mardi 30 juin 2015

DÉCÈS DE PATRICK MACNEE (1922-2015)

Avec le décès à 93 ans de Patrick Macnee le 25 juin 2015, c’est l’archétype du gentleman britannique qui s’en va.
L’acteur connut en effet une renommée internationale grâce à la série Chapeau melon et bottes de cuir (1961-1969 / 1976-1977), en incarnant l’agent John Steed, travaillant pour la British Intelligence en compagnie de collaboratrices plus charmantes les unes que les autres : Catherine Gale (Honor Blackman), Emma Peel (Diana Rigg), Tara King (Linda Thorson) et Purdey (Joanna Lumley).
Troquant son parapluie pour une plume, Macnee co-écrivit même plusieurs romans prolongeant les aventures de Steed.
Alternant les tournages en Angleterre et aux Etats-Unis, il joua notamment dans le génial film fantastique Hurlements (Joe Dante, 1981), le rôle du Dr. Waggner persuadé, à tort, que les loups-garous pouvaient cohabiter avec les humains. Enfin, il fut l’un des seuls à interpréter non seulement le Dr. Watson mais aussi Sherlock Holmes dans différents téléfilms.

S’agissant de voix française, Patrick Macnee fut fort bien pourvu, en étant régulièrement suivi par un grand comédien qui contribua beaucoup à sa notoriété en France, à savoir Jean Berger (1917-2014).
Ce dernier raconta en 2006 dans une interview publiée dans l’ouvrage Rencontres Autour du doublage et des séries télé (Éditions Objectif Cinéma) avoir été engagé par le directeur artistique Serge Luguen sans passer d’essai pour doubler Macnee dans Chapeau melon et bottes de cuir, tant l’osmose fut évidente. Il se mit ainsi à le doubler à partir de la quatrième saison (1965), les 3 premières restant définitivement en anglais. A l’occasion d’une sortie en VHS à la fin des années 80, il fut entrepris de doubler certains épisodes de la période Emma Peel jusqu’alors seulement disponibles en version originale. Fort heureusement, Jean Berger fut de nouveau sollicité pour prêter sa voix à Macnee. Il rencontra d’ailleurs à Paris l’interprète de Steed à plusieurs reprises, en gardant de ces rencontres un excellent souvenir.

En hommage à Patrick Macnee, voici une sélection de 8 de ses voix françaises, tirées des archives de la Gazette du doublage. Mais bien évidemment, une mention spéciale est à réserver à Jean Berger, sa voix française de référence, inégalable.

Jean Berger
-Chapeau melon et bottes de cuir (série, 1965-1969)
-Chapeau melon et bottes de cuir (série, 1976-1977)
-Le commando de sa majesté (Andrew V. McLaglen, 1980)
-Dangereusement vôtre (John Glen, 1985)
-Waxwork (Anthony Hickox, 1988)
-Le tour du monde en 80 jours (Buzz Kulik, 1989)
-L’homme homard venu de mars (Stanley Sheff, 1989)
-Sherlock Holmes et la diva (Peter Sasdy, 1991)
-Incident aux chutes Victoria (Bill Corcoran, 1992)

Marc Cassot
-Galactica, le film (Richard A. Colla, 1978) : voix-off du narrateur

Jacques Dacqmine
-Les Girls (George Cukor, 1957)

Vincent Grass
-Chapeau melon et bottes de cuir (Jeremiah S. Chechik, 1998) : voix-off d’Invisible Jones

Marcel Jemma (*)
-Sweet Sixteen (Jim Sotos, 1983)

Roland Ménard
-Sherlock Holmes à New York (Boris Sagal, 1976)

Jean-Claude Michel
-Galactica, le film (Richard A. Colla, 1978) : voix-off du chef impérial
-Hurlements (Joe Dante, 1981)

Jacques Serres (*)
-La quatrième dimension – saison 1, épisode 10 : La nuit du jugement (série, 1959) : doublage tardif des années 80

(*) : reconnaissance de David Gential, merci à lui pour sa participation

(c) La Gazette du doublage - 2015

samedi 27 juin 2015

DÉCÈS DE JEAN LESCOT (1938-2015)

