dimanche 14 février 2010

Serge Sauvion (1929-2010)

Communiqué AFP (14/02/10) : Le comédien Serge Sauvion, connu notamment pour être la voix française de Peter Falk dans la série policière Columbo, s'est éteint samedi à l'âge de 80 ans, a annoncé dimanche une de ses filles Marie Sauvion.

L'acteur est décédé à son domicile d'Asnières (Hauts-de-Seine), a précisé sa fille.

Né à Paris le 18 février 1929, Serge Sauvion avait commencé sa carrière dans les années 1950 en interprétant un duo avec son ami Pierre Vaneck, décédé le 31 janvier dernier. Ensemble, ils lisaient des textes de François Villon et de Rabelais dans les cabarets.

Serge Sauvion a joué essentiellement pour le cinéma et la télévision. Il est Charlie dans le film de Joël Séria Charlie et ses deux nénettes (1973).

Mais c'était surtout un grand artiste du doublage notamment de séries américaines. Outre l'inspecteur Columbo, il était la voix de Peter Lupus dans Mission Impossible, de Stacey Keach dans Mike Hammer, de Robert Blake dans Baretta. Il a aussi doublé Burt Reynolds, Jack Nicholson, Richard Burton, Mickey Rourke... Il était aussi la voix de César dans les dessins animés d'Astérix.

"Pour faire de bons doublages, il faut avant tout être comédien", expliquait Serge Sauvion. Chaque voix se devait d'être une création artistique.

Le comédien avait eu l'occasion de rencontrer Peter Falk, le fameux lieutenant Columbo à l'imperméable froissé. "Entre nous, depuis les premiers Columbo dans les années 1970, c'est un mariage heureux", avait indiqué le comédien alors âgé de 60 ans dans une interview à France-Soir. "J'étais au chômage comme par hasard et il m'a permis de bouffer. Pour la première fois depuis mes débuts en 1950, je gagnais vraiment ma vie", avait-il expliqué.

Mais Serge Sauvion exprimait parfois un certain regret à être resté dans l'ombre de ses personnages. "Le doublage a en fait été pour moi un piège doré. J'arrivais le matin à 9 heures au studio, je travaillais quelques heures pour, au bout du compte, gagner pas mal d'argent. Voilà comment, un jour, on se retrouve à ne faire que ça", avait-il confié au quotidien Le Parisien il y dix ans.

(c) AFP - 2010

lundi 1 février 2010

Pierre Vaneck (1931-2010)



Cette photo nous montre les comédiens Georges Aminel et Pierre Vaneck sur scène en 1964 lors d'une des représentations de la pièce "Lorenzaccio" mise en scène par Raymond Rouleau au théâtre Sarah-Bernhardt.

Ceci est pour nous l'occasion de rendre hommage à Pierre Vaneck qui vient de nous quitter. Le site Seneweb dresse un beau portrait de sa carrière : "Pierre Vaneck est décédé dimanche à l’âge de 78 ans. Il aura marqué l’histoire du théâtre de ces cinquante dernières années. Ses origines familiales se trouvent en Belgique, mais c’est au Vietnam que nait Pierre Vaneck, le 15 avril 1931, son père est alors militaire. Sa carrière débute dans les années 50. Dans les cabarets de la rive gauche, il lit des poèmes de François Villon, d’ailleurs Sacha Guitry lui donne le rôle de Villon dans "Si Paris nous était conté" en 1955. Mais c’est Julien Duvivier qui lui donne en 1954 son premier grand rôle dans « Marianne de ma jeunesse ». Au théâtre sa carrière est d’une richesse inouïe. (...)" La suite est sur : http://www.sceneweb.fr/?p=1784

Pierre Vaneck, comme d'autres bons comédiens, s'est illustré lui-aussi ponctuellement dans le doublage. Il a prêté sa voix à Anthony Perkins dans Le Procès (1962), Sean Flynn dans Le temple de l'éléphant blanc (1964), William Devane dans Complot de famille (1976), Robert Duvall dans le premier doublage d'Apocalypse Now (1979), James Woods dans le premier doublage d'Il était une fois en Amérique (1984)...

