Jacques Dacqmine vient de s’éteindre le 29 mars 2010 à l’âge de 86 ans. Au cours d’une riche carrière s’étalant sur plus de 60 ans, on avait pu voir au cinéma sa carrure imposante et son air martial dans des films tels que Caroline chérie (Richard Pottier, 1951), Un Caprice de Caroline chérie (Jean Devaivre, 1953), Le Fils de Caroline chérie (Jean Devaivre, 1955), L’affaire Nina B. (Robert Siodmak, 1961), Inspecteur Lavardin (Claude Chabrol, 1986), Germinal (Claude Berri, 1993), et plus récemment La Neuvième porte (Roman Polanski, 1999). Pour la télévision, il avait, entre autres, participé à une version franco-allemande de L’île au trésor (1966), ainsi qu’à l’adaptation par Yves Boisset de L’affaire Dreyfus (1995).

Mais c’est surtout au théâtre que le comédien avait pu épanouir son talent artistique. Pensionnaire de la Comédie Française, puis membre de la Compagnie Madeleine Renaud Jean-Louis Barrault, Jacques Dacqmine était qualifié de « bête de scène » par Jean-Louis Barrault qui, dans le livret d’Ami-Ami joué au théâtre Daunou en 1950, disait encore de lui : « ce qu’il vit sur scène, il le vit à fond. Allant du Roi-Félon dans Hamlet, au Prince de Palestine dans Occupe-toi d’Amélie, il met son tempérament au service des rôles les plus variés. »

Sur les planches, Jacques Dacqmine avait notamment joué avec de grandes figures du doublage français comme William Sabatier dans Le Balcon, d’après Jean Genet, joué au Théâtre du Gymnase en 1960, ou Annie Sinigalia et Jane Val, dans Le Foyer, d’après Octave Mirbeau, joué au Thêatre de la Plaine en 1988. A ce sujet, Jacques Dacqmine s’était quelquefois essayé au doublage en prêtant la plupart du temps sa voix à des acteurs étrangers de premier plan. Jugez plutôt : Kirk Douglas dans Les Ensorcelés (Vincente Minnelli, 1952) et La Vie passionnée de Vincent Van Gogh (Vincente Minnelli,1956), William Holden dans Fort Bravo (John Sturges, 1953), James Mason dans La Mort aux trousses (Alfred Hitchcock, 1959), Max von Sydow dans La Source (Ingmar Bergman,1960), George Sanders dans Le Village des damnés (Wolf Rilla, 1960), Cameron Mitchell dans Six femmes pour l’assassin (Mario Bava, 1964), et Robert Shaw dans Un Homme pour l’éternité (Fred Zinnemann, 1966). En ces moments de deuil, toutes nos pensées vont à sa famille et ses proches.

(c) La Gazette du doublage - 2010