samedi 17 juillet 2010

Rencontre avec Alain Dorval

L'association Sérialement Vôtre et La Gazette du doublage ont organisé le 7 juillet dernier, dans un restaurant parisien, et dans le cadre des « Repas des Séries », une rencontre au sommet avec le comédien Alain Dorval, une des voix les plus caractéristiques du doublage français puisqu'il double Sylvester Stallone depuis le premier Rocky (1977).

Ce comédien, à la voix imposante, né en 1946 comme Stallone, suit une formation très classique : après les cours Simon, il réussit le concours du Conservatoire d'art dramatique de Paris. Il commence à jouer au théâtre et à tourner pour la télévision à la fin des années 60. C'est d'ailleurs à cette époque qu'Eric Kahane, adaptateur et directeur artistique lui propose de faire du doublage. C'est pour la série Les bannis (26 épisodes) dans laquelle il prête sa voix au « cow-boy » Don Murray (son accolyte, Otis Young, étant doublé par Med Hondo).

Dans les années 70, on va l'entendre, dans des seconds rôles, sur plusieurs séries comme Les têtes brûlées dans laquelle il double le sergent Micklin. Mais c'est grâce au cinéma, et à Sylvester Stallone en particulier que la voix d'Alain Dorval va être connue du grand public. En 1977, il double Stallone pour la première fois dans Rocky, dirigé par Jacques Barclay pour START. A partir de cette époque, il va devenir sa voix attitrée ou presque, notamment dans les Rambo (à partir de 1982). Les seules fois où il ne le doublera pas ne seront pas de son fait, précise-t-il, mais de sociétés de doublage n'ayant pas fait appel à lui pour diverses raisons. Alain Dorval nous révèle qu'il vient de doubler Stallone dans la bande annonce de son nouveau film Expandables : unité spéciale, dirigé par Danièle Perret chez Dubbing Brothers. Il s'apprête à enregistrer le film à partir du 10 juillet.

Alain Dorval nous avoue qu'il travaille au doublage beaucoup plus pour le cinéma que pour la télévision, contrairement à sa charmante épouse, Dominique Dumont (qui l'accompagne à notre repas) qui est la voix française de Heather Locklear depuis la série Dynastie (1984 en France), celle de Katherine Kelly Lang dans le soap Amour, gloire et beauté, et également celle de Mariska Hargitay dans New York unité spéciale.

Au cinéma, on a entendu la voix d'Alain Dorval notamment dans Alien, le huitième passager (1979) dans lequel il double le personnage de Brett ou encore le film de Disney Tron (1981) dont il garde un très bon souvenir; il y double Jeff Bridges sous la direction de Jean-Pierre Dorat. A part Stallone, un de ses acteurs fétiches au doublage est également Nick Nolte qu'il double notamment dans 48 heures (1982) et Les nerfs à vif (1991) ou encore de l'italo-américain Danny Aiello.

Du côté des dessins animés, Alain Dorval est la voix du Teigneux dans la série des Il était une fois... (à partir de 1982), celle de Tiger dans les Fievel (à partir de 1996) et celle de Pat Hibulaire dans les Dingo de Disney (à partir de 1995). Il a aussi doublé dans FourmiZ (1998), car dans la VO, c'est Stallone que l'on entend. Décidement, la boucle est bouclée !

(Remerciements à Alain Dorval et à Vincent Chenille)

(c) La Gazette du doublage - 2010

dimanche 27 juin 2010

Une soirée avec Alain Dorval

En partenariat avec l'association Sérialement Vôtre qui organise notamment le "Salon des séries TV et cinéma", La Gazette du doublage propose à trois de ses fidèles lecteurs (et possesseurs de notre livre "Rencontres autour du doublage") la possibilité de faire partie des convives d'un dîner en compagnie du comédien Alain Dorval, irremplaçable voix française de Sylvester Stallone. La rencontre se fera dans un restaurant du 9ème arrondissement de Paris, le mercredi 7 juillet à 20h (prix du repas simple, sans suppléments : 20 €).

