jeudi 21 novembre 2013

DÉCÈS DE MAURICE SARFATI (1931-2013)

Décidément l’année 2013 est bien sombre pour les comédiens qui nous sont chers et il est bien malheureux que ce blog se transforme en rubrique nécrologique. C’est au tour de Maurice Sarfati de décéder à 82 ans, le 12 novembre 2013.
De sa carrière au cinéma débutée dans les années 50, on retiendra surtout son rôle de militaire, fidèle bras droit d’Anthony Quinn (voir photo), en pleine guerre d’Algérie, dans Les centurions (1966), film dans lequel il donnait également la réplique à Alain Delon.

Mais c’est surtout dans la synchro que Maurice Sarfati avait trouvé une place de choix durant plusieurs décennies, une discipline qu’il avait certainement débutée au milieu des années 50. Selon nous, c’est véritablement dans ses premières années dans le doublage qu’il avait donné toute l’étendue de son talent, sa conviction s’étant peut-être émoussée au fil des années. Ainsi, il s’avèrait véritablement remarquable dans le film de guerre allemand Le pont (1959), en prêtant sa voix à Folker Bohnet, incarnant un adolescent joignant avec ses amis l’armée allemande quelques mois avant la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Dans ce film, le jeune homme se retrouvait finalement l’un des deux derniers survivants d’une dérisoire mission consistant à défendre un pont contre l’arrivée des Américains.
Décidément doué pour les films de guerre, Sarfati était aussi très bon quand il post-synchronisait en français l’acteur espagnol Manuel Zarzo, jouant un caporal français dans La 317e section (1965).

Tout au long de son parcours, on pouvait retrouver la voix de Maurice Sarfati sur de petits rôles dans les doublages de nombreux grands films italiens comme La Dolce Vita (1960), Rocco et ses frères (1960), Le désert rouge (1964), L’argent de la vieille (1972), Les contes de Canterbury (1972), Les mille et une nuits (1974), Affreux, sales et méchants (1976), La peau (1981).

Il lui était aussi arrivé de doubler des acteurs étrangers de premier plan, tel que Dustin Hoffman dans Macadam Cowboy (1969), Michael York dans L’île du docteur Moreau (1977), Brad Davis dans Midnight Express (1978) et La justice de Tony Cimo (1986), Robert De Niro dans Le dernier nabab (1976), Taxi Driver (1976) et Raging Bull (1980), ainsi que Jackie Chan dans La danse du lion (1980).

A la télévision, il avait doublé Tony Danza dans la série à succès Madame est servie (1984-1992), il avait d’ailleurs suivi vocalement cet acteur par la suite dans plusieurs téléfilms. Maurice Sarfati était aussi prolifique dans le doublage de dessins animés. On l’entendait notamment dans l’anime Cobra (1982). On lui devait aussi le doublage très controversé - car très éloigné de la version originale japonaise afin d'en accentuer l'aspect burlesque - de méchants dans Nicky Larson (1987-1991).

Moins sollicité pour doubler dans les années 90-2000, Maurice Sarfati avait su se rabattre sur d’autres activités. Auteur, directeur artistique, il avait notamment monté une pièce radiophonique diffusée au début des années 90 sur France Culture, consacrée à Théophile Gautier (interprété pour l’occasion par cet autre grand du doublage français qu’est Dominique Paturel).

Nous regrettons sincèrement la disparition de cet artiste de talent, que l’on ne peut aucunement réduire à quelques doublages décriés, faisant ombrage à un grand nombre de compositions très honorables.
Pour clore cet hommage, voici une longue liste de références vocales, qui n’est cependant qu’une bien mince partie de la très riche carrière de Maurice Sarfati.

