste aborde la question du doublage, il faut, soit qu'il en ait des connaissances précises, soit qu'il ait vérifié ses propos en consultant des spécialistes du domaine.

Visiblement, l'article de Muriel Frat sur la dernière diffusion télévisée du film Goldfinger paru sur le site internet du Figaro le 16 juillet dernier ne remplit que partiellement ces conditions. (lire l'article en ligne : http://www.lefigaro.fr/programmes-tele/2009/07/16/03012-20090716ARTFIG00331-un-james-bond-en-or-.php)

Effet, celle-ci nous rappelle : "Aux côtés de Sean Connery, l'acteur allemand Gert Fröbe dont Guy Hamilton réalisa, au début du tournage, qu'il ne parlait pas un traitre mot d'anglais. Il dut être doublé par l'acteur anglais Michael Collins", ce qui est, en effet, tout à fait exact. En revanche, lorsqu'elle ajoute : "Fröbe possédait tellement bien la langue de Molière qu'il se doubla lui-même dans la version française." elle se trompe. En effet, ce n'est pas la voix de Fröbe (1913-1988) que l'on entend dans le version française réalisée par la Société parisienne de sonorisation mais celle d'un acteur américain vivant en France, Duncan Elliott (il a quitté les Etats-Unis au temps du maccarthysme), bien connu dans le milieu du doublage des années soixantes.

Pour mémoire, Elliott double aussi Herbert Lom dans Quand l'inspecteur s'emmêle (1964), Laurence Olivier dans Khartoum (1966) et Trevor Howard dans La bataille d'Angleterre (1969).

En conclusion, et à la décharge de la journaliste du Figaro (mais cela n'excuse pas son erreur), il est vrai que le doublage de Duncan Elliott dans Goldfinger est tellement parfait que l'on peut croire que c'est Gerte Fröbe qui s'exprime vraiment en français. Ne répétons-nous pas souvent qu'un doublage réussi ne doit pas se remarquer ?

vendredi 24 juillet 2009

André Falcon (1924-2009)

Grand sociétaire et doyen de la Comédie-Française, André Falcon vient de nous quitter à l'âge de 84 ans des suites d'une longue maladie.

Ce lyonnais a fait le Conservatoire et en est sorti en 1946 avec un premier prix de comédie classique. Aussitôt engagé au Français, il a joué les plus grandes pièces du Répertoire, celles de Racine et Corneille notamment.

On l'a vu aussi dans plus d'un centaine de rôles au grand ou petit écran : du Vicomte de Bragelonne (1954) à un rôle dans un épisode de la série Chez Maupassant (2008) en passant par Baisers volés (1968) ou 3 hommes à abattre (1980). Il a tourné sous la direction des plus célèbres metteurs en scène : François Truffaut, Jacques Deray...

Evidemment, même si son visage était assez familier de certains cinéphiles, sa voix, par contre, l'était moins. Il a pourtant commencé le doublage au début des années 50 comme son camarade Jean-Claude Michel avec lequel il a partagé Richard Burton et Rock Hudson à la synchro. Il a donc doublé l'acteur gallois dans Ma cousine Rachel (1952), La Tunique (1953), Becket (1964) et L'espion qui venait du froid (1965) et l'acteur américain dans Ne dites jamais adieu (1956), Confidences sur l'oreiller (1959), Le rendez-vous de septembre (1961) et Ne m'envoyez pas de fleurs (1964). Mais il a aussi prêté sa voix à d'autres acteurs : Marlon Brando dans Jules César (1953) et dans Désirée (1954), Edmund Purdom dans L'Egyptien (1954) et Le Fils prodigue (1955), Leslie Nielsen dans Planète interdite (1956) et plus récemment Anthony Hopkins dans Nixon (1995). De cette branche du métier de comédien, André Falcon en avait bien saisi l'essentiel : "Il y a dans le doublage un intérêt très technique pour le comédien. Il apprend à se servir de lui avec beaucoup d'exactitude, beaucoup de précision, puisqu'il est obligé de calquer ses reflexes sur ceux du personnage à l'écran."

En ces moments douloureux, nous présentons nos sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

(c) La Gazette du doublage - 2009

dimanche 19 juillet 2009

Entretien avec Gilberte Aubry

La comédienne Gilberte Aubry est une des voix françaises les plus charmantes des années 40 et 50.

