Le 5 août 2009, s’est éteint le comédien Albert Médina, à l’âge fort respectable de 89 ans. Au cinéma, on avait pu le voir, entre autres, dans le film d’Alain Resnais, Mon Oncle d’Amérique (1980), dans le rôle du malchanceux Bozon-Vandrieux, concepteur d’une émission radiophonique supprimée par le directeur de programme, Jean Le Gall (Roger Pierre). Pour le petit écran, il avait incarné dans la série La Cloche tibétaine (1975), l’aventurier Patropoulos, à la recherche du trésor de guerre des rois mongols.

Dès les années 50, Albert Médina avait consacré une partie de son temps au doublage de films. Il était ainsi reconnaissable dans les westerns L’Or du Hollandais (1958) et Le Salaire de la violence (1958). Il lui arrivait souvent de doubler des personnages avec accent, comme Miguel (John A. Alonzo), péon peu doué pour les armes à feu dans Les Sept mercenaires (1960), ou Ghulam (Albert Moses), conducteur indien dans L’Homme qui voulut être roi (1975).

Albert Médina prêtait parfois sa voix à des acteurs étrangers connus, comme Martin Balsam dans Confession d’un commissaire de police au procureur de la République (1971) et Les Hommes du Président (1976), John Rhys Davies dans Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), Joe Pesci dans Eureka (1983), ou encore Charles Durning dans Coup double (1986).

Très doué pour le registre de la truculence, il apportait beaucoup de présence au Lieutenant écossais Denys Cavendish (Nigel Stock), prisonnier parmi tant d’autres dans La Grande évasion (1963). Il doublait avec la même inspiration Aurelio Biondi (Armando Brancia), brave mais colérique père de famille italien confronté au fascisme en pleine ascension, dans Amarcord (1973).

C’est aussi lui qui faisait parler avec bonhomie le Sergent Stan Jablonski (Robert Prosky), à qui revenait la tâche de donner des consignes aux policiers partant en patrouille, à chaque début d’épisode de la série Hill Street Blues (1981-1987). Un personnage haut en couleur qui remplaçait au pied levé le Sergent Phil Esterhaus, disparu précipitamment de la série du fait de la mort de son interprète, Michael Conrad (qui, pour l’anecdote, était magnifiquement doublé par Marcel Bozzuffi). On pouvait aussi l’entendre sur l’intransigeant Lars Hanson (Karl Swenson), notable de Wallnut Grove, dans la série La petite maison dans la prairie (1974-1983).

Mais surtout, s’il ne fallait mentionner qu’une seule référence mémorable de doublage, concluons en disant qu’Albert Médina avait donné le meilleur de lui-même en doublant de façon remarquable le docteur Watson (Colin Blakely) dans La Vie privée de Sherlock Holmes (1970), en sachant habilement doser fantaisie et sérieux. Nous adressons une pensée amicale à la famille de ce comédien talentueux.

(c) La Gazette du doublage - 2009