samedi 16 mai 2015

Deux voix françaises pour Orson Welles sur Arte



A l'occasion du centième anniversaire de la naissance du comédien et cinéaste Orson Welles, la chaîne Arte vient de diffuser deux films réalisés par le Maître : La Dame de Shanghaï (1947) et La Soif du mal (1958).

Dans le premier, il s'agit du doublage d'époque dans lequel Welles est doublé par Claude Bertrand qui doublera plus tard Roger Moore à partir de la série tv Le Saint - et Rita Hayworth à la voix grave de Raymonde Devarennes, comme dans Gilda.

Notons que dans ses autres films, Welles a souvent été doublé par notre ami le talentueux Georges Aminel qui a aussi prêté sa voix notamment à Yul Brynner et à Gregory Peck ainsi qu'aux personnages de Dark Vador et de Sylvestre alias Grosminet.

Quant à La Soif du mal, bien qu'un doublage d'époque existe avec Paul Bonifas sur Orson Welles, Jean-Claude Michel sur Charlton Heston (comme dans Ben-Hur) et Jacqueline Carrel sur Janet Leigh, Arte a choisi de diffuser le second doublage réalisé pour le nouveau montage du film et sa restauration vers 1999 (avec près de 10 mn en plus). On peut déplorer que le doublage de la version cinéma ne soit plus diffusé depuis l'apparition de ce redoublage qui devient maintenant la seule VF en circulation.

C'est Michel Tureau qui s'est chargé de la distribution française et la direction artistique de ce redoublage. Il a choisi le comédien Mike Marshall (1944-2005) (photo à gauche) que l'on a vu notamment dans La Grande vadrouille (1966), Moonraker (1979) et Le Coup du parapluie (1980) pour doubler Orson Welles. Il faut avouer que le résultat est très bon et Marshall nous gratifie d'une brillante composition. Tureau nous précise que "Mike Marshall a joué avec un doigt sur la joue" pour se rapprocher de la voix en VO. Marie-Christine (Maïk) Darah est également un bon choix sur Marlene Dietrich et Mercedes McCambridge. Magalie Barney s'en sort aussi plutôt bien sur Janet Leigh. Nous sommes plus réservés sur le choix de Christian Visine qui selon nous ne remplit pas le personnage interprété par Charlton Heston; sa voix est trop légère. Nous sommes sans doute trop habitués à entendre parler Heston en français avec la voix virile du magistral Jean-Claude Michel.

Tureau nous précise qu'il fait son casting par rapport à la VO. Si la VF d'époque existe, il ne souhaite pas l'écouter pour ne pas être influencé. Pour l'anecdote Tureau a aussi dirigé Mike Marshall dans le redoublage de Pour qui sonne le glas dans lequel le fils de Michèle Morgan prête sa voix à Gary Cooper, rien que ça !

Pour conclure, signalons que Michel Tureau a dirigé les redoublages d'un certain nombre de films anciens parmi lesquels ceux avec les Marx Brothers : L'Explorateur en folie (1930), Plume de cheval (1932) et La Soupe au canard (1933) dont nous parlerons sans doute lors d'un prochain article.

Remerciements à Michel Tureau, interviewé vers 2005

(c) La Gazette du doublage - 2015

vendredi 15 mai 2015

DÉCÈS D’ARLETTE THOMAS (1927-2015)

Arlette Thomas, grande voix du doublage vient de mourir le 13 mai 2015 à 87 ans. Cette comédienne s’est illustrée dans la synchro dès les années 50 et sa carrière dans cette discipline s’est étendue sur plus de cinq décennies.
S'agissant de dessins animés, elle était la voix française du poussin malchanceux Caliméro et surtout du celle du canari Titi, némésis de Sylvestre le chat, dans les doublages d’origine des dessins animés Warner Bros, doublages par ailleurs jamais égalés par les redoublages qui les ont malheureusement remplacés.
A son palmarès pour le cinéma, Arlette Thomas a souvent prêté sa voix à Carroll Baker, Jill Clayburgh, Shirley MacLaine, Kim Hunter, Liza Minnelli, Lee Remick et Jean Simmons.
En qualité de directrice artistique, elle avait notamment dirigé chez Dubbing Brothers les doublages tardifs ou redoublages de films anciens tels que La ruée (Frank Capra, 1932), La grande muraille (Frank Capra, 1933), L’amour vient en dansant (Sidney Lanfield, 1941).
Elle était la mère des comédiens Pierre et Marc Jolivet, avec qui elle avait doublé le premier doublage d’Happy Days (1974-1984) et de Françoise Dasque, avec qui elle avait doublé le second doublage de cette série.
En hommage à son travail, voici quelques références voxographiques émanant des archives personnelles de La Gazette du doublage.

