Nous venons d'apprendre le décès des grandes comédiennes : Nathalie Nerval et Jacqueline Porel. Il est regrettable de constater, à nouveau, que la "grande" presse relaie très peu la disparition de comédiens ou de comédiennes, hélas un peu oubliés, mais qui ont été en leur temps de grandes figures au théâtre ou au cinéma. Mais nous, nous ne les oublions pas.

Nathalie Nerval (1926-2012) a joué au théâtre de 1947 à 2007, dont de nombreuses années à la Comédie-Française où elle a interprété les grandes pièces du Répertoire : "Le Cid", "Andromaque", "Hamlet", "Ruy Blas"... Au cinéma, elle a tourné notamment dans Le Comte de Monte-Cristo (1954) et dans Le Serpent (1973). A la télévision, on se souvient d'elle dans l'excellent Belphégor (1965) de Claude Barma.
Nathalie Nerval a fait aussi beaucoup de doublages de films. Elle a prêté sa voix grave à Sophia Loren dans La Chute de l'empire romain (1963) et La Femme du prêtre (1970), Daniela Bianchi dans Bons baisers de Russie (1963), Honor Blackman dans Jason et les Argonautes (1963), Karin Dor dans On ne vit que deux fois (1967), Bette Davis dans L'Argent de la vieille (1972), Ingrid Bergman dans Sonate d'automne (1978), au personnage de Mama Souriskewitz dans les deux dessins animés de Fievel (1986 et 1991), Lauren Bacall dans Dogville (2003)...

Jacqueline Porel (1918-2012) a commencé sa carrière au cinéma et au théâtre dès le milieu des années 30. Au cinéma, on l'a vue dans Romance de Paris (1941), Razzia sur la chnouf (1955), Le Capitan (1960)... Au théâtre, elle a joué dans "Fric-Frac (1950), La Petite hutte (1956)...
A la synchro, de par sa voix distinguée, Jacqueline Porel s'est également illustrée en doublant de célèbres actrices : Deborah Kerr dans Les Mines du roi Salomon (1950), Eleanor Parker dans Scaramouche (1952), Audrey Hepburn dans Sabrina (1954), Lana Turner dans Diane de Poitiers (1956), Kim Novak dans Adorable voisine (1958), Elizabeth Taylor dans La Chatte sur un toit brûlant (1958), Capucine dans La Septième aube (1964), Katharine Hepburn dans Devine qui vient dîner ? (1967)...
Toujours dans le doublage, Jacqueline Porel a signé aussi de nombreuses adaptations de films et de nombreux comédiens se souviennent encore d'elle comme d'une grande directrice artistique. En 2000, nous avions interrogé cette charmante comédienne, d'une grande classe, et elle nous avait dit avoir dirigé les doublages des films suivants : La Promesse de l'aube (1971), Shampoo (1975), Le Ciel peut attendre (1978), Kramer contre Kramer (1978), Tootsie (1982), Amadeus (1984), Dune (1984), Blue Velvet (1986), Out of Africa (1986), Good Morning Vietnam (1988), Mrs Doubtfire (1993)...

(Remerciements à Pascal Laffitte et à Rémi Carémel)

(c) La Gazette du doublage - 2012