Nous tenions à rendre un hommage un peu tardif au comédien Jean Lescot qui est mort le 29 avril 2015 à 76 ans.
Dès les années 60 il avait joué au cinéma pour de grands réalisateurs, comme Claude Lelouch (La femme spectacle, 1964), Costa-Gavras (L’aveu, 1970), Henri Verneuil (I… comme Icare, 1979), et Alain Resnais (Mon oncle d’Amérique, 1980).
A la télévision, il était présent dans bien des séries de qualité, comme Les cinq dernières minutes (1961-1996), Gaspard des montages (1965), Les compagnons de Jehu (1966), Papa Poule (1980) ou encore Un village français (2012).

Au théâtre, nous avions eu la chance de le voir sur scène en 1992, dans la pièce de Jean Anouilh, La valse des toréadors, mise en scène par Régis Santon au Théâtre Sylvia-Montfort. Jean Lescot y tenait le rôle du docteur qui à un moment rivalise de façon fort drôle avec le Général (incarné par le regretté Marc de Jonge), afin de savoir lequel des deux est le plus en forme pour son âge. C’est d’ailleurs à l’occasion de cette représentation que nous avions enfin pu mettre un nom sur sa voix, entendue dans de nombreuses versions françaises.

En effet, Jean Lescot était une voix très régulière de la synchro, en doublant notamment des acteurs aussi variés que Mel Brooks, Robert Duvall, Giancarlo Giannini, Dan Hedaya, Jack Lemmon, Harry Dean Stanton, Eli Wallach et même Bruce Willis. C’était aussi lui qui prêtait sa voix au Jedi Yoda dans les épisodes I, II et III de Star Wars, succédant en cela à Serge Lhorca qui doublait précédemment le sage gnome vert dans les épisodes V (L’empire contre-attaque, 1980) et VI (Le retour du Jedi, 1983).

En hommage au travail de Jean Lescot, voici donc quelques références voxographiques émanant des archives personnelles de La Gazette.

Années 70
-Revolver (1973) : acteur non identifié (rôle : compagnon de cellule de Milo)
-L’île du maître (1975) : Peter Cellier (rôle : Capitaine William Carey)
-Le souffle de la tempête (1978) : Basil Hoffman (rôle : George Bascomb)

Années 80
-Le commando de sa majesté (1980) : Mohan Agashe (rôle : employé de la maison close)
-La peau (1981) : Giovanni Crosio (rôle : le père de Maria Concetta)
-S.O.B. (1981) : Craig Stevens (rôle : Willard)
-Missing (1982) : Alan Penwrith (rôle : Samuel Cross)
-Deux flics à Miami – saison 1, épisode 7 : No Exit (série, 1984) : Bruce Willis (rôle : Tony Amato)
-Le jeu du faucon (1984) : Nicholas Pryor (rôle : Eddie)
-Top Secret (1984) : Harry Ditson (rôle : Du Quoi)
-Droit de vengeance (1985) : Sam Vlahos (rôle : Burt)
-Natty Gann (1985) : acteur non identifié (rôle : le chef de gare)
-Commando sur Téhéran (1986) : Louis Giambalvo (rôle : Paul Chiapparone)
-Et la femme créa l’homme parfait (1987) : Robert Trebor (rôle : le vendeur de smoking)
-Intervista (1987) : Maurizio Mein (rôle : lui-même)
-Yeelen (1987) : Balla Moussa Keita (rôle : Rouma Boll, le roi Peul)
-Les douze salopards : mission fatale (1988) : Anthony Valentine (rôle : Colonel Clark)
-Coupable ressemblance (1989) : Richard Fancy (rôle : l’expert en ballistique)
-Un dieu rebelle (1989) : Lev Perfilov (rôle : le faux Budach)
-Le tour du monde en 80 jours (1989) : Henry Gibson (rôle : chef de train)

