vendredi 21 juillet 2017

In memoriam Georges Dutter

Force est de constater que les artistes du doublage disparaissent souvent dans le plus grand anonymat. En effet, nous venons d'apprendre par hasard le décès du grand traducteur et dialoguiste de doublage Georges Dutter le 24 octobre 2014.

Il y a une dizaine d'années, nous avions eu le plaisir de l'interviewer par téléphone à l'occasion d'un article sur le doublage des James Bond puisque lui et son épouse Anne avaient adapté une douzaine de ces films. A cette occasion, il nous avait précisé qu’il avait pris sa retraite à la fin des années 90 (sa dernière adaptation pour Bond avait été pour Le Monde ne suffit pas en 1999).

Georges Dutter avait commencé sa carrière de dialoguiste de doublage à la 20th Century Fox France, en adaptant dans la langue de Molière quelques grands succès du cinéma américain : Ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines (1965), L’Express du Colonel Von Ryan (1965)… Il avait travaillé sur ces films avec le grand auteur de doublage, Jacques Monteux, son parrain à la SACEM. Il avait aussi collaboré avec la Société parisienne de sonorisation (la mythique SPS, à Paris 13ème) pour laquelle il avait adapté quelques films de Disney tels qu'Un amour de Coccinelle (1969) et La Coccinelle à Mexico (1980) et, bien sûr, les James Bond à partir de Vivre et laisser mourir (1973) avant que ceux-ci ne soient doublés à la Société industrielle de sonorisation (SIS) à la Garenne-Colombes.

Dutter nous confiait que pour les Bond, après l’étape de l’adaptation – et avant l’enregistrement avec les comédiens – il lui fallait travailler avec un superviseur américain pour relire tous les dialogues et les modifier le cas échéant. Il se souvenait que le directeur technique des Artistes Associés, M. Boisset, était son interlocuteur privilégié. Il lui fournissait les premiers éléments de films nécessaires à l’adaptation.

Ses meilleurs souvenirs d’auteur de doublage (et parfois sous-titrage) étaient pour Annie Hall (1977) (il avait œuvré pendant 14 ans sur les films de Woody Allen), Apocalypse Now (1979), Good Morning Vietnam (1988)… Un autre de ses meilleurs souvenirs avait été de s’occuper du sous-titrage du film Cris et chuchotements (1973) (il avait travaillé 12 ans sur les films d'Ingmar Bergman). Egalement, lors de la projection de contrôle, François Truffaut – un ami du producteur – était présent. Visiblement ému par le film, il avait félicité Dutter pour la qualité de son travail.

Georges Dutter était un orfèvre du doublage et était passé maître dans l'art de traduire les sous-entendus, comme cela est souvent le cas dans les James Bond par exemple. Le monde du doublage a perdu un de ses plus grands artisans mais son œuvre est toujours présente au travers des milliers de films qu'il a adaptés avec talent.

(c) La Gazette du doublage - 2017

mardi 4 juillet 2017

Interview de Liliane Patrick

Liliane Patrick a commencé son parcours artistique par la danse. A 16 ans, elle fait ses débuts au théâtre dans la compagnie du Grenier de Toulouse. Au cinéma, elle a joué aux côtés de Fernandel, Daniel Gélin, Charles Boyer ou encore Vittorio de Sica. Au théâtre, elle côtoie Raymond Gérôme, Georges Descrières, Robert Lamoureux...
Côté cœur, elle épouse en 1965 le réalisateur Claude Boissol (Les Globes Trotteurs, Le commissaire Moulin...), puis en 1968, elle devient la compagne du chanteur/acteur Mouloudji jusqu’au décès de l’artiste en 1994.
Dès les années 60, Liliane Patrick s’essaie au doublage. Elle prête sa voix ponctuellement à Audrey Hepburn et à Elizabeth Montgomery. Par la suite, on va l’entendre sur la mère de Bambi puis dans de nombreuses séries et "soaps" tels que Les Feux de l’amour et Amour, Gloire et beauté.

La suite de cet entretien est à lire dans nos colonnes :
http://www.objectif-cinema.com/spip.php?article5564

(c) La Gazette du doublage - 2017