dimanche 31 août 2008

DECES DES COMEDIENS PIERRE MIRAT ET NICOLE JONESCO

Nous venons d'apprendre avec tristesse le décès de deux comédiens qui ont fait occasionnellement du doublage ou de la création de voix.
Pierre Mirat, second rôle incontournable du cinéma français, nous a quittés en juillet dernier à l'âge de 84 ans. Nous ne lui connaissions pas de participations à des doublages de films ou séries TV. Il avait en revanche contribué à la grande aventure des dessins animés "Astérix" en prêtant avec humour sa voix et son accent du midi à l'aubergiste complice d'Astérix et Obélix dans Astérix chez les Bretons (1986) et au cuisinier de la cantine romaine dans Astérix et la Surprise de César (1985).
La comédienne Nicole Jonesco, décédée le 29 août, était elle aussi liée à l'univers des "Astérix" puisqu'elle avait participé à la création vocale des Douze Travaux d'Astérix en 1976. Elle aurait par ailleurs fait du doublage dans les années 40, notamment pour la Fox (Miracle sur la 34ème rue en 1947).
La Gazette du Doublage adresse ses plus sincères condoléances à leurs familles.

lundi 25 août 2008

Quelques nouvelles d'Edgar Givry

Le comédien Edgar Givry, la célèbre voix française de Richard Dean Anderson, a la gentillesse de nous donner quelques nouvelles sur ses derniers doublages importants : Il a prêté sa voix à John Malkovich dans le film La légende de Beowulf (2007) et à James Purefoy (qu'il suit depuis la série Rome) dans le téléfilm Diamonds. Notons qu'il l'avait aussi doublé dans George et le dragon (2004). Espérons maintenant qu'il lui prêtera aussi sa voix dans la nouvelle version du Saint.

Edgar nous dit aussi : "mettant à profit cette année qui fût pour moi sans tournage, j'ai fait plusieurs adaptations pour le doublage, notamment celle du film de Greg Araki Smiley Face pour studio Canal. Peu de gens savent que j'adapte les dialogues en français (j'avais d'ailleurs adapté une dizaine d'épisodes de Mariés, deux enfants (entre autres) et j'adapte en ce moment des épisodes de la deuxième saison de Till Death (Pour le meilleur et pour le pire) qui va bientôt être diffusé sur TF1. Je dois dire que c'est une autre activité qui me plaît beaucoup (malgré ses contraintes)."

Signalons pour terminer, et c'est une première pour lui, qu'Edgar Givry vient d'être choisi pour faire l'habillage de la radio France bleu.

mardi 19 août 2008

Décès de Henry Djanik : la voix française d'Anthony Quinn et de Telly Savalas

Notre amie la comédienne Paule Emanuèle vient de nous confirmer une triste nouvelle : le décès de son ami le comédien Henry Djanik (ou Henri Djanick).

Nous avions rencontré cet homme sympathique à plusieurs reprises, et même dîné avec lui. En guise d'hommage, nous vous livrons le récit de notre première rencontre, le 22 octobre 1999, à Deuil-la-Barre, sur le plateau de la série Homicide. Ce texte est apparu pour la première fois dans la version papier de La Gazette du doublage n°6 de mars 2000. Nous vous le présentons tel quel :

Arrêtons nous sur un des comédiens les plus connus de ce métier : Henry Djanik. Dans Homicide, il double un des rôles principaux, celui du lieutenant Al "Gee" Giardello, un italo-black campé par l'excellent Yaphet Koto.
Henry Djanik, qui plaisante souvent de ses origines arméniennes (son vrai nom est Djanikian) a commencé le doublage en 1958. Comme sa voix est grave et rocailleuse, on lui a souvent attribué des personnages de durs à cuire au grand coeur : Telly Savalas (Kojak), Ernest Borgnine (Supercopter), Mister T. (L'agence tout risque), Bud Spencer pour lequel il a succédé à Claude Bertrand et bien sûr Anthony Quinn qu'il a doublé la première fois en 1961 dans Les canons de Navaronne. Ce doublage était dirigé par Richard Heinz de Lingua Synchrone pour la Columbia. Il a aussi prêté sa voix à l'acteur israélien Topol qui jouait l'allié grec de James Bond dans Rien que pour vos yeux (1981).
Henry Djanik a une certaine nostalgie des doublages à l'ancienne : "Dans le temps, lorsqu'un film arrivait, il y avait un traducteur, un adaptateur et un dialoguiste. Puis, on faisait une vérification du synchronisme sur table Moritone. Un comédien lisait le texte et on regardait si tout était synchrone."
Un de ses meilleurs souvenirs est sa collaboration avec Bertrand Tavernier où ce dernier lui a demandé personnellement de doubler le jazzman Dexter Gordon pour le film Autour de minuit (1986).
Il nous rappelle également qu'il a prêté sa voix à Steve McQueen dans Les sept mercenaires (1960) et La grande évasion (1962) avant que McQueen soit attribué à un autre excellent comédien, Jacques Thébault, à partir de la série Au nom de la loi.
Concernant Charles Bronson qu'il a parfois doublé, il nous raconte une anecdote assez savoureuse : "Un jour, une maison de doublage pour laquelle je ne souhaitais pas travailler, pour diverses raisons, m'appelle pour me demander si j'ai déjà doublé Bronson. Je réponds : Oui, mais... Marcel Bozzuffi l'a doublé, il est décédé. Claude Bertrand l'a doublé, il est décédé. Edmond Bernard l'a doublé et il vient de décéder. Et moi-même, je ne me sens pas très bien ! Et j'ai raccroché. Douce vengeance..."

(c) La Gazette du doublage - 2008