Années 50
-L’appat (1953) : Janet Leigh (rôle : Lina Patch)
-Les chevaliers de la table ronde (1953) : Maureen Swanson (rôle : Elaine)
-La reine vierge (1953) : Jean Simmons (rôle : Bess)
-Prince Vaillant (1954) : Debra Paget (rôle : Ilene)
-Sur les quais (1954) : Eva Marie Saint (rôle : Edie Doyle)
-Blanches colombes et vilains messieurs (1955) : Jean Simmons (rôle : Sergent Sarah Brown)
-La vie passionnée de Vincent van Gogh (1956) : Jill Bennett (rôle : Willemien)
-Les Bravados (1958) : Kathleen Gallant (rôle : Emma Steinmetz)
-Le kid en kimono (1958) : Nobu Atsumi (rôle : Kimi Sikita)
-Le salaire de la violence (1958) : Kathryn Grant (rôle : Clee Chouard)
-South Pacific (1958) : Mitzi Gaynor (rôle : Nelly Forbush)
-Au risque de se perdre (1959) : Patricia Bosworth (rôle : Sœur Marie-Christine)
-Autopsie d’un meurtre (1959) : Kathryn Grant (rôle : Mary Pilant)
-Le génie du mal (1959) : Diane Varsi (rôle : Ruth Evans)
-Opération jupons (1959) : Joan O’Brien (rôle : Lt. Dolores Crandall)

Années 60
-Ces folles filles d’Eve (1960) : Yvette Mimieux (rôle : Melanie Tolman)
-La machine à explorer le temps (1960) : Yvette Mimieux (rôle : Weena)
-Spartacus (1960) : Jean Simmons (rôle : Varinia)
-Branle-bas au casino (1961) : Brigid Bazlen (rôle : Julie Fitch)
-El Perdido (1961) : Carol Lynley (rôle : Missy Breckenridge)
-Le roi des rois (1961) : Brigid Bazlen (rôle : Salomé)
-L’épée enchantée (1962) : Anne Helm (rôle : Princesse Hélène)
-Le fantôme de l’opéra (1962) : Heather Sears (rôle : Christine Charles)
-Jack le tueur de géants (1962) : Judi Meredith (rôle : Princesse Elaine)
-Les quatre cavaliers de l’apocalypse (1962) : Yvette Mimieux (rôle : Chi Chi Desnoyers)
-Ulysse contre Hercule (1962) : Alessandra Panaro (rôle : Elena)
-Les vacances de Mr. Hobbs (1962) : Natalie Trundy (rôle : Susan)
-Le manoir de la terreur (1963) : Ombretta Colli (rôle : Emily Blackford)
-Le spectre maudit (1964) : Heather Shears (rôle : Lady Elizabeth Fordyke)
-Police spéciale (1964) : Marie Devereux (rôle : Buff)
-Katia et le crocodile (1964) : Antonín Nedvídek (rôle : Mísa)
-Comment marier sa femme (1965) : Davey Davison (rôle : Lisa Sterling)
-Les anges sauvages (1966) : Nancy Sinatra (rôle : Mike, dite ‘Monkey’)
-Cher oncle Bill (série, 1966-1971) : Anissa Jones (rôle : Elizabeth 'Buffy' Patterson-Davis)
-La diligence vers l’ouest (1966) : Ann-Margret (rôle : Dallas)
-Peter Gunn, détective privé (1967) : Sherry Jackson (rôle : Samantha)
-Tony Rome est dangereux (1967) : Sue Lyon (rôle : Diana Pines)
-The Trip (1967) : Barboura Morris (rôle : Flo)
-Le détective (1968) : Lee Remick (rôle : Karen Wagner Leland)
-La planète des singes (1968) : Kim Hunter (rôle : Zira)
-Psych-Out (1968) : Susan Strasberg (rôle : Jenny Davis)
-Les vierges de Satan (1968) : Nik Arrighi (rôle : Tanith Carlisle)
-De Sade (1969) : Anna Massey (rôle : Renée de Montreuil)
-Les démons de la violence (1969) : Conny Van Dyke (rôle : Betsy)
-L’homme le plus dangereux du monde (1969) : Zienia Merton (rôle : Ting Ling)
-Si douces, si perverses (1969) : Carroll baker (rôle : Nicole Perrier)

