La célèbre série Au nom de la loi date de 1958 mais elle est diffusée en France à partir de 1963. Elle raconte les aventures du cow-boy chasseur de primes Josh Randall interprété par Steve McQueen. Ce dernier a déjà une carrière de second rôle au cinéma mais cette série le fait connaître du grand public. Il devient une star de cinéma à partir des Sept mercenaires en 1960. Dans ce film, ainsi que dans La Grande évasion (1963), tous deux distribués par Les Artistes associés, et doublés à la SPS (Société parisienne de sonorisation), c'est le comédien Henry Djanik qui prête sa voix à McQueen, mais force est de reconnaître que Djanik colle d'avantage à des acteurs comme Anthony Quinn ou Telly Savalas.
C'est vraisemblablement Gérald Castrix, directeur artistique à la SPS, qui distribue Djanik sur ces deux films. En effet, les choix des voix françaises diffèrent selon les directeurs artistiques des sociétés de doublage. Dans Branle-bas au casino (1961), Bernard Noël prête sa voix à McQueen, dans Le Kid de Cincinnati (1965) c'est au tour de Marc Cassot, et dans La Canonnière du Yang-Tsé (1966) c'est Jacques Deschamps qui leur succède. Mais il y a aussi des cas où le comédien "attitré" est indisponible et qu'il doit être remplacé, mais c'est assez rare.



Dans Au nom de la loi, McQueen est doublé par l'irremplaçable Jacques Thébault qui le suit vocalement dans la plupart de ses films tels que L'Affaire Thomas Crown (1968), Guet-apens (1972), La Tour infernale (1974)... La version française est enregistrée aux studios Eclair à Epinay par la société de doublage Synchro-Mondiale créée en 1947 par Alfred Kirschner et dont Pierre Salva assure la direction artistique, notamment des films distribués par la Warner, jusqu'au début des années 60. Il se charge aussi du doublage des premiers épisodes de Destination danger (à partir de 1961), dans laquelle Jacques Thébault double l'excellent Patrick McGoohan dans le rôle de l'agent secret John Drake... Ensuite, c'est son collaborateur Jean-Pierre Steimer qui reprend le flambeau et dirige notamment les films Warner comme La Bataille des Ardennes (1965).

(Remerciements à Christophe Morin pour le carton de doublage)

(c) La Gazette du doublage - 2016