Nous avons eu au téléphone ce matin le biographe de Marc Cassot qui nous a confirmé hélas la triste nouvelle : Marc est décédé hier à Paris dans sa 93ème année. Grand comédien du théâtre de boulevard, il restera pour beaucoup la voix française de Paul Newman dont il avait les mêmes yeux bleus.

Nous avions fait connaissance de cet homme sympathique en 2004 pour une interview à la Mutuelle des artistes (http://www.objectif-cinema.com/spip.php?article5006), puis nous l'avions reçu le 11 avril 2015 à l'Auguste Théâtre pour une conférence sur "Les Grandes voix du doublage" dans le cadre du Printemps des séries et du doublage.

Il avait commencé sa carrière en 1945. Au cinéma, il avait tourné dans Le Grand pavois (1954), Les copains du dimanche (1957), Normandie-Niemen (1960) aux côtés de ses amis Pierre Trabaud, Roland Ménard et Jean-Claude Michel. Au théâtre, on l'avait vu dans Des souris et des hommes (1962), Reviens dormir à l'Elysée (1980)... C'était aussi une vedette de la télévision qui avait participée à de nombreuses dramatiques et autres feuilletons et séries.

Le doublage était aussi une activité marquante du comédien. Il avait commencé la synchro en 1946 en doublant John Garfield dans Le Facteur sonne toujours deux fois. Célèbre voix française de Paul Newman, qu'il partageait avec Marcel Bozzuffi, il avait aussi doublé ponctuellement d'autres stars : William Holden dans Le Pont de la rivière Kwaï(1957), Stephen Boyd dans Ben-Hur (1959), Steve McQueen dans Le Kid de Cincinatti (1965), Richard Harris et Michael Gambon dans les Harry Potter (de 2001 à 2009), Clint Eastwood dans Million Dollar Baby (2004)...

Marc Cassot a eu une longue et riche carrière et l'écouter en parler était toujours un moment passionnant. Je conclurai cet hommage en citant les propos de son biographe Michel Alcaine (cf. Marc Cassot et les siens, Mémoires d'Autignac, 2014) : "Son honnêteté intellectuelle et morale, ses engagements sociaux, en firent un comédien unanimement respecté et aimé de ses pairs. En dépit d'une brillante carrière, on ne trouve chez lui nulle trace de cabotinage, de vanité. Marc Cassot se retourne (très rarement) sur le chemin parcouru et porte sur lui le regard que porterait un ébéniste sur la belle commode qu'il vient de fabriquer, le regard d'un artisan satisfait par la belle ouvrage. (...)"

Nous présentons toutes nos condoléances à Manuela, sa fille, à sa famille et à ses proches. Ses obsèques auront lieu prochainement à l'église Saint Roch à Paris.

(c) La Gazette du doublage - 2016