dimanche 20 mai 2012

Décès de Monique Mélinand (1916-2012)

La muse de Louis Jouvet s'en est allée. La comédienne Monique Mélinand nous a quittés le 16 mai et a rejoint le "grand plateau" comme l'on dit parfois dans le métier.
Happée par le théâtre dès son adolescence, au début des années 30, elle a joué sur scène pendant près de 70 ans sous la direction de Jouvet, Gérard Philippe ("Lorenzaccio"), Jean-Louis Barrault ("Pour Lucrèce"), Peter Brook ("la Chatte sur un toit brûlant"), Jean Anouilh ("Le Voyageur sans bagage"), Francis Huster ("Le Cid")...
Au cinéma, elle a fait véritablement ses débuts dans le film Entrée des artistes (1938). Cependant, elle n'a obtenu un premier grand rôle qu'en 1953 dans La Pocharde. Pendant toute sa carrière, elle a tourné sous la direction des plus célèbres réalisateurs : Marc Allégret, Julien Duvivier, Edouard Molinaro, Georges Lautner, Louis Malle, Maurice Pialat, Henri Verneuil, Raoul Ruiz...
A la synchro, Monique Mélinand a prêté sa voix à de nombreuses actrices : Pauline Moore dans Charlie Chan à Reno (1939), Margaret Lockwood dans Suzannah (1939), Ingrid Bergman dans Intermezzo (1939), Joan Fontaine dans Femmes (1939), Vera Ellen dans Noël blanc (1954), Betsy Palmer dans Ce n'est qu'un au revoir (1955), Barbara Hale dans Horizons lointains (1955), Dianne Foster dans Le Souffle de la violence (1955), Scilla Gabel dans La plus grande aventure de Tarzan (1959), Ann Todd dans Le Fils du capitaine Blood (1962), Lily Palmer dans Ces garçons qui venaient du Brésil (1978), Kristine Howarth dans Dracula (1979), Jessica Tandy dans Cocoon (1985) et Cocoon Le retour (1988)... Mais elle a surtout été la voix habituelle de Jennifer Jones qu'elle a doublée notamment dans Duel au soleil (1946), La Furie du désir (1952), La Colline de l'adieu (1955) et dans La tour infernale (1974).
Nous avions eu l'occasion de nous entretenir avec cette charmante comédienne au sujet d'une enigme : avait-elle doublé Janet Leigh dans Psychose (1960) d'Alfred Hitchcock car bien que son nom était indiqué à l'époque sur le carton de doublage du film, cela ne nous semble toujours pas être sa voix. Elle nous avait confirmé qu'elle avait bien doublé l'actrice américaine dans ce film. Mais avait-elle été remplacée ensuite par une autre comédienne dont la voix correspondait peut-être mieux au personnage ? Nous connaissons des cas où cela s'est produit. En tout cas, le mystère reste entier...

(Remerciements à Pascal Laffitte et à Rémi Carémel)

(c) La Gazette du doublage - 2012

lundi 14 mai 2012

Décès de Nathalie Nerval et de Jacqueline Porel

Nous venons d'apprendre le décès des grandes comédiennes : Nathalie Nerval et Jacqueline Porel. Il est regrettable de constater, à nouveau, que la "grande" presse relaie très peu la disparition de comédiens ou de comédiennes, hélas un peu oubliés, mais qui ont été en leur temps de grandes figures au théâtre ou au cinéma. Mais nous, nous ne les oublions pas.

Nathalie Nerval (1926-2012) a joué au théâtre de 1947 à 2007, dont de nombreuses années à la Comédie-Française où elle a interprété les grandes pièces du Répertoire : "Le Cid", "Andromaque", "Hamlet", "Ruy Blas"... Au cinéma, elle a tourné notamment dans Le Comte de Monte-Cristo (1954) et dans Le Serpent (1973). A la télévision, on se souvient d'elle dans l'excellent Belphégor (1965) de Claude Barma.
Nathalie Nerval a fait aussi beaucoup de doublages de films. Elle a prêté sa voix grave à Sophia Loren dans La Chute de l'empire romain (1963) et La Femme du prêtre (1970), Daniela Bianchi dans Bons baisers de Russie (1963), Honor Blackman dans Jason et les Argonautes (1963), Karin Dor dans On ne vit que deux fois (1967), Bette Davis dans L'Argent de la vieille (1972), Ingrid Bergman dans Sonate d'automne (1978), au personnage de Mama Souriskewitz dans les deux dessins animés de Fievel (1986 et 1991), Lauren Bacall dans Dogville (2003)...

Jacqueline Porel (1918-2012) a commencé sa carrière au cinéma et au théâtre dès le milieu des années 30. Au cinéma, on l'a vue dans Romance de Paris (1941), Razzia sur la chnouf (1955), Le Capitan (1960)... Au théâtre, elle a joué dans "Fric-Frac (1950), La Petite hutte (1956)...
A la synchro, de par sa voix distinguée, Jacqueline Porel s'est également illustrée en doublant de célèbres actrices : Deborah Kerr dans Les Mines du roi Salomon (1950), Eleanor Parker dans Scaramouche (1952), Audrey Hepburn dans Sabrina (1954), Lana Turner dans Diane de Poitiers (1956), Kim Novak dans Adorable voisine (1958), Elizabeth Taylor dans La Chatte sur un toit brûlant (1958), Capucine dans La Septième aube (1964), Katharine Hepburn dans Devine qui vient dîner ? (1967)...
Toujours dans le doublage, Jacqueline Porel a signé aussi de nombreuses adaptations de films et de nombreux comédiens se souviennent encore d'elle comme d'une grande directrice artistique. En 2000, nous avions interrogé cette charmante comédienne, d'une grande classe, et elle nous avait dit avoir dirigé les doublages des films suivants : La Promesse de l'aube (1971), Shampoo (1975), Le Ciel peut attendre (1978), Kramer contre Kramer (1978), Tootsie (1982), Amadeus (1984), Dune (1984), Blue Velvet (1986), Out of Africa (1986), Good Morning Vietnam (1988), Mrs Doubtfire (1993)...

(Remerciements à Pascal Laffitte et à Rémi Carémel)

(c) La Gazette du doublage - 2012