Grand sociétaire et doyen de la Comédie-Française, André Falcon vient de nous quitter à l'âge de 84 ans des suites d'une longue maladie.

Ce lyonnais a fait le Conservatoire et en est sorti en 1946 avec un premier prix de comédie classique. Aussitôt engagé au Français, il a joué les plus grandes pièces du Répertoire, celles de Racine et Corneille notamment.

On l'a vu aussi dans plus d'un centaine de rôles au grand ou petit écran : du Vicomte de Bragelonne (1954) à un rôle dans un épisode de la série Chez Maupassant (2008) en passant par Baisers volés (1968) ou 3 hommes à abattre (1980). Il a tourné sous la direction des plus célèbres metteurs en scène : François Truffaut, Jacques Deray...

Evidemment, même si son visage était assez familier de certains cinéphiles, sa voix, par contre, l'était moins. Il a pourtant commencé le doublage au début des années 50 comme son camarade Jean-Claude Michel avec lequel il a partagé Richard Burton et Rock Hudson à la synchro. Il a donc doublé l'acteur gallois dans Ma cousine Rachel (1952), La Tunique (1953), Becket (1964) et L'espion qui venait du froid (1965) et l'acteur américain dans Ne dites jamais adieu (1956), Confidences sur l'oreiller (1959), Le rendez-vous de septembre (1961) et Ne m'envoyez pas de fleurs (1964). Mais il a aussi prêté sa voix à d'autres acteurs : Marlon Brando dans Jules César (1953) et dans Désirée (1954), Edmund Purdom dans L'Egyptien (1954) et Le Fils prodigue (1955), Leslie Nielsen dans Planète interdite (1956) et plus récemment Anthony Hopkins dans Nixon (1995). De cette branche du métier de comédien, André Falcon en avait bien saisi l'essentiel : "Il y a dans le doublage un intérêt très technique pour le comédien. Il apprend à se servir de lui avec beaucoup d'exactitude, beaucoup de précision, puisqu'il est obligé de calquer ses reflexes sur ceux du personnage à l'écran."

En ces moments douloureux, nous présentons nos sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

(c) La Gazette du doublage - 2009