vendredi 27 août 2010

LES VOIX FRANÇAISES DE JOHN WAYNE

La Gazette du doublage vient de contribuer une nouvelle fois à un ouvrage des Editions Didier Carpentier. En effet, la collection "Stars de l'écran", dédiée aux plus grandes vedettes françaises ou étrangères, s’enrichit depuis avril 2010 d’un autre titre écrit par Frédéric Valmont : John Wayne : Le géant de l’ouest.

Après la rédaction des voxographies de Sean Connery (2006), Paul Newman (2007) et Marilyn Monroe (2009), La Gazette a rédigé celle de John Wayne. Il est bien entendu question des voix françaises occasionnelles de l’acteur américain, comme par exemple Marc Valbel dans La chevauchée fantastique, Claude Bertrand dans Alamo et Jean Martinelli dans Les quatre fils de Katie Elder. Mais il est surtout fait mention de celui qui doubla principalement Wayne durant plus de deux décennies, de Taikoun au Dernier des Géants, à savoir Raymond Loyer.

Nous ne pouvons que recommander aux cinéphiles et voxophiles de se procurer cet ouvrage de 141 pages, richement illustré et documenté (prix : 18€).

(Remerciements à Christian Dureau)

(c) La Gazette du doublage - 2010

lundi 2 août 2010

Décès du comédien Eric Etcheverry

Le comédien Eric Etcheverry vient de nous quitter, à l'âge de 51 ans, des suites d'une longue maladie.
Fils de Robert Etcheverry, qui fut sociétaire de la Comédie-Française, Eric ne commence à prendre des cours de théâtre qu'à l'âge de 22 ans. Il se présente au concours du Conservatoire national d'art dramatique et échoue de peu, à son grand désespoir. C'est à cette époque qu'il commence à faire du théâtre et à participer à quelques tournages.
Il rencontre au café-théâtre un autre comédien, William Coryn, qui lui propose d'assister à une synchro. L'expérience lui plaît. Il s'inscrit alors à un stage de doublage d'une semaine organisé par l'AFDAS. Suite à cela, son formateur, et également chef de plateau, lui propose un petit rôle à la synchro. Eric va ensuite enchaîner différents personnages dans cette branche du métier.
Il se rappellait avec plaisir avoir doublé le monstre de Men in black (1997) pour lequel il avait composé une voix particulière alors que la voix en VO était synthétique. Il gardait aussi un bon souvenir du doublage d'Alien, la résurrection (1997) pour lequel il avait travaillé sous la supervision de Jean-Pierre Jeunet en personne. Il avait aimé participé au dessin animé Manu (1991)dans lequel lui et Michel Elias doublaient tous les personnages masculins.
Il y a une dizaine d'années, le comédien confiait que les sociétés de doublage lui proposaient de plus en plus des rôles de personnages inquiétants. Ainsi, il avait doublé Chucky, la poupée possédée par l'esprit d'un tueur en série. Là aussi, il avait composé une voix qui n'avait pas été déformée.
Ces dernières années, malgré la maladie qui le rongeait, Eric Etcheverry a continué vaillamment à travailler. On l'a entendu, sur des seconds rôles, dans de nombreuses séries : Stargate Atlantis, Desperate Housewives, Prison Break, Huff, New York Police Blues, Buffy contre les vampires, Les feux de l'amour...
Ce sympathique comédien laisse le souvenir d'un artiste respectueux de son travail et profondément humain.

(Remerciements à David Krüger)

(c) La Gazette du doublage - 2010

jeudi 22 juillet 2010

TÉLÉRAMA FLINGUE SOTTEMENT LE DOUBLAGE DU PRISONNIER

A partir du samedi 24 juillet 2010, la chaîne Arte va diffuser en version multilingue la série Le prisonnier (1967-1968), avec l’inoubliable Patrick McGoohan. Le numéro 3158 de l’hebdomadaire Télérama consacre, page 48, un article à la série. Les propos péremptoires de la journaliste auteure peuvent faire tiquer ceux qui aiment cette série et l’ont connue grâce à son doublage : « la série n’a pas tant vieilli : seuls le doublage français, l’esthétique sixties et l’absence de progression de l’intrigue entre le premier et l’avant-dernier épisode la datent vraiment ». La même persiste et signe dans le petit texte commentant le premier épisode, page 53 : « Arte ayant l’heureuse idée de proposer une version multilingue, nous ne saurions trop vous conseiller de choisir la version originale plutôt que le doublage, vieilli et parfois édulcoré ».

