dimanche 9 mai 2010

LES ''VERSIONS FRANCAISES'' D’AU ROYAUME DES MIROIRS DEFORMANTS ET DE STALKER

Respectivement édités par Ruscico et Kino, les DVD des films russes Au Royaume des miroirs déformants (Aleksandr Rou, 1964) et Stalker (Andrei Tarkovsky, 1979) ont deux choses en commun : une image de couverture bien hideuse et l’indication très contestable de la présence d’un doublage français. Le premier est un charmant film pour enfants, dans lequel une petite fille rencontre son double dans un monde parallèle peuplé d’étranges personnages. Le second est un film inclassable, dans lequel trois hommes (un guide, un écrivain et un scientifique) pénètrent dans une zone mystérieuse réputée dangereuse à l’extrême.

La jaquette d’Au Royaume des miroirs déformants indique comme choix des langues : russe, français, arabe (voice-over). Au bas du verso est même mentionné que le doublage français date de 1964. Tout joyeux voxophile s’attend donc à pouvoir découvrir une rareté du doublage, or il n’en est rien ! La piste française, comme la piste arabe, n’est en réalité que la piste en version originale russe, sur laquelle est plaquée la voix d’une récitante traduisant laborieusement les dialogues dans l’autre langue ! Cette pratique du « voice-over », prisée notamment en Pologne, est certainement utile pour les malvoyants, mais elle fait pourtant bien regretter l’absence d’un vrai doublage. Stalker est logé à la même enseigne, le DVD indique pour les langues : version originale russe, anglais (doublé) et français (doublé). Or en guise de doublages, ce sont en fait des « voices-over » à la diction peu inspirée. C’est d’autant plus regrettable, sachant que d’autres films de Tarkovsky bénéficient de doublages français d’une grande qualité, en particulier L’Enfance d’Ivan (1962) et Le Sacrifice (1986). De l’importance d’être précis dans les informations fournies…

(c) La Gazette du doublage - 2010

mardi 4 mai 2010

CAVEMAN EN DVD

Sorti en France le 8 juillet 1981, quelques mois avant La Guerre du feu, le film de Carl Gottlieb Caveman ou L’Homme des cavernes, est une comédie préhistorique dont l’ex-Beatle Ringo Starr partage la vedette avec celle qui allait devenir son épouse, Barbara Bach. Bénéficiant d’un bestiaire animé image par image, n’ayant rien à envier aux créations de Ray Harryhausen, Caveman raconte les aventures d’Atouk (Ringo Starr) qui a la malchance de tomber amoureux de Lana (Barbara Bach), la compagne de Tonda (John Matuszak), le chef de clan aussi bête que musclé. Les dialogues de ce film ont la particularité d’être en langage des hommes des cavernes. Ainsi, « Atouk alounda Lana » signifie « Atouk aime Lana », tandis que la traduction la plus fidèle de l’expression « Zug-Zug » serait « faire crac-crac » !

Dans ces conditions, comment expliquer que les DVD disponibles (zones 1 et 2) proposent non seulement le choix entre plusieurs langues, mais aussi entre des sous-titres différents ? En ce qui concerne le choix des langues, on remarque que lorsque l’on permute de la version originale anglaise (ou plutôt en « langage des hommes des cavernes ») aux autres pistes sonores (français, espagnol), il n’y a de prime abord aucun résultat : les acteurs continuent à s’exprimer dans leur dialecte, sans être doublés. Toutefois, une seule scène, très brève, permet d’entendre un acteur se retrouvant doublé ! Lorsque Atouk fait la rencontre d’une autre tribu, Nook (Evan C. Kim), l’un des membres, plus évolué que les autres, se met à traduire en anglais les quelques mots dits par Atouk, comme « ami », « amour », etc. Il est fort probable que ce doublage ait été fait spécialement pour la sortie DVD et que par souci d’économie le même comédien fasse toutes les langues autres que l’anglais !
Le choix d’un sous-titrage différent de l’anglais est aussi pittoresque. Le sous-titrage « anglais » se contente de reproduire le langage des hommes des cavernes. Mise à part la scène avec Nook, nécessitant la traduction de quelques mots anglais, le sous-titrage « espagnol » est identique. Enfin, lorsque l’on permute sur le sous-titrage « français », c’est la même chose, à ceci près que l’expression de douleur « aiyee » devient « ouille » ! C’était bien la peine…

(c) La Gazette du doublage - 2010