dimanche 27 juin 2010

Une soirée avec Alain Dorval

En partenariat avec l'association Sérialement Vôtre qui organise notamment le "Salon des séries TV et cinéma", La Gazette du doublage propose à trois de ses fidèles lecteurs (et possesseurs de notre livre "Rencontres autour du doublage") la possibilité de faire partie des convives d'un dîner en compagnie du comédien Alain Dorval, irremplaçable voix française de Sylvester Stallone. La rencontre se fera dans un restaurant du 9ème arrondissement de Paris, le mercredi 7 juillet à 20h (prix du repas simple, sans suppléments : 20 €).

Les trois pemiers lecteurs intéressés sont priés de nous contacter à l'adresse suivante : lagazettedudoublage@gmail.com - Nous leur indiquerons les modalités de paiement et le lieu exact de cette rencontre au sommet !

La Rédaction

jeudi 24 juin 2010

L'ouragan vient de Bond Land

(A l'occasion de la rediffusion sur RTL 9 du film L'ouragan vient de Navarone)

Le metteur en scène de L'ouragan vient de Navarone, Guy Hamilton, est un familier de l'univers des James Bond puisqu'il a réalisé quatre films de la célèbre saga : Goldfinger (1964), Les diamants sont éternels (1971), Vivre et laisser mourir (1973) et L'homme au pistolet d'or (1974). Après cet ultime épisode bondien, Hamilton ne reviendra plus au service de 007 mais lui restera fidèle cependant. En effet, dans L'ouragan vient de Navarone (1978), le réalisateur anglais né à Paris a employé plusieurs acteurs ayant déjà joué dans un film de l'ami James. Tout d'abord l'excellent Robert Shaw, le sadique Red Grant de Bons baisers de Russie, puis la belle Barbara Bach, épouse de Ringo Starr et James Bond Girl de L'espion qui m'aimait et enfin Richard Kiel, célébrissime Requin de L'espion qui m'aimait (puis de Moonraker, deux ans plus tard).



Du côté du doublage, même si la société SPS s'occupe du doublage des Bond depuis 1962, le choix des voix de pour ce film de guerre n'est pas le même que pour les 007. En effet, cela tient surtout à la sensibilité et à la personnalité du directeur artistique. Pour les Bond, période Sean Connery, Gérald Castrix était aux commandes et avait choisi le comédien Roger Rudel pour doubler Robert Shaw. C'est le même Roger Rudel, en tant que chef de plateau cette fois, qui dirige les doublages de 007 avec Roger Moore. Pour Barbara Bach, il a engagé Francine Lainé pour la doubler et Georges Atlas sur Richard Kiel (dans Moonraker car dans L'espion qui m'aimait Requin ne parle pas).



Pour L'ouragan vient de Navarone, la grande Jacqueline Porel, elle-aussi "vedette du doublage" s'est chargée de la synchro du film. Pour Robert Shaw, elle a engagé le même comédien français qui l'a doublé dans Les dents de la mer (1975), autrement dit, André Valmy (il avait déjà doublé Kerim Bey dans Bons baisers de Russie et Felix Leiter dans Goldfinger). Béatrice Delfe a prêté sa voix grave et sensuelle à Barbara Bach (elle doublera plus tard le rôle d'Octopussy, le Bond cuvée 1983). Quant à Richard Kiel, Mlle Porel l'a octroyé à Alain Dorval, célèbre voix de Sylvester Stallone depuis le premier Rocky (1976).

Pour terminer, signalons que dans un des rôles principaux du film figure Edward Fox, très bien doublé par Francis Lax qui lui donne un côté comique. Le même Fox jouera en 1983 le rôle de "M" dans le Bond dissident Jamais plus jamais dans lequel il aura la voix distinguée de Jean Roche. Changement de voix presque logique, puisque ce sera un autre directeur artistique aux manettes (Michel Gast en l'occurence).

(c) La Gazette du doublage - 2010

dimanche 13 juin 2010

DÉCÈS DE MARTINE SARCEY (1928-2010)

Par l’intermédiaire du comédien Frédéric Norbert, nous venons d’apprendre que Martine Sarcey s’est éteinte le 11 juin 2010. Au théâtre, elle joua notamment plusieurs pièces de Jean Anouilh sous la direction de l’auteur et de Roland Piétri (Becket ou l’honneur de dieu en 1959, La grotte en 1961). Sa longue filmographie fut jalonnée de comédies, telles que Clérambard (1969), A nous les petites Anglaises ! (1976), Un éléphant, ça trompe énormément (1976), La vie parisienne (1977), L’hôtel de la plage (1978), P.R.O.F.S. (1985). A la télévision, elle participa à des séries populaires comme La porteuse de pain (1973), Les maîtres du pain (1993), et Dolmen (2005).

