dimanche 29 novembre 2009

Raoul Delfosse (1924-2009)

Nous venons d'apprendre avec une certaine tristesse le décès, il y a quelques jours, de Raoul Delfosse (85 ans). Cet artiste jovial, né dans le nord de la France, a fait une belle carrière de second rôle au cinéma, à la télévision, au théâtre et bien sûr au doublage.
On l'a vu dans une multitude de films très populaires : La Tour, prend garde ! (1958), Le grand restaurant (1966), Le Cerveau (1969), Le clan des Siciliens (1969), Les Pétroleuses (1971), French Connection II (1975), Twist again à Moscou (1986)...
Bilingue, il a également joué dans plusieurs films américains tournés en France : Amère victoire (1957), Un cri dans l'ombre (1968), La Coccinelle à Monte Carlo (1977)... et dans de nombreux téléfilms et séries comme Chapeau melon et bottes de cuir (épisode de 1977 tourné à Paris : Le Lion et la Licorne).

Au doublage, il a prêté sa voix à des acteurs "de poids" : George Kennedy dans Luke la main froide (1967) et dans la série Dallas, Bud Spencer dans Cinq gachettes d'or (1968) et Salut l'ami, adieu le trésor (1981), Orson Welles dans L'Etoile du sud (1969), Peter Ustinov... Plus récemment, on se rappelera vocalement de lui pour les séries Urgences (John Aylward), New York District (Steven Hill) et aussi pour Farscape dans laquelle il doublait Rygel, une amusante créature extra-terrestre. Il a aussi prêté sa voix à une multitude de dessins animés (Dragon Ball, La Bataille des Planètes...)
Pour l'anecdote, nous remarquerons que dans le film Commencez la révolution sans nous (1970), Raoul Delfosse joue dans le film et double l'acteur Hugh Griffith ! Plus curieux encore, dans le film de Woody Allen Guerre et amour (1975) il double en français Yves Barsacq qui joue à l'écran !
On peut ajouter aussi qu'il doublait avec beaucoup d'humanité le personnage principal de la série La légende d'Adams et de l'ours Benjamin (1977); peut-être un de ses meilleurs doublages.

Finissons cet hommage à Raoul Delfosse en se souvenant de son humour. A propos de la synchro, il disait : "Quand on me téléphone pour me dire : "Raoul, tu me feras 100 lignes", je ne pleure plus comme lorsque j'étais petit et que l'institutrice me punissait, j'exulte !"

Voxographie cinéma :
Les Turbans rouges (1967) : Patrick Newell
Cinq gachettes d'or (1968) : Bud Spencer
La Vallée de Gwangi (1969) : Laurence Naismith
Commencez la révolution sans nous (1970) : Hugh Griffith et lui-même
Le Sherif est en prison (1974) : Slim Pickens
Guerre et amour (1975) : Yves Barsacq
Josey Wales hors la loi (1976) : John Vernon
Bande de flics (1977) : Charles Durning
L’Epreuve de force (1977) : Pat Hingle
Salut l'ami adieu le trésor (1981) : Bud Spencer
La chair et le sang (1985) : Jack Thompson

Voxographie séries TV :
La Petite maison dans la prairie (1974-1981) : Merlin Olden
La légende d'Adams et de l'ours Benjamin (1977-1978) : Dan Haggerty
Urgences (1994-2008) : John Aylward (1ère voix)

(Remerciements à David Gential et Pascal Laffitte)

(c) La Gazette du doublage - 2009

vendredi 27 novembre 2009

Les voix françaises de La Princesse et la Grenouille

(Extrait du dossier de presse :) Sur les bords du Mississippi, dans les années 20, La Nouvelle-Orléans vibre au son du jazz et de la romance. Pourtant, la belle Tiana n’a pas une minute à perdre en rêvant à l’amour. Passionnée par la cuisine, elle se consacre entièrement à son plus cher désir : devenir une restauratrice à succès et accomplir ainsi le rêve de son père. Mais malgré ses efforts, les obstacles se multiplient.

Un séduisant jeune prince, Naveen, vient d’arriver en ville, attiré par sa passion du jazz. Gâté, irresponsable et paresseux, le jeune homme a, jusqu’ici, compté uniquement sur son charme pour réussir dans la vie. Sa richesse et son rang attirent le malfaisant Docteur Facilier, un sorcier qui pratique la magie noire. Ne parvenant pas à profiter de la fortune du prince, Facilier se venge, et le transforme en grenouille.

Naveen persuade Tiana de lui donner un baiser pour qu’il retrouve sa forme humaine. Mais le résultat n’est pas celui espéré : c’est la jeune fille qui est à son tour métamorphosée en batracien. Voilà nos deux amphibiens errant dans le bayou, traqués par des chasseurs de grenouilles. Ils espèrent trouver de l’aide auprès d’une mystérieuse sorcière âgée de 197 ans, Mama Odie.

Au fil de leur périlleux voyage, Tiana et Naveen vont rencontrer une luciole cajun perdue d’amour, et un alligator joueur de jazz. Face au danger, ces deux “grenouilles” vont apprendre à voir le meilleur l’une chez l’autre, à surmonter leurs différences et à faire face ensemble aux épreuves. Elles vont aussi découvrir que les rêves peuvent devenir réalité… mais jamais comme on s’y attend !

