mardi 23 août 2016

La VF de Star Trek Beyond

Le doublage de Star Trek : Sans limites a été enregistré à Dubbing Brothers fin juin sous la direction de Hervé Bellon. Le casting vocal de l'équipage de l'Enterprise est presque identique aux deux précédents films à l'exception du Docteur McCoy (Karl Urban) qui n'a pas été doublé par le talentueux Alexis Victor pour raisons personnelles mais par Fabrice Josso. A noter que l'actrice franco-algérienne Sofia Boutella (Jaylah) n'est pas venue se doubler à Paris et que c'est Laëtitia Lefebvre qui l'a remplacée. Frantz Confiac prête sa voix au méchant Krall (Idris Elba) comme dans les Thor. Au final, 122 mn de grand spectacle mais sans être le meilleur "épisode" de la franchise depuis son reboot en 2009.



Star Trek : Sans limites
(Star Trek Beyond - Paramount - 2016)
VF réalisée par Dubbing Brothers
Direction artistique : Hervé Bellon
Adaptation française : Franck Hervé
Avec les voix françaises de :
Emmanuel Garijo : Kirk
Adrien Antoine : Spock
Fabrice Josso : McCoy
Ingrid Donnadieu : Uhura
Cédric Dumond : Scotty
Alexandre Nguyen : Sulu
Nathanel Alimi : Chekov
Frantz Confiac : Krall
Laëtitia Lefebvre : Jaylah

(c) La Gazette du doublage - 2016

jeudi 9 juin 2016

Le doublage des "Mystères de l'Ouest"

Les années 60 connaissent de grandes séries télévisées à succès, essentiellement britanniques et américaines. Fort du succès au cinéma de la saga des James Bond, le réseau TV CBS met en chantier en 1965 le pendant américain de 007 mais transposé à l'époque du Far-West, avec un soupçon de fantaisie en plus : Les Mystères de l'Ouest (Wild, Wild West en VO). Cette série qui compte 104 épisodes apparaît en France en 1967. Les héros en sont deux agents secrets très différents l'un de l'autre : l'un, c'est James West (Robert Conrad), un homme d'action équipé de nombreux gadgets, un peu l'équivalent de Bond. L'autre, c'est Artemus Gordon (Ross Martin), le roi du déguisement en tout genre. Ils affrontent des méchants hauts en couleur tels que le Docteur Loveless (Michael Dunn) et son homme de main Voltaire (Richard Kiel, futur ennemi de 007) ou encore le Comte Manzeppi (Victor Buono).



Du côté du doublage, c'est à nouveau Jean-Pierre Steimer et sa société Synchro Mondiale qui se charge de la version française. Il confie à Jacques Thébault de doubler James West. Quoi de plus normal car Thébault double déjà Audie Murphy, célèbre Cow-boy à l'écran, et Patrick McGoohan, l'agent secret anglais de Destination Danger. Quant à Ross Martin, il lui faut un comédien français capable de créer toutes sortes de voix, et notamment des voix de femmes, car Gordon se travestit souvent. Le choix se porte sur Roger Rudel, célèbre voix française de Kirk Douglas, qui double Jack Lemmon en femme dans le film Certains l'aiment chaud (1959). Autour d'eux, un casting de choix : Pierre Trabaud (la voix de Popeye dans le dessin animé) sur Loveless, Jacques Dynam (l'inspecteur Bertrand dans les Fantômas de Hunebelle) sur Manzeppi... Des vedettes américaines de la télévision et du cinéma viennent jouer des guests : Boris Karloff (doublé par Emile Duard, voix française du Juge Fulton de Amicalement Vôtre), Sammy Davis Jr. (doublé par Gérard Hernandez), Agnes Moorehead (doublée par Lita Recio, vf d'Endora dans Ma Sorcière bien-aimée), Leslie Nielsen (doublé par Roland Ménard, voix française de Jack Lord dans Hawaï Police d'Etat)...



La série continue à être diffusée en France dans les années 70 notamment dans la célèbre émission Samedi est à vous où les téléspectateurs doivent voter par téléphone.