C’est grâce à Jean Davy qu’elle a l’idée de faire du doublage. C’est en novembre 1946, pour la Paramount, et elle a tout juste 20 ans. C’est deux ans plus tard que la branche française de la RKO lui confie la star Shirley Temple qu’elle va adorer doubler.

Dans les années 50, elle suit à la synchro plusieurs actrices connues dont Wanda Hendrix et surtout la pétillante Piper Laurie. Mais c’est sa rencontre vocale avec Romy Schneider, notamment pour les Sissi, qui va marquer les mémoires puisque ces films sont diffusés régulièrement à la télévision.

La suite de l'entretien est à lire sur La Gazette du doublage :
http://www.objectif-cinema.com/spip.php?article5207

vendredi 17 juillet 2009

Changements de voix pour Harry Potter 6

La sortie d'un nouvel Harry Potter, que ce soit au cinéma ou en vidéo, est toujours un évènement, autant pour les fans que pour la Warner. Ce sixième volet du jeune sorcier intitulé Le Prince de sang-mêlé apporte son lot de rebondissements - même si on finit par s'y perdre à force - et on retiendra surtout de cet épisode de la célèbre saga une révélation et... une disparition.

Un nouveau personnage de première importance apparaît à Poudlard, le professeur Slughorn doublé par l'infatigable Roger Carel. Force est de constater qu'il maîtrise toujours son art avec une aisance assez incroyable.

A part notre ami Roger, nous retrouvons d'autres amis comédiens que nous avons déjà eu l'occasion de rencontrer et d'interviewer : Kelyan Blanc, Manon Azem, Olivier Martret, Marc Cassot et Claude Giraud.

Ce que nous retiendrons également de ce film et de son doublage, ce sont deux changements de voix qui ne sont pas anodins. En effet, le sympathique Patrick Messe, qui avait aimablement participé à notre débat parisien sur le doublage des Harry Potter, ne prête plus ici sa voix à Hagrid. Il pourrait s'agir, d'après plusieurs de nos sources, d'un désaccord entre le comédien et le distributeur français du film concernant son cachet. Il a donc été remplacé par un autre comédien, Achille Orsoni.

Autre changement d'importance, le professeur McGonagall (célèbre Maggie Smith) n'est plus doublé par la talentueuse Claude Chantal, qu'on ne se lasse jamais d'entendre, mais par une autre bonne comédienne, Mireille Delcroix. Alors, pourquoi ce changement vocal ? La Warner s'en explique et rend un hommage à Claude Chantal sur le carton de doublage du film : "Nous souhaitons un bon rétablissement à Mlle Claudie Chantal, et nous la remercions d'avoir prêté sa voix au personnage du professeur McGonagall, durant les cinq premiers films de la saga Harry Potter."
Nous aussi, nous en profitons pour souhaiter une bonne santé à Claude Chantal et souhaitons l'entendre à nouveau dans le prochain film.

En attendant, nous vous proposons le fameux carton de doublage de ce "HP6" :

HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG-MELE (2009) :
Version française réalisée par Cinéphase
Direction artistique : Jenny Gérard
Adaptation française : Juliette Vigouroux et Alain Cassard
Enregistrement et mixage : Richard Badey
Avec les voix de :
Harry Potter : Kelyan Blanc
Ron Weasley : Olivier Martret
Hermione Granger : Manon Azem
Professeur Dumbledore : Marc Cassot
Professeur Rogue : Claude Giraud
Professeur Slughorn : Roger Carel
Drago Malefoy : Dov Milzstajn
Tom Jedusor, enfant : Max Renaudin
Tom Jedusor, adolescent : Théo Gebel
Ginny Weasley : Margaux Laplace
Professeur McGonagall : Mireille Delcroix
Hagrid : Achille Orsoni
Fred et George Weasley : Guillaume Légier
Arthur Weasley : Philippe Bellay
Molly Weasley : Catherine Lafond
Bellatrix Lestrange : Marie Zidi
Remus Lupin : Guillaume Lebon

(Remerciements à la direction technique cinéma de Warner France, seule société habilitée à diffuser ce carton aux médias. Interdiction de reproduction sans autorisation.)

(A ce carton "officiel", La Gazette du doublage peut ajouter, à titre personnel, la présence de Charlotte Carel, Thomas Sagols et Richard Badey (un serveur) sur des personnages secondaires.)

(c) La Gazette du doublage - 2009