LA PRINCESSE ET LA GRENOUILLE (2010) :
Direction artistique dialogues : Barbara Tissier
Direction artistique chansons : Georges Costa
Adaptation Dialogues et chansons : Philippe Videcoq
Enregistrement : Emmanuel Message
Montage : Elise Lesot
Chargé de production : Aurélie Rainart
Enregistrement studio : Dubbing Brothers
Mixage Studio : Shepperton International
Superviseur créatif : Virginie Courgenay
Directeur créatif : Boualem Lamhene
Version française produite par Disney Character Voices International
Avec les voix de :
Tiana : China Moses
Le Prince Naveen : Alexis Tomassian
Docteur Facilier : Frantz Confiac
Ray : Anthony Kavanagh
Mama Odie : Liane Foly
James, le père de Tiana : Thierry Desroses
Eudora, la mère de Tiana : Annie Milon
Louis : Richard Darbois
Big Daddy : Jacques Frantz
Charlotte adulte : Dorothée Pousséo

(Remerciements à Walt Disney Studios Motion Pictures)

lundi 23 novembre 2009

Communiqué Disney : La Princesse et la Grenouille

Stars, Blues et Jazz : China Moses, Liane Foly et Anthony Kavanagh prêtent leur voix au nouveau grand film d’animation des studios Disney.

Le 27 janvier 2010, le public pourra découvrir en salles le nouveau grand dessin animé des studios Disney, La Princesse et la Grenouille. Réalisé par deux légendes, John Musker et Ron Clements, le film est une variation moderne d’un conte classique, avec une magnifique jeune fille qui s’appelle Tiana, un prince grenouille qui rêve de redevenir humain, et un baiser magique qui les entraine tous les deux dans des aventures hilarantes à travers les marais de Louisiane où ils vont faire la connaissance de personnages hauts en couleurs comme Mama Odie et la luciole Ray.

Pour leur donner vie dans la version française, il fallait trois artistes capables de chanter, de jouer, et dotés d’une sacrée personnalité !

Tiana n’est pas une princesse classique de conte de fées. Son rêve n’a jamais été de vivre dans un château et d’épouser un prince, mais de réussir sa vie et d’ouvrir un restaurant.
Elle travaille sans cesse, ne s’amuse jamais et n’a pas de temps à perdre dans une histoire d’amour - encore moins avec une grenouille…
Dans la version française, Tiana a la chance de bénéficier de la voix d’une artiste que les fans de R&B connaissent très bien. Animatrice chez MTV, chanteuse, auteur, compositrice et productrice, China Moses n’a que 18 ans lorsque son premier single, « Time », déferle sur les ondes. En 1997, elle sort son premier album, « China ». Elle enchaîne avec « On tourne en rond » puis « Good Lovin’ ». Des collaborations avec Diam’s, Camille ou Sinclair entre autres installent sa réputation dans le domaine du R&B alternatif, avant de l’étendre à la soul et au jazz. Son quatrième album, « This One’s for Dinah » est sorti en mars 2009 sous le prestigieux label Blue Note.
China Moses a aussi bâti sa réputation sur la force de ses prestations scéniques et connaît un grand succès au Japon aussi bien qu’en Angleterre, en Allemagne ou en Inde. Nombreux sont les points communs entre cette jeune femme et Tiana. Toutes deux ont le courage, l’envie et le cœur. Pour la nouvelle héroïne Disney, il fallait la voix sublime et la noblesse d’âme d’une authentique artiste. Difficile de trouver mieux que China Moses.

Mama Odie est une vieille sorcière excentrique, insolente et rusée âgée de 197 ans, qui va aider Tiana et le Prince Naveen à lever le sort que leur a jeté Facilier.
Dans la version française, c’est Liane Foly qui lui donne vie. Artiste complète, chanteuse, comédienne, imitatrice, Liane Foly a su tracer une carrière unique dont chacune des étapes a révélé peu à peu ses nombreux talents. De « Ça va, ça vient » qui la révèle au grand public en 1988, à son dernier album, « Le goût du désir », en passant par « La folle parenthèse », incroyable spectacle d’humour, de musique et d’imitation - plus de 35 voix différentes - qui triomphe toujours, Liane Foly n’en finit pas de surprendre et d’émouvoir. Il fallait toute la richesse d’une artiste aussi atypique pour créer la voix d’une fascinante sorcière excentrique âgée de 197 ans ! Pour ce projet, Liane Foly a réuni toutes ses passions : le blues et le jazz qu’elle adore depuis son plus jeune âge, le travail sur la voix, les accents, et le chant dans lequel sa voix puissante, formidable outil, offre toutes les émotions.

