dimanche 15 mai 2016

Le doublage de la série "Au nom de la loi"

La célèbre série Au nom de la loi date de 1958 mais elle est diffusée en France à partir de 1963. Elle raconte les aventures du cow-boy chasseur de primes Josh Randall interprété par Steve McQueen. Ce dernier a déjà une carrière de second rôle au cinéma mais cette série le fait connaître du grand public. Il devient une star de cinéma à partir des Sept mercenaires en 1960. Dans ce film, ainsi que dans La Grande évasion (1963), tous deux distribués par Les Artistes associés, et doublés à la SPS (Société parisienne de sonorisation), c'est le comédien Henry Djanik qui prête sa voix à McQueen, mais force est de reconnaître que Djanik colle d'avantage à des acteurs comme Anthony Quinn ou Telly Savalas.
C'est vraisemblablement Gérald Castrix, directeur artistique à la SPS, qui distribue Djanik sur ces deux films. En effet, les choix des voix françaises diffèrent selon les directeurs artistiques des sociétés de doublage. Dans Branle-bas au casino (1961), Bernard Noël prête sa voix à McQueen, dans Le Kid de Cincinnati (1965) c'est au tour de Marc Cassot, et dans La Canonnière du Yang-Tsé (1966) c'est Jacques Deschamps qui leur succède. Mais il y a aussi des cas où le comédien "attitré" est indisponible et qu'il doit être remplacé, mais c'est assez rare.



Dans Au nom de la loi, McQueen est doublé par l'irremplaçable Jacques Thébault qui le suit vocalement dans la plupart de ses films tels que L'Affaire Thomas Crown (1968), Guet-apens (1972), La Tour infernale (1974)... La version française est enregistrée aux studios Eclair à Epinay par la société de doublage Synchro-Mondiale créée en 1947 par Alfred Kirschner et dont Pierre Salva assure la direction artistique, notamment des films distribués par la Warner, jusqu'au début des années 60. Il se charge aussi du doublage des premiers épisodes de Destination danger (à partir de 1961), dans laquelle Jacques Thébault double l'excellent Patrick McGoohan dans le rôle de l'agent secret John Drake... Ensuite, c'est son collaborateur Jean-Pierre Steimer qui reprend le flambeau et dirige notamment les films Warner comme La Bataille des Ardennes (1965).

(Remerciements à Christophe Morin pour le carton de doublage)

(c) La Gazette du doublage - 2016

jeudi 11 juin 2015

Le doublage des films de Spielberg

La magie des films de Steven Spielberg subsiste même des décennies après la sortie de ses films. Les Dents de la mer, Rencontres du troisième type et E.T. l'Extra-terrestre en sont les brillantes illustrations. Alors que Les Dents de la mer et E.T. (son film le plus personnel) bénéficient d'éditions en Blu-ray contenant chacune le doublage d'époque, hélas cela n'a pas été (encore) le cas avec Rencontres du troisième type.

Ni l'édition spéciale en DVD sortie en 1997 (pourtant avec 3 versions du film), ni le Blu-ray ne contiennent le doublage de 1977. Pourtant, on sait que techniquement cela aurait été possible car l'éditeur a bien conservé l'enregistrement de la voix de François Truffaut que l'on retrouve sur le second doublage. Nous aurions ainsi pu retrouver la formidable composition vocale du comédien Bernard Murat qui double Richard Dreyfuss, comme dans Les Dents de la mer.

Espérons maintenant que Universal France nous entende et sorte en 2017, pour le 40ème anniversaire du film, une édition du film en Blu-ray ou en 4k contenant ce premier doublage que les chanceux possédant encore la cassette VHS ou le Laserdisc ne se lassent pas de réécouter.





(Remerciements à Olivier Boisson et à Simon Labate)

(c) La Gazette du doublage - 2015

dimanche 29 juin 2014

Au risque de se perdre (1959)

Au risque de se perdre (The Nun's Story) est un film dramatique de Fred Zinnemann sorti en 1959 dans lequel Audrey Hepburn (1929-1993) apporte tout son talent et sa sensibilité à cette histoire de jeune bourgeoise qui entre dans les ordres, puis part pour l'Afrique, et finit dans la résistance.

Pour camper ce rôle difficile à la synchro, il fallait une comédienne expérimentée, et c'est Martine Sarcey (1928-2010) que le distributeur Warner à Paris avait choisie. Elle va doubler quelques années plus tard Elizabeth Montgomery dans la série Ma Sorcière bien-aimée.

Notons que la voix française d'Audrey Hepburn variait selon le choix des distributeur de ses films : Jacqueline Porel lui prêtait sa voix dans les films Paramount (Sabrina, Guerre et paix...), Marcelle Lajeunesse la doublait pour Universal (Charade), alors que la 20th century Fox avait demandé le concours de Jeanine Freson (Comment voler un million de dollars). Mais, c'est essentiellement Martine Sarcey qui va prêter sa voix sucrée à l'actrice américaine des années 60 jusqu'à la fin de sa carrière (My Fair Lady, Seule dans la nuit, La Rose et la flèche...).

Le carton de doublage de Au risque de se perdre, tiré de nos archives, vous présente la distribution - presque exclusivement féminine - détaillée en VO et en VF. On remarque qu'on avait fait appel à des comédiennes françaises qui commençaient à œuvrer dans le doublage dès les années 30 (Helena Manson, Lita Recio...) ou dans les années 40 et 50 (Nadine Alari, Michèle Bardollet, Jacqueline Ferrière, Rolande Forest, Jeanine Freson, Vivette Galy, Estelle Gérard, Linette Lemercier, Thérèse Rigaut...). Mais rendons aussi hommage aux comédiens qui accompagnaient vocalement ces dames dans ce long-métrage : Roger Rudel, Claude Péran, Pierre Leproux, Pierre Morin et notre ami William Sabatier.

Au final, un film en version française à voir, mais aussi à écouter attentivement comme il se doit.









(Remerciements à Christine M.)

(c) La Gazette du doublage - 2014

vendredi 25 avril 2014

LIZ TAYLOR ET RICHARD BURTON : LES AMANTS TERRIBLES

Vendredi 25 avril 2014, Arte a diffusé en VF le téléfilm de Richard Laxton Liz Taylor et Richard Burton: Les amants terribles (2013).
Point négatif, les acteurs britanniques Helena Bonam Carter et Dominic West ne ressemblaient aucunement à Elizabeth Taylor et Richard Burton, ni de près ni de loin (ni de face ni de dos).
Point positif, le doublage permettait d’entendre la voix habituelle d’Helena Bonham Carter.

Voici le mini-carton visible lors du générique de fin, qui n'indiquait hélas que deux voix.

Version française réalisée par Dome Productions
Direction artistique : Philippe Carbonnier
Adaptation : Sophie Arthuys
Avec la participation des artistes-interprètes :
Arnaud Arbessier (doublant Dominic West / Richard Burton)
Laurence Breheret (doublant Helena Bonham Carter / Elizabeth Taylor)

Ajoutons que l'on pouvait aussi reconnaître Patrice Baudrier sur Jeff Mash, jouant le premier journaliste lors de la conférence de presse de New York en 1983.

(c) La Gazette du doublage - 2014