Années 90
-Contre-enquête (1990) : Frederick Rolf (rôle : District Attorney)
-Dick Tracy (1990) : Seymour Cassel (rôle : Sam Catchem)
-Présumé innocent (1990) : Sab Shimono (rôle : ‘Painless’ Kumagai)
-Les folles aventures de Bill et Ted (1991) : Hal Landon Jr. (rôle : Capitaine Logan)
-Kafka (1991) : Vitezslav Bouchner (rôle : employé du château)
-Man Trouble (1992) : Harry Dean Stanton (rôle : Redmond Layls)
-Un homme presque parfait (1994) : Josef Sommer (rôle : Clive Peoples Jr.)
-Le silence des jambons (1994) : Mel Brooks (rôle : Checkout Guest)
-Clueless (1995) : Dan Hedaya (rôle : Mel Horowitz)
-Un éléphant sur les bras (1996) : Harve Presnell (rôle : Trowbridge Bowers)
-Hamlet (1996) : Jack Lemmon (rôle : Marcellus)
-Deep Impact (1998) : Robert Duvall (rôle : Spurgeon Tanner)
-Vampires (1998) : Gregory Sierra (rôle : Père Giovanni)
-Star Wars épisode I : La menace fantôme (1999) : Frank Oz (rôle : voix du Jedi Yoda)

Années 2000
-Au nom d’Anna (2000) : Eli Wallach (rôle : Rabbin Ben Lewis)
-Star Wars épisode II : L’attaque des clones (2001) : Frank Oz (rôle : voix du Jedi Yoda)
-Le vampire de Whitechapel (2002) : Tom Rack (rôle : Frère Abel)
-L’affaire des cinq lunes (2003) : Giancarlo Giannini (rôle : Branco)
-Night Watch (2004) : Valeri Zolotukhin (rôle : le père de Kostya)
-L’exorcisme d’Emily Rose (2005) : Duncan Fraser (rôle : Dr. Cartwright)
-Star Wars épisode III : La revanche des Sith (2005) : Frank Oz (rôle : voix du Jedi Yoda)
-Mémoire de nos pères (2005) : Harve Presnell (rôle : Dave Severance)

Doublages tardifs ou redoublages
-Horizons lointains (1937) : H.B. Warner (rôle : Chang)
-L’exorciste (1973) : Lee J. Cobb (rôle : Lt. William Kinderman)

(c) La Gazette du doublage - 2015

lundi 22 juin 2015

DÉCÈS DE GUY PIÉRAULD (1924-2015)

Guy Louis di Piro, dit Guy Piérauld, comédien très attachant, nous a quittés le 16 juin 2015 à l’âge de 90 ans. Il restera pour beaucoup la voix enchanteresse du lapin Bugs Bunny dans de nombreux dessins animés de la Warner Bros., mais bien sûr, ce n’est qu’une infime partie de son talent.
Issu d’un milieu modeste d’origine italienne, son goût pour la comédie lui était venu à 14 ans en participant à des spectacles scolaires à Lyon, ce qui le mènera après-guerre à passer professionnel après une formation au Centre de l’Est de Colmar.
Au théâtre, il jouera dans de nombreuses pièces classiques, tandis que malheureusement, le cinéma ne lui proposera tout au long de sa carrière que des petits rôles, parfois sous la direction d’excellents réalisateurs comme Philippe de Broca, Henri Decoin, Edouard Molinaro, François Truffaut, Alain Resnais et Yves Robert. Pour la télévision, il trouvera aussi un regain de popularité dans les années 90 dans Le miel et les abeilles (1992-1997), série produite par AB Productions, où il tenait le rôle récurrent de Monsieur Albert Granpied.
Mais c’est surtout dans le domaine de la synchro, à partir de la fin des années 50-début des années 60, qu’il se démarquera.

En effet, parler de Guy Piérauld, c’est forcément évoquer une voix très particulière, aiguë et éraillée, résultat d’une corde vocale cassée à 17 ans. Elle lui permettra notamment de doubler Bugs Bunny pour Warner à partir des années 60 jusqu’aux années 80.
Dans les programmes pour enfants, Guy Piérauld fera des merveilles en prêtant sa voix à Kiri le clown itinérant, Woody Woodpecker le pic-vert déjanté des studios Walter Lantz, mais aussi au Sergent Petit-Pois et au peureux pilote Looping dans les dessins animés Hanna-Barbera Les fous du volants et Satanas et Diabolo.
Pour le petit-écran, il doublera l’agent secret crétin et gaffeur Maxwell Smart, incarné par Don Adams dans la série Max la menace (1965-1970), il racontait à ce sujet avoir renforcé dans la version française le côté comique du personnage qu’il trouvait un peu austère dans la version originale.