Ray est une luciole relax et pleine d’humour qui rayonne d’un charme très cajun. Il est éperdument amoureux d’une « luciole » nommée Evangeline...
Pour la version française, c’est Anthony Kavanagh qui met son énergie, son humour et tous ses talents au service de ce personnage mémorable. Humoriste, danseur, comédien, chanteur, showman complet, ayant réussi à dépasser les genres et la distance qui sépare le continent américain de l’Europe, Anthony Kavanagh promène sa voix, son humour ravageur et son charme d’un spectacle à l’autre en se permettant de jouer la comédie et de présenter de grands événements avec la même facilité. Bénéficiant d’une cote d’amour rare auprès du public, on l’a vu déchaîné dans son dernier spectacle, « Ouate Else », impressionnant dans son rôle de GI pour Les Amant de l’ombre ou aux côtés de Valérie Lemercier dans Agate Clery, triomphant sur scène dans « Chicago », et il est en plus un chanteur qui n’a peur d’aucun répertoire. Il le prouve avec panache et un fabuleux accent cajun dans le rôle de cette luciole aussi déjantée que lui.

(Remerciements à Julien Noble/Walt Disney Motion Pictures)

samedi 21 novembre 2009

Le doublage français dans la presse belge

Notre correspondant le journaliste belge Géry Brusselmans vient de nous signaler la parution de son article de 4 pages sur le doublage pour lequel nous lui avions donné quelques tuyaux. Son papier est paru le samedi 14 novembre dernier dans le supplément Sudmag TV des quotidiens du groupe Sud presse.

Paradoxalement, son article ne traîte que de comédiens français et pas belges. Tout d'abord, Géry a interviewé le duo Philippe Peythieu et Véronique Augereau à l'occasion du "Week end complètement Simpson" sur Club RTL qui a fêté les 20 ans du célèbre dessin animé. A cette occasion, Philippe Peythieu précise : "Nous enregistrons une saison (soit 22 épisodes environ) en dix jours, au rythme de 2 épisodes et demi par jour. Les voix de toute la famille sont d'abord enregistrées, puis sont ajoutées les voix secondaires." Il ajoute que lui et sa femme Véronique se sont rencontrés sur le plateau de la première saison.

Après cette interview d'une page, Géry a passé en revue quelques unes des voix françaises les plus connues : Dorothée Jemma, Jean-Pierre Michaël, Céline Monsarrat, Féodor Atkine, Kelyan Blanc, Claire Guyot, Greg Germain et Patrick Poivey.

Dorothée Jemma dit qu'elle double Jennifer Aniston, notamment dans Friends, ou des actrices telles que Melanie Griffith ou Patricia Arquette. Elle a appris son métier grâce à son père Jean-Louis Jemma qui était la voix française du personnage de Zorro de Walt Disney.

Jean-Pierre Michaël prête sa voix à de nombreux comédiens (Keanu Reeves, Jude Law, Ben Affleck, Ethan Hawke, Matthew Broderick) mais surtout à Brad Pitt qu'il a doublé dernièrement dans le film de Tarantino Inglorious Basterds.

Un des premiers grands rôles à la synchro pour Céline Monsarrat a été celui de Mary dans La petite maison dans la prairie. Le dessinateur Peyo l'avait choisie pour doubler la Schtroumpfette. Elle prête aussi sa voix à Courtenay Cox et bien sûr à Julia Roberts. En ce moment, on peut l'entendre sur Melina Kanakaredes dans Les Experts : Manhattan.

Féodor Atkine est la voix française du célèbre Docteur House. Il dit que les épisodes sont visionnés par des consultants médecins qui vérifient "s'il n'y a pas d'erreurs de traduction de texte dans le processus d'un soin ou d'une thérapie particulière". Il précise aussi que 3 à 4 jours sont nécessaires pour doubler 2 épisodes de la série.

Le jeune Kelyan Blanc est venu au doublage grâce à son frère. Il a été choisi pour doubler le personnage de Harry Potter par la directrice artistique (Jenny Gérard, NDLR) et l'enregistrement du rôle lui prend environ 2 semaines. En parallèle du doublage, il continue ses études supérieures.

Claire Guyot prête sa voix à Tery Hatcher, notamment dans Desperate Housewives. Elle a commencé par doubler Sarah Michelle Gellar dans la série Buffy contre les vampires, puis ponctuellement Winona Ryder, Alicia Silverstone, et dernièrement Keira Knightley dans The Duchess. Egalement chanteuse, Claire a sorti un bel album en début d'année.

Greg Germain (62 ans) double Will Smith, aussi bien dans Men in Black que dans le récent Sept vies. Il confesse : "Il y a 15 ans, je devais jouer Will Smith de manière enjouée. Aujourd'hui, l'acteur est plus posé et je peux presque prendre ma voix normale."

L'article fini par une des plus célèbres voix du doublage français, celle de Patrick Poivey (62 ans), qui est bien sûr la voix française de Bruce Willis depuis la série Clair de lune. Mais Patrick a aussi doublé Tom Cruise, Mickey Rourke, Kevin Costner, Kenneth Branagh... Concernant la façon de doubler, il précise : "Pour Bruce Willis, il faut beaucoup plus jouer dans les intonations alors que pour Tom Cruise, il faut beaucoup travailler sur l'articulation."

(Remerciements à Géry Brusselmans)