Mais c’est surtout dans l’art du doublage que la personnalité dynamique, la voix juvénile et flûtée de Martine Sarcey firent merveille sur de nombreuses actrices étrangères telles qu’Agostina Belli (Le grand escogriffe), Audrey Hepburn (Au risque de se perdre, La rumeur, My Fair Lady, La rose et la flèche, Always), Constance Towers (Les cavaliers), Deborah Kerr (Tables séparées), Elizabeth Montgomery (la série télévisée Ma sorcière bien aimée, le téléfilm Amos), Harriet Andersson (Cris et chuchotements), Jessica Tandy (Un homme Presque parfait), Joanne Woodward (Les feux de l’été, La brune brûlante), Julie Andrews (Elle), Julie Walters (L’éducation de Rita), Maggie Smith (Les belles années de Miss Brodie), Maria Schell (La ruée vers l’Ouest), Monica Vitti (La nuit), Natalie Wood (Bob et Carol et Ted et Alice), Piper Laurie (L’arnaqueur), Shirley MacLaine (Tendres passions), Sylva Koscina (Cyrano et D’Artagnan), Sylvana Mangano (La grande guerre).
Martine Sarcey était une comédienne absolument charmante ainsi qu’une très grande voix du doublage français. Nous adressons une pensée amicale à ses proches.

(c) La Gazette du doublage - 2010

LE DOUBLAGE DE LA ROSE ET LA FLECHE

Le lundi 7 juin 2010, France 3 a diffusé dans l’après-midi le film La rose et la flèche (Richard Lester, 1976), dans lequel un Robin des bois vieillissant (Sean Connery) rentre des croisades après 20 ans de batailles, pour retrouver sa Lady Marian (Audrey Hepburn) devenue nonne entre temps. Après le générique de fin, est apparu un carton de doublage succinct (et erroné). Le voici reproduit tel quel :

Adaptation française : Fred Savdié
Direction artistique : Jacqueline Porel



Avec les voix de : Jean-Claude Michel, Francis Lax, Bernard Murat, René Bériard, Martine Sarcey, Jean Berger, Daniel Savignat, Rolande Forest

Version française réalisée par S.P.S. Société Parisienne de Sonorisation

Attribuons maintenant les rôles :

-Sean Connery / Robin Hood (Robin des bois) : Jean-Claude Michel
-Nicol Williamson / Little John (Petit Jean) : Francis Lax
-Kenneth Haigh / Sir Ranulf (dit Tête d'oeuf) : Bernard Murat
-Denholm Elliott / Will Scarlet : René Bériard
-Audrey Hepburn / Lady Marian : Martine Sarcey
-Robert Shaw / Sheriff of Nottingham : Jean Berger
-Richard Harris / Richard the Lionheart (Richard Coeur de Lion) : Denis Savignat (appelé par erreur ‘Daniel’ sur le carton !)
- ? / vieille femme au marché, lors de la perception de la dîme : Rolande Forest

On remarque que Jacqueline Porel qui, en tant que comédienne, avait très souvent doublé Audrey Hepburn dans les années 50 (notamment dans Vacances romaines et Sabrina), dirige ici en qualité de directeur artistique Martine Sarcey qui prête sa voix à l’actrice américaine ! Toutefois, on entend Jacqueline Porel doubler une vieille paysanne munie d’un pilon dans une brève scène du film ! Sorte de Hitchcock du doublage, dans chaque version française qu’elle dirigeait, Jacqueline Porel se réservait en effet un petit rôle à doubler elle-même.

Autre particularité de cette version française, le choix inhabituel de Jean Berger (bien souvent entendu sur le très british Patrick Macnee, en particulier dans la série Chapeau melon et bottes de cuir) pour doubler le colosse Robert Shaw, alors que l’on s’attendait plutôt à entendre quelqu’un comme André Valmy sur l’acteur. Mais ce n’est pas la première fois que Jean Berger se retrouve à doubler un dur, puisque quelques années auparavant, on pouvait l’entendre sur Bud Spencer dans le western Pas de pitié pour les salopards (Giorgio Stegani, 1968) !

(c) La Gazette du doublage - 2010