Reconnaissable entre mille, cette voix évoquant davantage la comédie que le drame, sera d’une certaine manière une bénédiction et une malédiction pour le comédien. Dans une interview passée sur la 2e chaîne vers 1987, Guy Piérauld racontait à ce sujet que lorsqu’il jouait au théâtre des pièces classiques en costume, on entendait souvent des spectateurs s’exclamer dès qu’il ouvrait la bouche : « Hé mais c’est Bugs Bunny ! C’est Max la menace ! », ce qui rendait difficile la poursuite de la représentation en gardant le sérieux convenant à la pièce !

Il faut bien admettre que cette voix amusante cantonnera généralement Piérauld à doubler des personnages excentriques, la plupart du temps très secondaires. A quelques exceptions près. Tout d’abord, Guy Piérauld sera l’un des premiers à doubler Woody Allen et force est de remarquer que dans Prends l'oseille et tire-toi! (Woody Allen, 1969), l’acteur à lunettes new-yorkais est rendu encore plus désopilant avec cette voix française.
Ensuite, en suivant vocalement sur plusieurs films l’acteur américain Red Buttons, doté d’un physique de comique mais capable d’adopter un registre dramatique, Guy Piérauld aura l’occasion de montrer une facette plus étendue de ses aptitudes. Cela se remarque surtout dans Harlow, la blonde platine (Gordon Douglas, 1965), le biopic sur la star éphémère Jean Harlow dans lequel Red Buttons joue l’ami confident de l'actrice, ainsi que dans le film catastrophe L’aventure du Poséidon (Ronald Neame, 1972), dans lequel Buttons, l’un des rares rescapés du naufrage, a de jolies scènes aux côtés de Carol Lynley qu’il passe son temps à protéger et réconforter.

Penser à Guy Piérauld donne un pincement au cœur, non seulement parce qu’il n’est plus de ce monde, mais aussi parce qu’une grande partie de son formidable travail n’est plus accessible. Nous voulons bien évidement parler de la triste histoire des redoublages des dessins animés Warner Bros. qui ont été faits à partir de 1995.
Dans la version originale, Mel Blanc, avec sa voix assez criarde, faisait quasiment tous les personnages (Bugs Bunny, Daffy Duck, Porky Pig, Yosemite Sam, Speedy Gonzales, Titi, Sylvestre le chat), tandis que le premier doublage français était plus plus élaboré en ce que chaque créature de cartoon était doublée par un comédien différent, totalement investi, à la voix bien distincte (Guy Piérauld, Pierre Trabaud, Jean Droze, Claude Joseph, Serge Lhorca, Arlette Thomas, Georges Aminel), artistiquement, le résultat était particulièrement réussi.
Hélas, dans les années 90, le choix a été fait par Warner de ne plus exploiter ces doublages et de leur en substituer d’autres qui, il faut bien le constater, sont en deçà des originaux. Ce n’est pas tant le redoublage qui est blâmable mais cette espèce de révisionnisme absurde consistant à faire comme si ce premier doublage n’existait pas : les diffusions télévisées, les DVD existants ne font entendre que les secondes versions françaises (alors que s’agissant du support numérique, il serait aisé de proposer les deux versions pour contenter tout le monde).
En 1996, invité de l’émission Bas les masques, Guy Piérauld confessait à Mireille Dumas sa tristesse au sujet de cette affaire et l’animatrice lui faisait même reconnaître que la disparition de son personnage était une sorte de « petite mort ».

Cependant, ceux qui se souviennent de ces premiers doublages Warner sont encore nombreux et la liste reproduite ci-dessous témoigne du fait qu’il reste bien des preuves vivaces du travail de ce Little Big Man de la synchro, qui a apporté une joie sincère à plusieurs générations.

En hommage à Guy Piérauld, voici donc quelques références voxographiques (films et séries) émanant des archives personnelles de La Gazette.