Années 70
-Escapade à New York (1970) : Sandy Dennis (rôle : Gwen Kellerman)
-La fille de Ryan (1970) : Sarah Miles (rôle : Rosy Ryan)
-La vallée des plaisirs (1970) : Marcia McBroom (rôle : Petronella “Pet” Danforth)
-Le secret de la planète des singes (1970) : Kim Hunter (rôle : Zira)
-Captain Apache (1971) : Carroll Baker (rôle : Maude)
-Les évadés de la planète des singes (1971) : Kim Hunter (rôle : Zira)
-Mission suicide (1971) : Susan Oliver (rôle : Thelma Dwyer)
-Satan, mon amour (1971) : Kathleen Widdoes (rôle : Maggie West)
-Cabaret (1972) : Liza Minnelli (rôle : Sally Bowles)
-Les crapauds (1972) : Judy Pace (rôle : Bella Carrington)
-Cris et chuchotements (1972) : Kari Sylwan (rôle : Anna)
-La conquète de la planète des singes (1972) : Natalie Trundy (rôle : Lisa)
-Le boxeur manchot (1972) : Hsin Tang (rôle : Hsiao Yu)
-La bataille de la planète des singes (1973) : Natalie Trundy (rôle : Lisa)
-Le fantôme de Cat Dancing (1973) : Sarah Miles (rôle : Catherine Crocker)
-La maison des damnés (1973) : Pamela Frankli (rôle : Florence Tanner)
-Rue de la violence (1973) : Martine brochard (rôle : Maria)
-A cause d’un assassinat (1974) : Paula Prentiss (rôle : Lee Carter)
-Happy Days (série, 1974-1984) : Marion Ross (rôle : Marion Cunningham)
-La planète des singes (série, 1974) : Jane Actman (rôle : Fauna)
-Les aventuriers du Lucky Lady (1975) : Liza Minnelli (rôle : Claire)
-Madam’ (1975) : Lynn Redgrave (rôle : Xaviera Hollander)
-L’homme qui venait d’ailleurs (1976) : Candy Clarke (rôle : Mary-Lou)
-La malédiction (1976) : Lee Remick + Harvey Stephens (rôles : Katherine et Damien Thorn)
-Un vendredi dingue, dingue, dingue (1976) : Barbara Harris (rôle : Mrs. Ellen Andrews)
-New York, New York (1977) : Liza Minnelli (rôle : Francine Evans)
-La femme libre (1978) : Jill Clayburgh (rôle : Erica Benron)
-Mort sur le Nil (1978) : Mia Farrow (rôle : Jacqueline de Bellefort)
-Chroniques martiennes (1979) : Joyce Van Patten (rôle : Elma Parkhill)
-Les guerriers de la nuit (1979) : Deborah Van Valkenburgh (rôle : Mercy)
-La luna (1979) : Jill Clayburgh (rôle : Caterina Silveri)
-Merci d’avoir été ma femme (1979) : Jill Clayburgh (rôle : Marilyn Holmberg)
-Meurtre par décret (1979) : Susan Clark (rôle : Mary Kelly)

Années 80
-Changement de saisons (1980) : Shirley MacLaine (rôle : Karyn Evans)
-Georgia (1981) : Lois Smith (rôle : Mrs. Carnahan)
-Meurtres à la Saint Valentin (1981) : Marguerite McNeil (rôle : Mrs. Raleigh)
-Réincarnations (1981) : Estelle Omens (rôle : Betty)
-Avec les compliments de l’auteur (1982) : Tuesday Weld (rôle : Gloria Travalain)
-Terreur à l’hôpital central (1982) : Lee Grant (rôle : Deborah Ballin)
-La nuit des juges (1983) : Diana Douglas (rôle : Adrian Caulfield)
-Les Muppets à Manhattan (1984) : Liza Minnelli (rôle : elle-même)
-La couleur pourpre (1985) : Whoopi Goldberg (rôle : Celie Johnson)
-Rien en commun (1986) : Eva Marie Saint (rôle : Lorraine Basner)
-Princess Bride (1987) : Carol Kane (rôle : Valerie)
-Etat de choc (1988) : Amanda Blake (rôle : Barbara)
-Beetlejuice (1988) : Catherine O’Hara (rôle : Delia)

