La dernière star de l'âge d'or de Hollywood vient de nous quitter. Après le décès de Kirk Douglas en février dernier, nous apprenons la disparition d'Olivia de Havilland, la plus française des actrices américaines. Par le plus grand des hasards, tous deux sont nés en 1916 et disparus en cette année 2020.

Plusieurs artistes français ont prêté leur voix à ces grandes stars. Il est important de leur rendre également un hommage.

Celui qui est resté comme la voix française la plus célèbre de Kirk Douglas est Roger Rudel (1921-2008). Ce grand comédien de l'ombre que l'on surnommait affectueusement "Kirk Doublage" dans le métier reste à jamais associé vocalement à l'acteur américain qu'il a doublé dans la plupart de ses films, à partir de L'emprise du crime (1946). Parmi les autres voix françaises de Douglas, on peut citer également Jacques Erwin (1908-1957) dans Chaînes conjugales (1949) et Le cercle infernal (1954), Jean Davy (1911-2001) dans La Femme aux chimères (1950), Jacques Dacqmine (1923-2010) dans Les Ensorcelés (1952) et La vie passionnée de Vincent Van Gogh (1956), Raymond Loyer (1916-2004) dans La vallée des géants (1952) et Les héros de Télémark (1965), Mi⁣chel Gatineau (1926-1989) l'a doublé dans Première victoire (1965), Paris brûle-t-il ? (1966) et Le phare du bout du monde (1979), Alain Mottet (1928-2017) dans Les sentiers de la gloire et Marc Cassot (1923-2016) dans Furie (1978) et L'homme de la rivière d'argent (1982).

Olivia de Havilland a aussi eu plusieurs voix françaises, selon l'époque (avant ou après guerre) et la distribution (Warner, Paramount, MGM...). Pour la Warner, elle est doublée par Agnès Capri (1907-1976) dans Tête chaude (1935), Lyanne (ou Lucienne) Doridge dans Capitaine Blood (1935 - 1er doublage), Mony Dalmès (1914-2006) dans Anthony Adverse (1936), L'aventure de minuit (1937), La Bataille de l'or (1938), Les Aventures de Robin des Bois (1938), Quatre au paradis (1938), Les Conquérants (1939)... Pour la MGM, c'est Denise Bosc (1916-2002) qui lui prête sa voix dans La Vie privée d'Elisabeth d'Angleterre (1939).
Après la guerre, c'est Renée Simonot (née en 1911), doyenne des comédiennes, qui reprend le flambeau dans des films comme La Piste de Santa Fé (1940), Par la porte d'or (1941), La Charge fantastique (1941), La Vie passionnée des sœurs Bronté (1946), La double énigme (1946), L'Héritière (1949)... Dans le classique Autant en emporte le vent (film de 1939 mais doublé en 1950), c'est Nelly Benedetti (1921-2011) que l'on entend sur Mme de Havilland et dans Pour que vive les hommes (1955) aussi. Parmi les autres comédiennes françaises que l'on peut citer, sur des œuvres de moindres importances, il y a Claire Guibert (1924-2018) dans Les Derniers aventuriers (1970), Monique Mélinand (1916-2012) dans Les Naufragés du 747 (1974), Jane Val (1930-2006) dans L'inévitable catastrophe (1978), Nelly Vignon (1929-1993) dans la série La croisière s'amuse (1984), Lita Recio (1906-2006) dans La mini-série Nord et Sud (1986)...

(Remerciements aux Archives françaises du film du CNC et aux spécialistes du forum doublage francophone)

(c) La Gazette du doublage - 2020