Années 50
-Les cavaliers (1959) : Strother Martin (rôle : Virgil)

Années 60
-Hatari ! (1962) : Red Buttons (rôle : Pockets)
-Le jour le plus long (1962) : Red Buttons (rôle : Pvt. John Steele)
-Un monde fou, fou, fou, fou (1963) : Arnold Stang (rôle : Ray)
-Les monstres (1963) : acteur non identifié (rôle : le président de la cour)
-La taverne de l’Irlandais (1963) : acteur non identifié (rôle : Mr. McCuddy)
-Le grand défi (1964) : Arnaldo Fabrizio (rôle : Goliath le nain)
-La révolte des prétoriens (1964) : Salvatore Furnari (rôle : Elpidion)
-Harlow La blonde platine (1965) : Red Buttons (rôle : Arthur Landau)
-Max la menace (série, 1965-1970) : Don Adams (rôle : Maxwell Smart)
-Ces merveilleux fous volants (1965) : Davy Kaye (rôle : Jean-Pascal)
-Morituri (1965) : Wally Cox (rôle : Dr. Ambach)
-Un pistolet pour Ringo (1965) : Manuel Muñiz (rôle : Timoteo)
-Le retour de Ringo (1965) : Manuel Muñiz (rôle : Miosotis 'Morning Glory')
-La diligence vers l’Ouest (1966) : Red Buttons (rôle : Peacock)
-Dracula prince des ténèbres (1966) : Thorley Walters (rôle : Ludwig)
-Au cœur du temps – épisode 3 : End of the World (série, 1966-1967) : Bob Okazaki (rôle : Tasaka)
-Au cœur du temps – épisode 7 : Revenge of the Gods (série, 1966-1967) : Joseph Ruskin (rôle : Sardis)
-Au cœur du temps – épisode 13 : The Alamo (série, 1966-1967) : Alberto Monte (rôle : Sgt. Garcia)
-Au cœur du temps – épisode 17 : Kill Two by Two (série, 1966-1967) : Kam Tong (rôle : Sgt. Itsugi)
-Les anges sauvages (1966) : Marc Cavell (rôle : Frankenstein)
-Les Russes arrivent (1966) : Ben Blue (rôle : Grilk)
-Trois pistolets contre César (1966) : Vittorio Bonos (rôle : Stanford)
-Le défi de Robin des bois (1967) : Reg Lye (rôle : Much)
-Le grand départ vers la lune (1967) : Jimmy Clitheroe (rôle : General Tom Thumb)
-La poursuite des tuniques bleues (1967) : Kay E. Kuter (rôle : Owelson)
-Professionnels pour un massacre (1967) : acteur non identifié (rôle : le barbu dans la cantina)
-Butch Cassidy et le kid (1968) : acteur non identifié (rôle : conducteur du train)
-La femme en ciment (1968) : Pauly Dash (rôle : John McComb)
-Histoires extraordinaires (1968) : Polidor (rôle : le vieil acteur aveugle)
-Police sur la ville (1968) : acteur non identifié (rôle : Nick, le frère de Buster)
-Star ! (1968) : Jan Gernat (rôle : Ron James)
-La colline des bottes (1969) : acteur non identifié (rôle : nain de cirque)
-Les géants de l’Ouest (1969) : John Hudkins (rôle : Whit)
-La kermesse de l’Ouest (1969) : Ray Walston (rôle : Mad Jack Duncan)
-On achève bien les chevaux (1969) : Red Buttons (rôle : marin)
-Prends l’oseille et tire-toi (1969) : Woody Allen (rôle : Virgil Starkwell)
-Si douces, si perverses (1969) : Renato Pinciroli (rôle : Jacques le concierge)