Années 90
-Alice (1990) : Gwen Verdon (rôle : Mère d’Alice)
-Bons baisers d’Hollywood (1990) : Shirley MacLaine (rôle : Doris Mann)
-Dick Tracy (1990) : Estelle Parsons (rôle : Mrs. Trueheart)
-L’exorciste, la suite (1990) : Zohra Lampert (rôle : Mary Kinderman)
-Miroir (1990) : Yvonne De Carlo (rôle : Emelin)
-Une nounou d’enfer (série, 1993-1999) : Renée Taylor (rôle : Sylvia Fine)
-Le silence des jambons (1994) : Shelley Winters (rôle : Mrs. Motel)
-Un éléphant sur les bras (1996) : Anita Gillette (rôle : Mom)
-A Smile Like Yours (1997) : Shirley MacLaine (rôle : Martha)

Années 2000
-Les Zintrus (2009) : Doris Roberts (rôle : Nana Rose Pearson)
-L’armée des anges (2010) : Jeanette Miller (rôle : Gladys Foster)

(c) La Gazette du doublage - 2015

jeudi 14 mai 2015

DEUX SALOPARDS EN ENFER SORT EN DVD CHEZ ARTUS FILMS

L’éditeur Artus Films sort en DVD le 2 juin 2015, sa nouvelle collection « Guerre ». Deux titres, deux films avec Klaus Kinski, deux voix françaises différentes !
Le deuxième film, Il dito nella piaga / Deux salopards en enfer (Tonino Ricci, 1969), puise, entre autres, son inspiration dans Les douze salopards (Robert Aldrich) et Les sept mercenaires (John Sturges, 1960). Il y est question de deux soldats criminels, l’un blanc (Klaus Kinski), l’un noir (Ray Saunders) qui échappent miraculeusement au peloton d’exécution à cause d’une embuscade des Allemands. Ils trouvent refuge dans un village italien avec un autre rescapé de la fusillade. Or ce n’est autre que l’officier (George Hilton) qui devait superviser leur mise à mort et a bien l’intention de les livrer aux autorités militaires. Alors que les Allemands entreprennent d’attaquer le village à grand renfort de tanks, les trois hommes vont décider de s’allier pour combattre.

Tandis que dans Cinq pour l’enfer, Kinski incarnait un officier SS, la même année, il passe dans l’autre camp en jouant un soldat américain dans Deux salopards en enfer ! Autre changement, ce n’est cette fois-ci plus Marc Cassot que l’on entend dans la version française, mais Pierre Fromont, comédien notamment entendu sur le personnage récurrent de Willi Berger (joué par Willy Schäfer) ainsi que de nombreux guests dans la série désormais blacklistée, pour cause de passé nazi de son interprète principal, Derrick (1974-1998).

Pour lire la critique du DVD et notamment avoir plus de détails sur le doublage français : Deux salopards en enfer

(c) La Gazette du doublage - 2015

mardi 12 mai 2015

CINQ POUR L’ENFER SORT EN DVD CHEZ ARTUS FILMS

L’éditeur Artus Films sort en DVD le 2 juin 2015, sa nouvelle collection « Guerre ». Deux titres, deux films avec Klaus Kinski, deux voix françaises différentes !
Le premier film, Cinque per l’inferno / Cinq en enfer (Gianfranco Parolini, 1969), suit le chemin tracé par Les douze salopards (Robert Aldrich, 1967). Mais contrairement à ce dernier, il n’est pas ici question de repris de justice envoyés en mission suicide contre les Nazis, mais d’un groupe de spécialistes, ayant chacun une aptitude particulière se révélant essentielle pour accomplir l’objectif (qui un champion du lancer de projectile, qui un expert en coffres-forts, qui un expert en explosifs, qui un colosse germanophone, qui un as du trampoline).

Klaus Kinski incarne avec une retenue déconcertante le Nazi de service, compensant une absence de démence par un côté libidineux fort prononcé, en poursuivant l’infortunée Margaret Lee de ses assiduités.
Le choix est proposé entre la version originale italienne et la version française d’époque. Le doublage est bon, avec notamment Jean Lagache, impérial sur Gianni Garko. Marc Cassot double de façon fort convaincante Klaus Kinski, à notre connaissance, c’est l’une des rares fois, sinon la seule, qu’il a doublé cet acteur. Mais cette version française déconcerte tout de même un tantinet, sachant qu’on y on entend pas moins de trois autres voix habituelles de Kinski sur d’autres personnages !

Pour lire la critique du DVD et notamment avoir plus de détails sur le doublage français : Cinq pour l’enfer

(c) La Gazette du doublage - 2015