Les trois pemiers lecteurs intéressés sont priés de nous contacter à l'adresse suivante : lagazettedudoublage@gmail.com - Nous leur indiquerons les modalités de paiement et le lieu exact de cette rencontre au sommet !

La Rédaction

lundi 8 mars 2010

Jacques Ciron, président du jury du 28ème Festival national de théâtre des grandes écoles et universités (Cannes)

Communiqué:

Notre ami Jacques Ciron, grande voix du doublage français (le chapelier toqué dans le film d'animation Alice au Pays des merveilles de Walt Disney, les acteurs Roddy McDowall, Joel Grey, Denholm Elliott dans plusieurs de leurs films) sera dès demain le président du jury du 28ème festival national de théâtre des grandes écoles et universités de Cannes (jusqu'au 12 mars, à l'Espace Miramar) en compagnie des metteurs en scène et comédiens Oscar Sisto, Alain Léonard, Pascal Seguin, Emma Colberti et Marie Lenoir.

Ce festival qui réunit chaque année les meilleures troupes de théâtre amateurs des grandes écoles et universités françaises, un jury de professionnels et un public enthousiaste sera une bonne occasion pour les voxophiles de la Côte d'Azur de rencontrer ce truculent comédien.

Mardi 9 mars:
Skema Business School : « Le Dindon » de Georges Feydeau
Euromed : « Les liaisons douces » de Woody Allen et Les Monty Python.

Mercredi 10 mars:
Université Nice : « Medea » Adaptation d’après les textes de Sénèque, Pier Paolo Pasolini et Laurent Gaudé
HEC : « Le bourgeois Gentilhomme » de Molière

Jeudi 11 mars:
CELSA: « Du vent dans les branches de sassafras » de René de Obaldia.
Centrale Lille: « Veillée Funèbre » d’après l’œuvre Guy Foissy.

Vendredi 12 mars:
Claire de Lune (Troupe Professionnelle hors compétition) « Love Letters » d’Albert Gurney et remise des prix

2 représentations par soir (sauf le 12 mars):
Étudiants: 1 soir : 8€; 2 soirs : 12€; 3 soirs : 14€; 4 soirs : 16€
Extérieurs: 1 soir: 10€; 2 soirs: 15€; 3 soirs: 20€; 4 soirs: 25€
Places disponibles au Théâtre Miramar et à Skema Business School (renseignements: http://www.lefesti.fr)

vendredi 19 février 2010

Les Monty Pythons, sur scène, en VF

SPAMALOT ! (Ou les mésaventures délirantes & Pythonesques des Chevaliers de la table ronde... En Chansons Et in French dans le texte, ma bonne dame !)

Par Kevin Collette (élevé au lait de Pythons depuis tout petit)

Rendons à César ce qui est à César: non, Alexandre Astier et son Kaamelot n'ont rien inventé. Il n'y aura toujours qu'une et une seule réfèrence en matière d'OVNI Médievalo-Grââlo-comique : l'indémodable Monty Pythons & The Holy Grail, fruit du cerveau déjanté de ce groupe de Britons foldingues réunis dans un même amour du non-sens et du délire frappadingue...
La bande de cinglés a explosé depuis belle lurette (pour mieux se retrouver sur quelques Special Events gratinés – dont seuls hélas les fans américains ou British ont pu bénéficier jusqu'à ce jour. Avis aux amateurs) pour entreprendre des carrières solo couronnées de succès , au grand desespoir des adeptes de la Silly Walk...
Frappé par l'inspiration (qui nécessita douze point de sutures), Eric Iddle décida un beau jour de transformer le Sacré Grâal en... Comédie Musicale, un genre très prisé de l'autre côté de la Manche. Miraqueul : Spamalot ! Explose le Box-office londonnien, s'envole pour l'Australie, écrabouille Mamma Mia !, squatte Broadway... Et propulse Iddle et ses potes au firmament du Musical, à côté de Fred Astaire et Luis Mariano !!