Années 70
-Bloody Mama (1970) : acteur non identifié (rôle : le père de Kate)
-Catch 22 (1970) : Jack Gilford (rôle : Dr. 'Doc' Daneeka)
-Le petit bougnat (1970) : acteur non identifié (rôle : le gendarme)
-L’homme des hautes plaines (1971) : Billy Curtis (rôle : Mordecai)
-L’aventure du Poséidon (1972) : Red Buttons (rôle : James Martin)
-Le cirque des vampires (1972) : Skip Martin (rôle : Michael)
-Fellini Roma (1972) : acteur non identifié (rôle : l’imitateur hué par les spectateurs)
-Frenzy (1972) : George Tovey (rôle : Neville Salt)
-La barbe à papa (1973) : Jack Benny (rôle : voix de Jack Benny à la radio)
-Le cercle noir (1973) : Walter Burke (rôle : J.D.)
-Lucky Luciano (1973) : acteur non identifié (rôle : le guide à Naples)
-Les durs (1974) : Jacques Herllin (rôle : pilier de bistrot)
-L’homme au pistolet d’or (1974) : Hervé Villechaize (rôle : Nick Nack)
-Les pousse au crime (1974) : William Hansen (rôle : Mr. Sandy)
-Sugarland Express (1974) : acteur non identifié (rôle : Harvey)
-Capone (1975) : John Davis Chandler (rôle : Hymie Weiss)
-La chevauchée terrible (1975) : acteur non identifié (rôle : vieux mexicain)
-Car Wash (1976) : Irwin Corey (rôle : Mad Bomber)
-La duchesse et le truand (1976) : E.J. André (rôle : chercheur d’or)
-Providence (1976) : Milo Sperber (rôle : Mr. Jenner)
-Cours après mois shérif (1977) : Paul Williams (rôle : Little Enos)
-La taverne de l’enfer (1978) : Kevin Conway (rôle : Stitch Mahon)
-1941 (1979) : acteur non identifié (rôle : la voix de la poupée de ventriloque tenue par Herbie)

Années 80
-La guerre des gangs (1980) : acteur non identifié (rôle : Antonio le gardien de la soufrière)
-Hangar 18 (1980) : James Hampton (rôle : Lew Price)
-Je suis photogénique (1980) : acteur non identifié (rôle : joueur de billard)
-Nu de femme (1981) : acteur non identifié (rôle : homme déguisé en Toto)
-Et vogue le navire (1983) : acteur non identifié (rôle : machiniste avec un bonnet)
-Broadway Danny Rose (1984) : Herb Reynolds (rôle : Barney Dunn le ventriloque)
-Out of Africa (1985) : acteur non identifié (rôle : fermier)
-Taram et le chaudron magique (1985) : John Byner (rôle : Doli)
-Coup double (1986) : Billy Party (rôle : Phillpy the mouse)
-Elémentaire mon cher… Lock Holmes (1988) : John Tordoff (rôle : Mr. Andrews)
-La mémoire dans la peau (1988) : Freddie Earlle (rôle : le mendiant dans le confessionnal)

Années 90
-Hot Spot (1990) : Jack Nance (rôle : Julian Ward)
-Le vent dans les saules (1996) : Bernard Hill (rôle : mécanicien)

Années 2000
-Boston Public (série, 2000-2004) : Leslie Jordan (rôle : Dr. Benjamin Harris)
-Monk – saison 2, épisode 11 : Mr. Monk and the Three Pies (série, 2002-2009) : Leslie Jordan (rôle : l'animateur de la tombola)

Pour conclure, précisons que le 3 décembre 2005, François Justamand avait interviewé Guy Piérauld pour la Gazette du doublage. Il s’agit certainement de l’entretien le plus complet que ce dernier ait accordé sur sa carrière. Pour le lire : Interview de Guy Piérauld

(c) La Gazette du doublage - 2015

mercredi 17 juin 2015

DÉCÈS DE CHRISTOPHER LEE (1922-2015)

Christopher Lee, immense figure du cinéma, vient de trépasser le 7 juin 2015 à l’âge fort honorable de 93 ans. Pour la renommée firme Hammer, il avait été le monstre de Frankenstein, Dracula, la momie, Raspoutine. Pour d’autres studios, Il avait aussi incarné Fu Manchu, Sherlock Holmes, et plus récemment le Comte Dooku dans Star Wars et Saruman le blanc dans Le seigneur des anneaux. L’homme avait bien vécu, en 1977, il avait publié son autobiographie, Tall, Dark and Gruesome, non seulement sur sa longue carrière démarrée en 1948, mais aussi sur ses souvenirs durant la Seconde Guerre Mondiale dans la Royal Air Force et la British Intelligence. Une nouvelle édition était sortie en 1997 suivie en 2003, par une republication, sous le titre Lord of Misrule, agrémentée de nouveaux chapitres prenant en compte les rôles importants qui lui avaient été offerts depuis, en particulier dans Sleepy Hollow (Tim Burton, 1999), Gormenghast, Le seigneur des anneaux (Peter Jackson, 2001-2003), Star Wars épisode II : L’attaque des clones (George Lucas, 2002).

