Un article sur un sujet cinématographique nécessite souvent quelques investigations. Et si en plus, le journaliste aborde la question du doublage, il faut, soit qu'il en ait des connaissances précises, soit qu'il ait vérifié ses propos en consultant des spécialistes du domaine.

Visiblement, l'article de Muriel Frat sur la dernière diffusion télévisée du film Goldfinger paru sur le site internet du Figaro le 16 juillet dernier ne remplit que partiellement ces conditions. (lire l'article en ligne : http://www.lefigaro.fr/programmes-tele/2009/07/16/03012-20090716ARTFIG00331-un-james-bond-en-or-.php)

Effet, celle-ci nous rappelle : "Aux côtés de Sean Connery, l'acteur allemand Gert Fröbe dont Guy Hamilton réalisa, au début du tournage, qu'il ne parlait pas un traitre mot d'anglais. Il dut être doublé par l'acteur anglais Michael Collins", ce qui est, en effet, tout à fait exact. En revanche, lorsqu'elle ajoute : "Fröbe possédait tellement bien la langue de Molière qu'il se doubla lui-même dans la version française." elle se trompe. En effet, ce n'est pas la voix de Fröbe (1913-1988) que l'on entend dans le version française réalisée par la Société parisienne de sonorisation mais celle d'un acteur américain vivant en France, Duncan Elliott (il a quitté les Etats-Unis au temps du maccarthysme), bien connu dans le milieu du doublage des années soixantes.

Pour mémoire, Elliott double aussi Herbert Lom dans Quand l'inspecteur s'emmêle (1964), Laurence Olivier dans Khartoum (1966) et Trevor Howard dans La bataille d'Angleterre (1969).

En conclusion, et à la décharge de la journaliste du Figaro (mais cela n'excuse pas son erreur), il est vrai que le doublage de Duncan Elliott dans Goldfinger est tellement parfait que l'on peut croire que c'est Gerte Fröbe qui s'exprime vraiment en français. Ne répétons-nous pas souvent qu'un doublage réussi ne doit pas se remarquer ?