mercredi 13 octobre 2010

PROJECTION DE NORMANDIE-NIÉMEN À LA CINÉMATHÈQUE

Le jeudi 7 octobre 2010 à 20h30, la Cinémathèque française a projeté le très beau Normandie-Niémen (Jean Dréville et Damir Vyatich-Berezhnykh, 1960). Ce film de guerre est intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord, il raconte un pan méconnu de la Seconde Guerre Mondiale : le combat sur le front est contre les Allemands de l’escadron de chasse français Normandie-Niémen, aux côtés des Russes, à partir de la fin 1942. Ensuite, il est interprété par un grand nombre de comédiens français très actifs dans le doublage français d’après-guerre : Marc Cassot (Paul Newman), Pierre Trabaud (Mickey Rooney), Jean-Claude Michel (Clint Eastwood, Sean Connery), Roland Ménard (Marcello Mastroianni, Glenn Ford), Jacques Richard (Gene Hackman, Robert Duvall), Jacques Bernard (Jackie Chan) et André Oumansky (Omar Sharif).

Voir tous ces artistes en chair et en os permet de se rappeler qu’ils n’étaient pas seulement des « voix françaises » de tel ou tel acteur étranger, mais d’excellents comédiens, charismatiques, tout à fait capables de tenir des rôles de premier plan à l’écran. La projection de Normandie Niémen était d’autant plus émouvante que, dans la salle, étaient présentes Nicole Trabaud, Paule Emanuèle et Hélène Otternaud respectivement veuves de MM. Trabaud, Michel et Richard. Etaient aussi là Philippe Mareuil et Brigitte Auber, deux partenaires de Pierre Trabaud dans Rendez-vous de juillet (Jacques Becker, 1949).
Souhaitons que ce film rare sorte un jour en DVD ou blu-ray, afin d’être redécouvert comme il le mérite largement.

(c) La Gazette du doublage - 2010

vendredi 8 octobre 2010

DÉCÈS DE TONY CURTIS (1925-2010)

Avec la disparition à 85 ans, le 29 septembe 2010, de l’acteur Tony Curtis, ex-époux de Janet Leigh et père de Jamie Lee Curtis, c’est encore un vétéran de l’âge d’or hollywoodien qui s’en va. Ayant commencé sa carrière à la toute fin des années 40, Tony Curtis était surtout connu en France pour avoir joué aux côtés de Jack Lemmon et Marilyn Monroe dans Certains l’aiment chaud (Billy Wilder, 1959), de Kirk Douglas et Laurence Olivier dans Spartacus (Stanley Kubrick, 1960) et pour avoir formé un inoubliable duo d’amis avec Roger Moore, dans la série Amicalement vôtre (1971-1972).

Avec un style plaisant, très direct, Tony Curtis avait écrit deux autobiographies dans lesquelles il s’amusait à donner des informations contradictoires sur le monde du cinéma. Dans l’une (1), il qualifiait Yul Brynner, son partenaire à l’écran dans Tarass Boulba (Jack Lee Thompson, 1962), d’homme « charmant et amusant » et dans l’autre (2) de « très prétentieux et méprisant ». De même, le premier livre faisait peu cas de Marilyn Monroe, peut-être pour la démystifier, tandis que le second indiquait que Curtis avait été son amant à leurs débuts et s’épanchait davantage sur le tournage de Certains l’aiment chaud. Récemment, conscient de l’aura mythique du film et de son actrice principale, Curtis était revenu sur le sujet en lui dédiant un livre tout entier (3).

En ce qui concerne le doublage des films avec Tony Curtis, plusieurs comédiens français contribuèrent à faire connaître l’acteur en France. Il fut suivi au long de sa carrière par trois voix principales. Hubert Noël (1924-1987) fut la voix douce du Curtis juvénile, débutant son parcours avec des productions modestes, mêlant aventure et romance, comme Le voleur de Tanger (Rudolph Maté, 1951) ou Le fils d’Ali Baba (Kurt Neumann, 1952). La voix très mâle de Jean-Claude Michel (1925-1999) convint parfaitement au Curtis prenant de la distance par rapport aux rôles de « bellâtre ». En vérité, Michel le doubla dans la plupart de ses grands films, que ce soit Le grand chantage (Alexander Mackendrick, 1957), Les Vikings (Richard Fleischer, 1957), La chaîne (Stanley Kramer, 1958), ou encore Certains l’aiment chaud.

A partir des années 60, Curtis fut de plus en plus souvent doublé par Michel Roux (1929-2007), notamment dans Deux têtes folles (Richard Quine, 1964), La grande course autour du monde (Blake Edwards, 1965), Gonflés à bloc (Ken Annakin, 1969) et surtout Amicalement vôtre. Mieux que personne, Roux sut faire passer toute la fantaisie et l’ironie du jeu de Curtis. Le doublage d’Amicalement vôtre (dans lequel Roger Moore était doublé par Claude Bertrand, sa voix française habituelle) fut souvent cité comme exemple de doublage réussi. Interviewé, Michel Roux cita d’ailleurs plus d’une fois l’anecdote selon laquelle Tony Curtis, ravi de la prestation de Roux sur la série, souhaita qu’il devienne dorénavant sa voix française officielle, par une clause qui aurait été insérée dans chacun de ses contrats. Une déclaration d’intention, sachant que dans les années 70, période de sensible déclin artistique pour Tony Curtis, il y eut maintes apparitions de l’acteur sans la voix de Michel Roux. Citons notamment Le Comte de Monte-Cristo (David Greene, 1975) et la série Vegas (1978), dans lesquels ce fut Albert Augier (1924-2007).

Souvent invité en France, Tony Curtis rencontra plusieurs fois Michel Roux sur des plateaux de télévision, pour évoquer Amicalement vôtre, preuve en est que cette voix française marqua les esprits de manière telle qu’il devint déconcertant (voire consternant) d’entendre Tony Curtis avec une autre voix que celle de Michel Roux. C’est le cas par exemple de L’étrangleur de Boston (Richard Fleischer, 1968), dans lequel la composition de Marc de Géorgi (1931-2003) sur Curtis, si intéressante soit-elle, faisait regretter que Tony Curtis n’ait jamais mis en œuvre la clause imposant Michel Roux dans les doublages de tous ses films. Personne n’est parfait… .

(1) Tony Curtis : The Autobiography (Tony Curtis & Barry Paris, Mandarin éd., 1993)
(2) Tony Curtis : American Prince, My Autobiography (Tony Curtis & Peter Golenbock, Virgin Books éd., 2008)
(3) The Making of Some Like It Hot : My Memories of Marilyn Monroe and the Classic American Movie (Tony Curtis & Marc A. Vieira, Wiley éd., 2009)

(c) La Gazette du doublage - 2010

dimanche 3 octobre 2010

Interview de Jacqueline Ferrière

Après quelques rôles au cinéma pendant l’occupation et un certain nombre de pièces de théâtre à son actif, Jacqueline Ferrière débute à la synchro au début des années 50. Sa voix et son jeu « colleront » merveilleusement à des comédiennes au fort tempérament telles qu’Ava Gardner, Jane Russell, Lana Turner, Tippi Hedren et bien d’autres.

La suite de cet entretien, réalisé en 2005, est à lire dans nos colonnes : http://www.objectif-cinema.com/spip.php?article5301