Polyglotte, Christopher Lee parlait un français remarquable, comme cela pouvait se constater dans Les mains d’Orlac (Edmond T. Gréville, 1960), film tourné en deux versions avec les mêmes acteurs jouant en anglais ou en français. On entendait aussi la vraie voix de Lee dans Dracula père et fils (Edouard Molinaro, 1976), comédie montrant l’opposition générationnelle entre un fils (Bernard Menez) refusant l’héritage vampirique de son père (Lee). Avec une filmographie de plus de 200 films, il n’est pas étonnant que Christopher Lee ait eu plusieurs voix françaises différentes, mais quand on se penche sur la question, il est hallucinant de constater leur nombre! Pour l’heure, nous en avons compté 48! Bien entendu, dans le lot, certains comédiens l’ont suivi sur plusieurs films et ont sû lui rendre justice en sachant parfaitement reproduire son intelligence, son élégance et son côté inquiétant.

Voici donc une sélection de 12 voix françaises marquantes de Christopher Lee :

René Arrieu
Le corsaire rouge (Robert Siodmak, 1952)
Un colt pour trois salopards (Burt Kennedy, 1971)

Jacques Berthier
Hurler de peur (Seth Holt, 1961)
L’invasion des soucoupes volantes (Ed Hunt, 1977)

Marc Cassot
Le crâne maléfique (Freddie Francis, 1965)
Le masque de Fu Manchu (Don Sharp, 1965)
La vengeance de Fu Manchu (Jeremy Summers, 1967)
Le sang de Fu Manchu (Jesús Franco, 1967)
Le château de Fu Manchu (Jesús Franco, 1969)

Gabriel Cattand
Hurlements 2 (Philippe Mora, 1985)
La révolution française – Les années terribles (Richard T. Heffron, 1989)
Gremlins 2: La nouvelle génération (Joe Dante, 1990)

Jean Davy
Le vampire et le sang des vierges (Harald Reinl, 1967)
Dracula ‘73 (Alan Gibson, 1972)

Jacques Deschamps
Raspoutine, le moine fou (Don Sharp, 1966)
Les survivants du Goliath (Kevin Connor, 1981)

Bernard Dhéran
Le chien des Baskerville (Terence Fisher, 1959)
Star Wars épisode 2: L’attaque des clones (George Lucas, 2002)
Star Wars épisode 3: La revanche des Sith (George Lucas, 2005)

Raymond Gérôme
Les vierges de satan (Terence Fisher, 1968)
Le retour des mousquetaires (Richard Lester, 1989)

Jean-François Lalet
L’attaque de San Cristobal (John Gilling, 1962)
Le métro de la mort (Gary Sherman, 1973)

Michel Le Royer
Gormenghast (Andy Wilson, 2000)
Le seigneur des anneaux (Peter Jackson, 2001)
Le Hobbit: Un voyage inattendu (Peter Jackson, 2012)
Le Hobbit: La bataille des cinq armées (Peter Jackson, 2014)

Jacques Thébault
Le manoir des fantasmes (Don Sharp, 1973)
Les trois mousquetaires (Richard Lester, 1973)
On l’appelait Milady (Don Sharp, 1974)
L’homme au pistolet d’or (Guy Hamilton, 1974)

Jean Topart
Les cicatrices de Dracula (Roy Ward Baker, 1970)
Sherlock Holmes et la Diva (Peter Sasdy, 1991)
Incident aux chutes victoria (Bill Corcoran, 1992)
Sleepy Hollow (Tim Burton, 1999)

(c) La Gazette du doublage - 2015