En ces douloureux instants, nous adressons nos sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

(Remerciements à Christine Maline, Pascal Laffitte et David Gential)

(c) La Gazette du doublage - 2010

jeudi 21 janvier 2010

Lucien Jean-Baptiste parle de doublage

Le sympathique comédien Lucien Jean-Baptiste, désormais connu du grand public comme le réalisateur du film La Première étoile, a été interviewé par La Gazette de Berlin, l'unique bimensuel francophone des Alpes à la Baltique. Il s'exprime en toute liberté sur son film, le doublage des afro-américains en général (n'oublions pas qu'il prête sa voix à Will Smith, à Chris Rock...) et du doublage en langue allemande de son premier long métrage. Voici un extrait de cet entretien :

La Gazette de Berlin : Vous menez une carrière de comédien en particulier dans le doublage, puisque vous êtes la voix française de Will Smith. Est-ce que selon vous, le doublage d’un acteur noir doit se faire par un acteur noir ?

Lucien Jean-Baptiste : Non, il faut seulement voir si la voix convient à l’acteur sans se préoccuper de sa couleur de peau.
Le doublage est une longue histoire car il y a peu d’acteurs noirs dans le cinéma américain donc tous les doublages sont faits par une dizaine d’acteurs seulement.
Dans les années 50, les doublages des rares acteurs noirs sont faits façon « petit nègre ». Mais avec l’évolution du cinéma américain, des acteurs tel que Eddy Murphy arrivent et le doublage est fait par Med Hondo qui réussit à transcrire la musique de la voix anglaise en français. Sauf qu’en France, il n’y a pas eu plus de comédiens noirs. Du coup, les acteurs blancs se sont sentis obligés de prendre une sorte d’accent noir mais ça n’était pas approprié dans toutes les situations. Par exemple on ne peut pas donner un accent antillais ou africain à Denzel Washington. Les producteurs américains se sont donc dit que c’était mieux de faire doubler les acteurs noirs par des noirs.
Là où c’est injuste, c’est que les noirs ne font jamais de voix de blancs. En fait, c’est simplement parce qu’il y a déjà énormément de blancs disponibles pour doubler les blancs. Mais selon moi, on devrait faire tous les recrutements à l’aveugle avec CV anonyme et simplement des essais de voix.
Cependant, pour que des producteurs acceptent de chercher des acteurs noirs inconnus, il faut une volonté politique. C’est une volonté qui émerge petit à petit. On peut d’ailleurs voir que certains producteurs mettent des voix noires sur des acteurs blancs intentionnellement pour marquer ce changement d’état d’esprit.


L'interview complète est à lire sur le site de La Gazette de Berlin :
http://lagazettedeberlin.de/5824.html

lundi 11 janvier 2010

Britanniquement Vôtre

Grand amateur et fin spécialiste de la culture anglo-saxonne, notre ami et ex-collaborateur Thierry Attard anime un blog sur le cinéma et la télévision de nos voisins d'outre-Manche et de leurs cousins d'outre-Atlantique. Toujours à l'affût de l'actualité de la BBC ou des coulisses hollywoodiennes, Thierry nous donne son point de vue, souvent pertinent, et toujours teinté d'une pointe d'humour.

Bien que son blog ne soit pas spécialisé dans le doublage, il lui arrive, tout de même, de parler de cette discipline qui nous est chère. Dernièrement, il a eu l'occasion de réaliser une interview en deux parties de François Dubuc, auteur de doublage, à qui l'on doit l'adaptation française d'un épisode spécial de Doctor Who intitulé Cyber-Noël et d'une autre série de la BBC, Affaires d'Etats :
(1ère partie) :
http://thierryattard.blogspot.com/2010/01/francois-dubuc-adaptateur-state-within_07.html
(2ème partie) :
http://thierryattard.blogspot.com/2010/01/francois-dubuc-adaptateur-state-within.html

Thierry continue sur sa lancée et nous parle aussi de la saison 1 de la série Survivors et son doublage réalisé en Belgique (tout comme celui de Doctor Who) dans les studios de Dame Blanche pour le compte de la société Nice Fellow :
http://thierryattard.blogspot.com/2010/01/le-doublage-de-survivors-nrj12.html