Alors qu'il vient juste de nous quitter à l'âge de 90 ans, il est intéressant de se souvenir des comédiens français qui ont prêté leur voix à Sean Connery, un des acteurs majeurs depuis les années 60.

Connery a commencé sa carrière en tournant quelques seconds rôles dans des productions anglo-saxonnes. L’année 1962 est une étape importante pour lui puisqu’il va obtenir ses galons de star grâce au personnage de James Bond et, par la suite, tourner avec de grands réalisateurs. Ce nouveau statut va lui permettre d’avoir deux voix françaises quasi habituelles qui vont s’entremêler selon les films : celles des comédiens Jean-Pierre Duclos et Jean-Claude Michel.

Né en Suisse en 1931, Jean-Pierre Duclos est choisi sur essais pour le doubler dans James Bond contre Docteur No. Il va lui prêter sa voix suave pour tous les autres Bond des années 60, jusqu’aux Diamants sont éternels (1971). Il le doublera aussi dans La Femme de Paille (1964).
J-.P. Duclos a commencé le doublage vers 1955 avec la série des Sissi dans laquelle il prêtait sa voix à Karl-Heinz Böhm. Notre ami comédien a été aussi le spécialiste du doublage des espions du cinéma des années 60 (OSS 117, Flint…). Il a aussi souvent doublé James Coburn, notamment dans La grande évasion (1963) et Il était une fois la révolution (1972). C’est à cette époque que Jean-Pierre Duclos a tourné le dos au doublage et s’est orienté vers une autre profession.

Jean-Claude Michel est né à Paris en 1925. Il a prêté sa voix belle voix virile à Connery dans la plupart des films « non-Bondiens » des années 60 : Pas de printemps pour Marnie (1964), La colline des hommes perdus (1965), L’homme à la tête fêlée (1966)… Il a, tout de même, doublé George Lazenby dans Au service secret de sa majesté (1969), le seul James Bond que l’acteur australien ait tourné.
Après l’arrêt de Jean-Pierre Duclos, J-.C. Michel devient la voix habituelle de Connery. On l’entendra dans Le gang Anderson (1971), Zardoz (1974), L’homme qui voulut être roi (1975), Outland (1981), Jamais plus jamais (1983), Highlander (1985), Indiana Jones et la dernière croisade (1989), Rock (1996)… jusqu’à Haute Voltige en 1999, date à laquelle il nous a, hélas, quittés. Jean-Claude Michel a débuté au théâtre après la guerre. Au début des années 50, il s’est orienté presque exclusivement vers la synchronisation des films. Pendant près d’un demi-siècle, il a doublé les plus grandes stars du cinéma : Richard Burton, Tony Curtis, Clint Eastwood, Charlton Heston, Leslie Nielsen…

A part les deux principaux interprètes de doublage ci-dessus, d’autres comédiens ont aussi doublé ponctuellement Sean Connery selon l’époque, le genre de rôle, le choix du réalisateur ou du distributeur de ses films en France : Roland Ménard dans Je pleure mon amour (1958), Jean Martinelli dans La plus grande aventure de Tarzan (1959), Henry Djanik dans Le jour le plus long (1962), Sady Rebbot dans Le crime de l’Orient-Express (1974), Pierre Hatet dans Un pont trop loin (1976), Claude Giraud dans Le nom de la Rose (1986), le belge Léon Dony dans Un anglais sous les tropiques (1993), Juste cause (1995) et Lancelot (1995), Georges Berthomieu dans La carte du cœur (1998) et Bernard Dhéran dans La grande attaque du train d’or (1979), A la rencontre de Forrester (2000) et La ligue des gentlemen extraordinaires (2003)…

(c) La Gazette du doublage - 2020