dimanche 13 juin 2010

DÉCÈS DE MARTINE SARCEY (1928-2010)

Par l’intermédiaire du comédien Frédéric Norbert, nous venons d’apprendre que Martine Sarcey s’est éteinte le 11 juin 2010. Au théâtre, elle joua notamment plusieurs pièces de Jean Anouilh sous la direction de l’auteur et de Roland Piétri (Becket ou l’honneur de dieu en 1959, La grotte en 1961). Sa longue filmographie fut jalonnée de comédies, telles que Clérambard (1969), A nous les petites Anglaises ! (1976), Un éléphant, ça trompe énormément (1976), La vie parisienne (1977), L’hôtel de la plage (1978), P.R.O.F.S. (1985). A la télévision, elle participa à des séries populaires comme La porteuse de pain (1973), Les maîtres du pain (1993), et Dolmen (2005).

Mais c’est surtout dans l’art du doublage que la personnalité dynamique, la voix juvénile et flûtée de Martine Sarcey firent merveille sur de nombreuses actrices étrangères telles qu’Agostina Belli (Le grand escogriffe), Audrey Hepburn (Au risque de se perdre, La rumeur, My Fair Lady, La rose et la flèche, Always), Constance Towers (Les cavaliers), Deborah Kerr (Tables séparées), Elizabeth Montgomery (la série télévisée Ma sorcière bien aimée, le téléfilm Amos), Harriet Andersson (Cris et chuchotements), Jessica Tandy (Un homme Presque parfait), Joanne Woodward (Les feux de l’été, La brune brûlante), Julie Andrews (Elle), Julie Walters (L’éducation de Rita), Maggie Smith (Les belles années de Miss Brodie), Maria Schell (La ruée vers l’Ouest), Monica Vitti (La nuit), Natalie Wood (Bob et Carol et Ted et Alice), Piper Laurie (L’arnaqueur), Shirley MacLaine (Tendres passions), Sylva Koscina (Cyrano et D’Artagnan), Sylvana Mangano (La grande guerre).
Martine Sarcey était une comédienne absolument charmante ainsi qu’une très grande voix du doublage français. Nous adressons une pensée amicale à ses proches.

(c) La Gazette du doublage - 2010

LE DOUBLAGE DE LA ROSE ET LA FLECHE

Le lundi 7 juin 2010, France 3 a diffusé dans l’après-midi le film La rose et la flèche (Richard Lester, 1976), dans lequel un Robin des bois vieillissant (Sean Connery) rentre des croisades après 20 ans de batailles, pour retrouver sa Lady Marian (Audrey Hepburn) devenue nonne entre temps. Après le générique de fin, est apparu un carton de doublage succinct (et erroné). Le voici reproduit tel quel :

Adaptation française : Fred Savdié
Direction artistique : Jacqueline Porel



Avec les voix de : Jean-Claude Michel, Francis Lax, Bernard Murat, René Bériard, Martine Sarcey, Jean Berger, Daniel Savignat, Rolande Forest

Version française réalisée par S.P.S. Société Parisienne de Sonorisation

Attribuons maintenant les rôles :

-Sean Connery / Robin Hood (Robin des bois) : Jean-Claude Michel
-Nicol Williamson / Little John (Petit Jean) : Francis Lax
-Kenneth Haigh / Sir Ranulf (dit Tête d'oeuf) : Bernard Murat
-Denholm Elliott / Will Scarlet : René Bériard
-Audrey Hepburn / Lady Marian : Martine Sarcey
-Robert Shaw / Sheriff of Nottingham : Jean Berger
-Richard Harris / Richard the Lionheart (Richard Coeur de Lion) : Denis Savignat (appelé par erreur ‘Daniel’ sur le carton !)
- ? / vieille femme au marché, lors de la perception de la dîme : Rolande Forest

On remarque que Jacqueline Porel qui, en tant que comédienne, avait très souvent doublé Audrey Hepburn dans les années 50 (notamment dans Vacances romaines et Sabrina), dirige ici en qualité de directeur artistique Martine Sarcey qui prête sa voix à l’actrice américaine ! Toutefois, on entend Jacqueline Porel doubler une vieille paysanne munie d’un pilon dans une brève scène du film ! Sorte de Hitchcock du doublage, dans chaque version française qu’elle dirigeait, Jacqueline Porel se réservait en effet un petit rôle à doubler elle-même.

Autre particularité de cette version française, le choix inhabituel de Jean Berger (bien souvent entendu sur le très british Patrick Macnee, en particulier dans la série Chapeau melon et bottes de cuir) pour doubler le colosse Robert Shaw, alors que l’on s’attendait plutôt à entendre quelqu’un comme André Valmy sur l’acteur. Mais ce n’est pas la première fois que Jean Berger se retrouve à doubler un dur, puisque quelques années auparavant, on pouvait l’entendre sur Bud Spencer dans le western Pas de pitié pour les salopards (Giorgio Stegani, 1968) !

(c) La Gazette du doublage - 2010