samedi 22 août 2009

DÉCÈS DU COMÉDIEN ALBERT MÉDINA

Le 5 août 2009, s’est éteint le comédien Albert Médina, à l’âge fort respectable de 89 ans. Au cinéma, on avait pu le voir, entre autres, dans le film d’Alain Resnais, Mon Oncle d’Amérique (1980), dans le rôle du malchanceux Bozon-Vandrieux, concepteur d’une émission radiophonique supprimée par le directeur de programme, Jean Le Gall (Roger Pierre). Pour le petit écran, il avait incarné dans la série La Cloche tibétaine (1975), l’aventurier Patropoulos, à la recherche du trésor de guerre des rois mongols.

Dès les années 50, Albert Médina avait consacré une partie de son temps au doublage de films. Il était ainsi reconnaissable dans les westerns L’Or du Hollandais (1958) et Le Salaire de la violence (1958). Il lui arrivait souvent de doubler des personnages avec accent, comme Miguel (John A. Alonzo), péon peu doué pour les armes à feu dans Les Sept mercenaires (1960), ou Ghulam (Albert Moses), conducteur indien dans L’Homme qui voulut être roi (1975).

Albert Médina prêtait parfois sa voix à des acteurs étrangers connus, comme Martin Balsam dans Confession d’un commissaire de police au procureur de la République (1971) et Les Hommes du Président (1976), John Rhys Davies dans Les Aventuriers de l’arche perdue (1981), Joe Pesci dans Eureka (1983), ou encore Charles Durning dans Coup double (1986).

Très doué pour le registre de la truculence, il apportait beaucoup de présence au Lieutenant écossais Denys Cavendish (Nigel Stock), prisonnier parmi tant d’autres dans La Grande évasion (1963). Il doublait avec la même inspiration Aurelio Biondi (Armando Brancia), brave mais colérique père de famille italien confronté au fascisme en pleine ascension, dans Amarcord (1973).

C’est aussi lui qui faisait parler avec bonhomie le Sergent Stan Jablonski (Robert Prosky), à qui revenait la tâche de donner des consignes aux policiers partant en patrouille, à chaque début d’épisode de la série Hill Street Blues (1981-1987). Un personnage haut en couleur qui remplaçait au pied levé le Sergent Phil Esterhaus, disparu précipitamment de la série du fait de la mort de son interprète, Michael Conrad (qui, pour l’anecdote, était magnifiquement doublé par Marcel Bozzuffi). On pouvait aussi l’entendre sur l’intransigeant Lars Hanson (Karl Swenson), notable de Wallnut Grove, dans la série La petite maison dans la prairie (1974-1983).

Mais surtout, s’il ne fallait mentionner qu’une seule référence mémorable de doublage, concluons en disant qu’Albert Médina avait donné le meilleur de lui-même en doublant de façon remarquable le docteur Watson (Colin Blakely) dans La Vie privée de Sherlock Holmes (1970), en sachant habilement doser fantaisie et sérieux. Nous adressons une pensée amicale à la famille de ce comédien talentueux.

(c) La Gazette du doublage - 2009

vendredi 14 août 2009

Décès de Marc François

Le comédien Marc François, figure familière du doublage français des années 70-80 (à ne pas confondre avec un autre comédien homonyme décédé en 2006), vient malheureusement de s’éteindre dans la nuit du 11 au 12 août (information issue du Facebook de Michel Mella).

A l'âge de 14 ans, Marc François prend des cours de comédie au Conservatoire du 12ème arrondissement de Paris. A 16 ans, il entre dans le milieu du doublage grâce à Geneviève Le Forestier qui adapte en français des séries très connues comme Les Incorruptibles ou encore Chapeau melon et bottes de cuir. Son premier grand rôle à la synchro est pour la série Chaparral (1970 sur la 2ème chaîne).

Dès les années 70, sa voix juvénile devient facilement reconnaissable sur des personnages secondaires, dans des films tels que La Brigade du Texas (1975), Meurtres sous contrôle (1976), ou Holocauste 2000 (1977), dans lequel il double l’antéchrist incarné par Simon Ward. Les années 80 lui permettent de doubler des visages familiers du petit écran. Avec La Porte du Paradis (1980), il est l’un des premiers à faire parler en français Mickey Rourke, alors jeune débutant. Citons aussi Edward James Olmos dans Blade Runner (1982), John Lithgow dans La Quatrième dimension : le film (1983) et surtout Rick Moranis, à qui il prête sa voix avec beaucoup de drôlerie dans SOS fantômes 1 (1984) et sa suite en 1989.

Pour le petit écran, il oeuvre de façon mémorable pour la série américaine Hill Street Blues (1981-1987), dans laquelle il double avec finesse Bruce Weitz, alias le sergent Mick Belker, un policier de terrain d’aspect assez fruste et sauvage, mais pourtant capable d’une grande sensibilité. Il y a eu aussi Dave Coulier, interprétant Joey Gladstone, l’ami fidèle de la famille Tanner dans une autre série américaine, La Fête à la maison (1987-1995).

En ce qui concerne le doublage de dessins animés, Marc François double Porky Pig et Mickey dans les années 80, avant de déclarer forfait, la consommation de cigarettes ne lui permettant plus de prendre une voix haut perchée. Il fait aussi plusieurs personnages dans la série japonaise Les Chevaliers du Zodiaque (1986-1989).

Le comédien devient plus discret dans les années 90-2000, mais son timbre si particulier continue de se faire entendre de temps en temps, dans des séries allemandes, notamment Un Cas pour deux (1981-2009).

Très actif dans le monde de la synchro, il ne fait que peu d’apparitions en chair et en os, mais il est possible de le repérer dans la série française Marc et Sophie (1987-1991), dans laquelle il compose un policier venant enquêter chez le couple formé par Gérard Rinaldi et Julie Arnold. En 1997, il tourne dans le film Watani, un monde sans mal sous la direction de Med Hondo.

Marc François a également fait du théâtre d'avant-garde, mis en scène le spectacle Les demoiselles de Rochechouard avec Maïk Darah et, bien sûr, dirigé de nombreux plateaux de doublage à la SOFI.

Toutes nos pensées sont adressées à sa famille et ses proches.

(Remerciements à Michel Mella et au travail du documentaliste Pascal Laffitte)

(c) La Gazette du doublage - 2009