L’hebdomadaire Télérama n°3120 daté du 31 octobre au 6 novembre 2009 contient une interview du cinéaste Alain Resnais par Pierre Murat (p. 18 à 20). Une question donne l’occasion à Resnais de mentionner le doublage français de son film Providence, tourné en 1977 en anglais, avec des acteurs américains et britanniques.

-Télérama : Ceux qui vous disent intello vous reprochent de réaliser des films graves : Hiroshima mon amour, Muriel, Providence

-Alain Resnais : Ah, mais il faut rire à Providence ! D’ailleurs, c’est étrange : s’ils voient le film en VO avec les voix de Dirk Bogarde, John Gielgud, Ellen Burstyn, les spectateurs s’amusent. S’ils le voient en VF, ils restent sérieux comme des papes… Le doublage a été, pourtant, extrêmement soigné : j’avais François Périer, Claude Dauphin, Suzanne Flon… Et tout devenait sinistre. De l’importance de la sonorité des voix, une fois encore…

Le réalisateur oublie de mentionner la présence au doublage de Gérard Depardieu, qui prête sa voix à David Warner. La gêne à l’écoute de cette VF vient peut-être du fait que la voix de Depardieu est trop reconnaissable, alors que l’art du doublage est de savoir s’effacer au service d’un rôle. Regrettons aussi que le directeur artistique ait choisi François Périer pour doubler Dirk Bogarde, et non Roland Ménard, alors la voix française habituelle de l’acteur anglais. De l’importance du choix des voix, une fois encore…