Pour finir, notons que deux téléfilms qui font suite à la série sortent en 1979 et 1980, il s'agit du Retour des Mystères de l'Ouest et des Mystères du Far-West (ou Encore plus de Mystères de l'Ouest) dont les deux héros sont toujours interprétés par MM. Conrad et Martin et doublés par MM. Thébault et Rudel pour le plaisir de nos oreilles.

(Remerciements à Christophe Morin pour le carton de doublage)

(c) La Gazette du doublage - 2016

dimanche 15 mai 2016

Le doublage de la série "Au nom de la loi"

La célèbre série Au nom de la loi date de 1958 mais elle est diffusée en France à partir de 1963. Elle raconte les aventures du cow-boy chasseur de primes Josh Randall interprété par Steve McQueen. Ce dernier a déjà une carrière de second rôle au cinéma mais cette série le fait connaître du grand public. Il devient une star de cinéma à partir des Sept mercenaires en 1960. Dans ce film, ainsi que dans La Grande évasion (1963), tous deux distribués par Les Artistes associés, et doublés à la SPS (Société parisienne de sonorisation), c'est le comédien Henry Djanik qui prête sa voix à McQueen, mais force est de reconnaître que Djanik colle d'avantage à des acteurs comme Anthony Quinn ou Telly Savalas.
C'est vraisemblablement Gérald Castrix, directeur artistique à la SPS, qui distribue Djanik sur ces deux films. En effet, les choix des voix françaises diffèrent selon les directeurs artistiques des sociétés de doublage. Dans Branle-bas au casino (1961), Bernard Noël prête sa voix à McQueen, dans Le Kid de Cincinnati (1965) c'est au tour de Marc Cassot, et dans La Canonnière du Yang-Tsé (1966) c'est Jacques Deschamps qui leur succède. Mais il y a aussi des cas où le comédien "attitré" est indisponible et qu'il doit être remplacé, mais c'est assez rare.



Dans Au nom de la loi, McQueen est doublé par l'irremplaçable Jacques Thébault qui le suit vocalement dans la plupart de ses films tels que L'Affaire Thomas Crown (1968), Guet-apens (1972), La Tour infernale (1974)... La version française est enregistrée aux studios Eclair à Epinay par la société de doublage Synchro-Mondiale créée en 1947 par Alfred Kirschner et dont Pierre Salva assure la direction artistique, notamment des films distribués par la Warner, jusqu'au début des années 60. Il se charge aussi du doublage des premiers épisodes de Destination danger (à partir de 1961), dans laquelle Jacques Thébault double l'excellent Patrick McGoohan dans le rôle de l'agent secret John Drake... Ensuite, c'est son collaborateur Jean-Pierre Steimer qui reprend le flambeau et dirige notamment les films Warner comme La Bataille des Ardennes (1965).

(Remerciements à Christophe Morin pour le carton de doublage)

(c) La Gazette du doublage - 2016

jeudi 11 juin 2015

Le doublage des films de Spielberg

La magie des films de Steven Spielberg subsiste même des décennies après la sortie de ses films. Les Dents de la mer, Rencontres du troisième type et E.T. l'Extra-terrestre en sont les brillantes illustrations. Alors que Les Dents de la mer et E.T. (son film le plus personnel) bénéficient d'éditions en Blu-ray contenant chacune le doublage d'époque, hélas cela n'a pas été (encore) le cas avec Rencontres du troisième type.

Ni l'édition spéciale en DVD sortie en 1997 (pourtant avec 3 versions du film), ni le Blu-ray ne contiennent le doublage de 1977. Pourtant, on sait que techniquement cela aurait été possible car l'éditeur a bien conservé l'enregistrement de la voix de François Truffaut que l'on retrouve sur le second doublage. Nous aurions ainsi pu retrouver la formidable composition vocale du comédien Bernard Murat qui double Richard Dreyfuss, comme dans Les Dents de la mer.

Espérons maintenant que Universal France nous entende et sorte en 2017, pour le 40ème anniversaire du film, une édition du film en Blu-ray ou en 4k contenant ce premier doublage que les chanceux possédant encore la cassette VHS ou le Laserdisc ne se lassent pas de réécouter.





(Remerciements à Olivier Boisson et à Simon Labate)

(c) La Gazette du doublage - 2015