-Graine de violence (1955) : Dan Terranova (rôle : Belazi)
-Le pont (1959) : Folker Bohnet (rôle : Hans Scholten)
-Les aventures de Tom Pouce (1959) : Russ Tamblyn (rôle : Tom Pouce)
-Les derniers jours de Pompeï (1959) : Angel Aranda (rôle : Antonius)
-La 317e section (1965) : Manuel Zarzo (rôle : Le caporal Perrin)
-Le vol du Phénix (1965) : Ian Bannen (rôle : Ratbags)
-Au cœur du temps (série,1966-1967) : James Halferty (rôle : Tim McGinnis dans l’épisode ‘Massacre’)
-Le crépuscule des aigles (1966) : Derren Nesbitt (rôle : Fabian)
-Mission Impossible (série, 1966-1973) : Robert Conrad (rôle : Eddie Lorca dans l’épisode ‘Le tueur’)
-Le pont de Remagen (1969) : Frank Webb (rôle : Pvt. Glover)
-Le prisonnier (série, 1967-1968) : Kenneth Griffith (rôle : Schnipps dans l’épisode ‘La mort en marche’)
-Macadam Cowboy (1969) : Dustin Hoffman (rôle : Enrico Salvatore 'Ratso' Rizzo)
-Night Gallery – L’envers du tableau (1969) : Bruce Kirby (rôle : l’artiste)
-L’abominable docteur Phibes (1971) : Aubrey Woods (rôle : Goldsmith)
-Confessions d’un commissaire de police au procureur de la république (1971) : Giancarlo Prete (rôle : Gianpaolo Rizzo)
-L’inspecteur Harry (1971) : Reni Santoni (rôle : Insp. Chico Gonzalez)
-Klute (1971) : Anthony Holland (rôle : L’agent artistique que va voir Bree)
-Les poulets (1972) : Robert Jaffe (rôle : Alan Parry) et Cal Bellini (rôle : Ahmad)
-Le caveau de la terreur (1973) : Maurice Kaufmann (rôle : Bob Dixon) et John Witty (rôle : Arthur Gaskill)
-Dynamite Jones (1973) : Christopher Joy (rôle : Snake)
-Le privé (1973) : Mark Rydell (rôle : Marty Augustine)
-Serpico (1973) : Lewis J. Stadlen (rôle: Jerry Berman)
-Un après-midi de chien (1975) : John Cazale (rôle : Sal)
-Le dernier nabab (1976) : Robert De Niro (rôle : Monroe Stahr)
-Raid sur Entebbe (1976) : Bill Gerber (rôle : Nathan Darin)
-Taxi Driver (1976) : Robert De Niro (rôle : Travis Bickle)
-Le colosse de Hong Kong (1977) : Alexander Grand (rôle : Un militaire)
-L’empire des fourmis (1977) : Robert Pine (rôle : Larry Graham)
-L’île du docteur Moreau (1977) : Michael York (rôle : Andrew Braddock)
-Galactica, la bataille de l’espace (1978) : Reggie Nalder (rôle : Le serveur)
-Midnight Express (1978) : Brad Davis (rôle : Billy Hayes)
-Sauvez le Neptune (1978) : Lawrason Driscoll (rôle : Lieutenant Bloome)
-1941 (1979) : Treat Williams (rôle : Corporal Chuck “Stretch” Sitarski)
-Cuba (1979) : Chris Sarandon (rôle : Juan Pulido)
-Hardcore (1979) : Roy London (rôle : Jim Rucker)
-Holocauste 2000 (1979) : Massimo Foschi (rôle : assassin arabe)
-L’évadé d’Alcatraz (1979) : Larry Hankin (rôle : Charley Butts)
-L’infirmière de nuit (1979) : Leo Colonna (rôle : Carlo Pischella)
-Le putsch des mercennaires (1979) : Tony Osoba (rôle : Daniel Batten)
-La danse du lion (1980) : Jackie Chan (rôle : Dragon)
-La grosse magouille (1980) : David L. Lander (rôle : Freddie Paris)
-Le droit de tuer (1980) : Tony DiBenedetto (rôle : Jonathan Minor)
-Raging Bull (1980) : Robert De Niro (rôle : Jake La Motta)
-Virus (1980) :Tsunehiko Watase (rôle :Yasuo Tatsuno)
-Xanadu (1980) : Aaron Ipalé (rôle : Le photographe)
-Le camion de la mort (1981) : Randy Powell (rôle : Judd)
-La mort au large (1981) : Giancarlo Prete (rôle : Bob Martin)
-Sans retour (1981) : Franklyn Seales (rôle : Simms)
-Les guerriers du Bronx (1982) : Massimo Vanni (rôle : Blade)
-Les meilleurs amis (1982) : Ron Silver (rôle : Larry Weisman)
-Les nouveaux barbares (1982) : Andrea Coppola (rôle : L’ami de Mako)
-Madame est servie (série, 1984-1992) : Tony Danza (rôle : Tony Micelli)
-Top Secret (1984) : Omar Sharif (rôle : Agent Cedric)
-American Warrior (1985) : Phillip Brock (rôle : Pvt. Charley Madison)
-La cinquième dimension (série, 1985-1989) : Eric Bogosian (rôle : Jackie Thompson dans l’épisode ‘Le guérisseur’)
-La justice de Tony Cimo (1986) : Brad Davis (rôle : Tony Cimo)

(c) La Gazette du doublage - 2013

dimanche 17 novembre 2013

DÉCÈS D’ERIK COLIN (1947-2013)

Quelques mois après la mort de l’acteur James Gandolfini, c’est au tour du comédien qui lui prêtait sa voix dans le doublage français de la série Les Soprano (1999-2007) qui disparaît. En effet, Erik Colin vient malheureusement de nous quitter le 15 novembre 2013.
Au cinéma, il avait tenu le rôle du Lieutenant Duvauchel dans les comédies de Robert Lamoureux Mais où est donc passée la 7e compagnie ? (1973) et On a retrouvé la 7e compagnie (1975). Après une apparition dans Et la tendresse ?... bordel ! (1979) de Patrick Schulmann, il avait tenu pour le même réalisateur l’un des rôles principaux de Rendez-moi ma peau (1980). A la télévision, il avait notamment joué un écrivain boiteux dont s’éprenait Véronique Delbourg, dans la mini-série L’esprit de famille (1982), d’après les romans de Janine Boissard.

Sa voix grave, allant de pair avec son physique de jeune premier, faisait partie des voix récurrentes de la synchro, depuis les années 80. Il avait notamment doublé pour le cinéma, Peter Riegert dans Local Hero (1983), Ron Silver dans Le mystère Silkwood (1983), Michael Douglas dans A la poursuite du diamant vert (1984) et sa suite Le diamant du Nil (1986), Bruce Campbell dans Mort sur le grill (1985), Richard Gere dans Les coulisses du pouvoir (1986), Stephen Tobolowsky dans Dessine-moi un bébé (1990). Pour la télévision, outre James Gandolfini dans le rôle marquant du mafieux Tony Soprano, il doublait aussi Ted Levine alias le Capitaine Stottlemeyer dans Monk (2002-2009).
Enfin, Wikipédia nous apprend qu’Erik Colin était également directeur artistique pour des séries telles que Dead Zone (2002-2007), Nip/Tuck (2003-2010) et la série précitée Les Soprano.

(c) La Gazette du doublage - 2013

P.S. : La Gazette du doublage ne remercie pas la « pseudo » journaliste (dont le nom ne mérite pas d’être cité) du site de Télé-Loisirs, qui a pompé cet article, non seulement de façon erronée, mais plus grave, sans citer ses sources. Notre petit article est un hommage sincère au travail d’un comédien disparu, le sien n’est qu’un médiocre copier-coller, fait par une personne qui manifestement ne connaît pas son sujet…