Françoise Blanchard n’est plus de ce monde. Cette jolie comédienne blonde avait tourné quelques comédies qui fleuraient bon les années 80 : N’oublie pas ton père au vestiaire (1982), Les p’tites têtes (1982), On l’appelle catastrophe (1983), L’émir préfère les blondes (1983) et Le facteur de Saint-Tropez (1985).
Elle avait joué dans plusieurs films de Jean Rollin, un réalisateur curieusement bien plus respecté à l’étranger qu’en France. Elle avait tenu pour lui le rôle principal de La morte-vivante (1982), celui d’une héritière ressuscitée qui se met à boire du sang et à se repaitre de chair humaine. Dans le livret de 12 pages accompagnant le DVD américain de ce film, l’auteur Tim Lucas nous raconte que la performance de Françoise Blanchard était si intense et extrême que Jean Rollin avait failli l’interrompre lors de la scène finale, s’inquiétant de la santé mentale de la comédienne, avant d’être finalement rasséréné.

Elle avait aussi été l’interprète de deux péplums érotiques italiens de Bruno Mattei et Antonio Passalia, dans lesquels elle s’était doublée elle-même en français. En Agrippine dans Caligula et Messaline (1982), elle donnait la réplique à Dominique Paturel (doublant Vladimir Brajovic en Caligula), tandis qu’en Poppée dans Les aventures sexuelles de Néron et Poppée, elle doublait aux côtés de la fine équipe de l’auditorium Garcia-Ktorza.
A ce sujet, Françoise Blanchard avait fait de plus en plus de synchro dans les années 90, doublant notamment* :
-Tracey Ellis dans L’histoire sans fin 3 (1994)
-Madeleine Stowe dans Lune rouge (1994)
-Sarah Jessica Parker dans Allô la police ? (1999)

En qualité de directrice artistique, elle avait participé au doublage de nombreux dessins animés dans lesquels on pouvait aussi l’entendre :
-Cybersix (1999)
-Fantômette (1999)
-Totally Spies (2001-2007)
-Moi Willy, fils de Rockstar (2003)
-Martin Mystère (2003-2004)

Une comédienne ravissante et sympathique disparait soudain. In memoriam, Françoise Blanchard.

(*Remerciements à David Gential pour ses références voxographiques)

(c) La Gazette du doublage - 2013