On dit qu'il ne faut pas croire tout ce qu'on peut lire dans la presse, mais il ne faut pas prendre non plus pour argent comptant toutes les informations des cartons de doublage. En effet, parfois un comédien est indiqué alors que l'on ne l'entend pas dans le film en question. C'est le cas pour Georges Aminel qui est crédité au carton du Pont de la rivière Kwaï (1957) alors qu'il ne figure pas dans ce classique hollywoodien.

Autres exemples, le carton du Corsaire rouge (1952) indique que l'acteur Nick Cravat se double lui-même alors que son rôle est muet ! C'est aussi le cas pour Charles Bronson dans L'homme au masque de cire (1953). Le carton de doublage met que c'est Raymond Destac qui lui prête sa voix et pourtant Bronson ne dit pas un mot dans le film !

Dernier exemple intéressant, mais qui est plutôt une coquille : au générique de début du truculent Barbe-Noire le pirate (1952), la liste des interprètes du doublage apparaît. On peut y lire le nom d'un certain Jean Auradon, un comédien dont personne n'a jamais entendu parlé. Quelle ne fut pas notre surprise lorsque le comédien/chansonnnier Jean Amadou nous déclarait avoir doublé dans ce film le jeune premier Keith Andes. Et, en effet, après une écoute attentive, nous ne pouvions que constater cela : l'inconnu Auradon était bien le célèbre Amadou !

Quelle que soit la période de l'oeuvre audiovisuelle, nos oreilles exercées de voxophiles sont souvent le meilleur moyen de vérification d'un doublage.

(Remerciements à Maurice Le Borgne)

(c) La Gazette du doublage - 2009