Le 6 janvier 2015, Sidonis Calysta a sorti en DVD une collection Classique perles noires composée pour l’instant de 3 titres : The Other Love / L’orchidée blanche (André De Toth, 1947), Ruthless / L’impitoyable (Edgar G. Ulmer, 1948) et The Crooked Way / Le passé se venge (Robert Florey, 1949). Mais contrairement à ce qu’indique le site de l’éditeur, les DVD ne contiennent pas de version française, juste la V.O. sous-titrée.

En revanche, The Passage / Passeur d’hommes (Jack Lee Thompson, 1979), sorti dans sa collection Classique de guerre, contient bien le doublage français, en plus de la version originale anglaise sous-titrée. Ce film, dans lequel un berger basque irascible (Anthony Quinn) accepte pendant la Seconde Guerre Mondiale de faire passer la frontière espagnole à une famille juive poursuivie par un officier nazi psychopathe (Malcolm McDowell), est une vraie curiosité. En effet, Malcolm McDowell joue volontairement son rôle de façon caricaturale et parodique, totalement en porte-à-faux par rapport au reste des acteurs (Christopher Lee, Kay Lenz, James Mason, Patricia Neal, Anthony Quinn) qui, quant à eux, interprètent tous leurs rôles au premier degré. A chacune des appartions du nazi d’opérette, la tension dramatique d’un sujet aussi grave que la guerre est régulièrement sabordée, pour faire place à une espèce de comédie bouffonne. Il faut voir pour le croire McDowell, en tenue de cuisinier, jubiler en torturant un infortuné résistant (Michael Lonsdale) tombé entre ses mains, ou encore se réjouir, avant de violer Kay Lenz, en se déshabillant pour arborer pour tout sous-vêtement qu’un suspensoir sur lequel est dessinée une croix gammée !

Le doublage français rend tout à fait justice au film, fort heureusement, Anthony Quinn est doublé par Henri Djanik, sa voix française habituelle, tandis que Marcel Bozzuffi se double lui-même en français alors que ce n’est pas sa voix dans la version originale anglaise. Mention spéciale à Philippe Ogouz qui double Malcolm McDowell avec toute la démence débridée que demande le rôle. On regrettera à ce titre qu’Ogouz n’ait pas davantage suivi vocalement McDowell, tant cette association était satisfaisante. Le DVD contient également une courte présentation du film par Patrick Brion, guère enthousiaste concernant un film pourtant illuminé par la présence joyeusement grotesque de McDowell !

(c) La Gazette du doublage - 2015