Nous ne partageons certainement pas cette opinion lâchée sans développement ! Il est tellement aisé de trouver des défauts au doublage par rapport à la version originale. Certes, l’adaptation française de la série Le prisonnier est parfois discutable, en particulier le choix guère heureux, dans l’épisode 4, Liberté pour tous, de faire parler français le numéro 58 (Rachel Herbert), alors que dans la VO, le personnage parle un langage imaginaire. Il est vrai aussi que certains dialogues sont beaucoup moins percutants que dans la VO à cause d’une traduction paresseuse et approximative. Mais ceci étant dit, ce doublage reste de très bonne facture. La tension psychologique reste intacte, que ce soit dans la VO ou dans cette VF, permettant d'entendre d'excellents comédiens de cette époque. Jacques Thébault, qui prête sa voix en français à Patrick McGoohan, comme précédemment dans la série Destination Danger (1960-1962, 1964-1967), assure un travail véritablement exceptionnel. Parler de doublage « vieilli » a de quoi faire rire, tant le jeu de Thébault demeure moderne et d'une justesse sans faille, le comédien arrivant à faire passer toute la nervosité, l’agressivité et la subtilité de l’interprétation de McGoohan. Ceux qui opteront d’abord pour la version originale seront peut-être même déstabilisés par la voix plutôt désagréable de McGoohan et se laisseront alors tenter par celle, plus mélodieuse de Jacques Thébault ?

C’est assez triste de constater que Télérama, magazine qui se targue d’être ouvert à toutes les cultures, ne rate jamais une occasion de lapider le doublage, en faisant montre en ce domaine d’une certaine étroitesse d’esprit. C'est trop facile de sortir quelques mots méprisants, sans prendre en compte tout le travail et l'investissement que représente la synchro. C’est d’autant plus pénible lorsque l’on sait que le doublage du Prisonnier a sans aucun doute contribué au succès de la série en France et conserve une dimension affective pour bien des téléspectateurs qui ont découvert la série en VF. Ce n’est certainement pas l’exemple à prendre pour parler de « mauvais » doublage ou de doublage vieilli...

(c) La Gazette du doublage - 2010

dimanche 18 juillet 2010

DÉCÈS DE PAUL BISCIGLIA (1928-2010), PIERRE MAGUELON (1933-2010) ET BERNARD GIRAUDEAU (1947-2010)

Décédé le 18 avril 2010, Paul Bisciglia était ce que l’on appelle, sans intention péjorative, un second couteau du cinéma français. Sa longue filmographie est principalement composée de petits rôles, notamment dans des comédies telles que Le gendarme de Saint-Tropez (1964) et Hibernatus (1973). Il avait souvent joué pour Jean Rollin, en particulier dans La vampire nue (1970) et Les démoniaques (1974). A la synchro, sa voix haut perchée l’amenait généralement à doubler des personnages loufoques, décalés, comme Hendricks (Jeffrey Kramer), l’adjoint du chef Brody (Roy Scheider), dans Les dents de la mer (1975) et Les dents de la mer 2 (1978). Enfin, on pouvait aussi l’entendre dans les dessins animés Astérix et la surprise de César (1985), Astérix chez les Bretons (1986) et Astérix et le coup du menhir (1989).

Le comédien Pierre Maguelon s’est éteint le 10 juillet 2010. Pour beaucoup, il restera l’inspecteur Terrasson de la série Les brigades du Tigre (1974-1983). Son physique trapu et son accent méridional semblaient l’abonner à interpréter des policiers madrés, comme en témoignent ses rôles dans deux films de Luis Buñuel : Le charme discret de la bourgeoisie (1972) et Le fantôme de la liberté (1974). On a pu souvent entendre sa voix dans des publicités à la radio et la télévision. On sait moins qu’il a parfois fait de la synchro, ainsi, c’est lui qui doublait Riccardo Cucciolla dans la mini-série Le château des oliviers (1993).

Acteur, réalisateur, écrivain, Bernard Giraudeau s’en est allé le 17 juillet 2010. Après des apparitions marquantes dans des séries télévisées des années 70, comme La porteuse de pain (1973), Arsène Lupin (1971-1974) et Les mohicans de Paris (1973-1975), il était devenu une figure familière du cinéma français des années 80-90, dans des genres très variés comme l’aventure (Le ruffian, 1983), le drame (L’année des méduses, 1984), la comédie (Vent de panique, 1987). Dans Ridicule (1995), Il composait un fascinant Abbé dont l’obséquiosité signait sa perte, en l’excluant définitivement de la cour de Louis XVI. Bernard Giraudeau avait aussi fait un peu de doublage, en doublant par exemple nul autre que John Travolta dans Mad City (1997).

(c) La Gazette du doublage - 2010