Et chez nous, sympathiques mangeurs de grenouilles ridiculisés dans le film (et la pièce !) sous forme de gardes prognates au vocabulaire fleuri ? Ben chez nous, euh, la Comédie Musicale n'avait pas trop bonne Presse jusqu'à très recemment. Les Britons évitaient donc comme la Peste d'essayer de nous refourguer leur Blues Brothers – The Musical ' et autre délirant Return To Fordidden Planet. Même le cultisime Rocky Horror Show s'est cassé les dents sur le public Français...

Sans doute habité par l'esprit de Graham Chapman, le jovial Pierre-François Martin Laval (oui, celui des Robins des Bois) décide de relever le défi. Défi de taille, voire quasi mission impossible (je le soupçonne de s'être endormi devant le DVD du film... à force de le visionner en boucle, le Saint Homme).

Comment, en effet, retranscrire un humour non-sensique conçu par des British pour des British et avec des British ? Un peu comme si on demandait à Spielberg d'adapter Tintin au Cinéma ? (quoi, on me souffle que c'est fait ? Argll ) Joie et Bonheur inneffable : la version à l'exportation «  pour French audience only » de Spamalot ! fonctionne, et à deux cents à l'heure encore !! En adaptant subtilement le produit à notre culture de masse (Danse Bretonne en lieu et place des délires ethniques de la pièce d'origine, fines allusions à Zorro - the Comédie Musicale, au Roi Lion – pareil , au cassoulet et à Céline Dion – sans oublier la StarAc' et autres spécificités françaises qui me font honte) PEF (alias Pierre François Martin Laval. Que j'adore dans La Tour Montparnasse Infernale) a réussi l'exploit de ne PAS trahir l'esprit original ET de faire rire avec du materiel un poil... Abscon, dirons-nous...
Un énorme bravo donc à toute la troupe lobotomisée aux délires Pythonesques.

Les acteurs tout d'abord, pour qui il me faudrait une bonne douzaine de feuillets pour arriver à chanter leurs louanges respectifs... Qui multiplient les rôles et personnages délirants à tour de bras (avec private-joke à l'appui « Ben t'étais pas à la scène précédente ? Et qui voulais-tu qui interprète le Mage Tim , hein ? ») Mention spéciale au Roi Arthur, of course. L'ex PEF se donne à fond, manie Excalibur comme d'Artagnan, étripe le Chevalier Noir et emballe même la sublimissime Gaëlle Pinheiro (Oh que je le hais !). Rien à jeter. Chapeau bas ! A ses côtés la sexy Bomba médievale Dame du Lac ,incarnée donc par l'accorte Gaëlle donc. Qui se tape des solos de Chansons à rendre verte Lara Fabian ou Britney Spear. Bravobravobravo... Et aussi Olivier Denizet (Sir Robin le Preux), Philippe Vieux (Lancelot le Brave), Grégoire Bonnet (Bedevere), Arnaud Ducret (Galahad), sans oublier le clone de Terry Gilliam, le brave Patsy, incarné par Andy Cocq. Bravo itou aux danseuses fort jolies, à la chorégraphie enragée, aux décors « de toute bôtéé ». Un mot sur la direction musicale, signée Mathieu Gonet et fidèle à la note près aux livrets de Iddle. Entendre en 'Live' des musiciens jouer vaut tous les Taratatas du monde !

Bref, je pourrais continuer à vous narrer la geste ô combien sympathique de cette joyeuse troupe pendant des plombes, mais vous conseille plutot sur-le-champs d'appeller le Theatre Comedia - sis au 4 Bd de Strasbourg 75010 au 01 42 38 22 22 . Et dites que vous venez de la part de John Cleese...