mardi 15 septembre 2009

LE DOUBLAGE ITALIEN DE MURDER ROCK

Il arrive que pour des raisons de disponibilité, un acteur tournant dans un film en langue étrangère ne se double pas lui-même, lors de l’enregistrement du doublage dans sa langue natale. Mais parfois, le remplacement de la vraie voix d’un acteur, lors du doublage, a des raisons plus singulières. En 1984, l’acteur italien Ray Lovelock tourne en anglais le thriller de Lucio Fulci, Murder Rock, dans lequel un tueur s’en prend aux meilleures danseuses d’une école de danse, en leur perforant le cœur avec une longue épingle à chapeau.

Rentré en Italie, Lovelock pense participer au doublage italien, en se doublant lui-même dans le rôle principal masculin. Or, la production et le réalisateur lui demandent de signer un contrat, pour qu’un autre acteur lui prête sa voix en italien. Motif invoqué : la volonté de donner au film l’atmosphère des films américains doublés par des habitués du doublage, devenus familiers des spectateurs italiens. Lovelock se retrouve ainsi doublé dans sa propre langue par Massimo Ghini, entendu plus tard sur Nicolas Cage dans la version italienne de Leaving Las Vegas (1995).

Cette anecdote est racontée dans une interview donnée par Ray Lovelock en 2006, présente sur luxueux DVD américain de Murder Rock, qui contient la version anglaise et le doublage italien. Il existe aussi un DVD français, ne proposant que la version française et malheureusement dépourvu de suppléments. On remarquera que l’image de la couverture du DVD français (reproduite ci-contre) reprend le même dessin que l’édition américaine, à un détail près : l’épingle utilisée par le tueur pour commettre ses méfaits est remplacée par un couteau sanglant !

(c) La Gazette du doublage - 2009

mardi 1 septembre 2009

DOUBLAGES DE SIX FEMMES POUR L’ASSASSIN

Réalisé en 1964, le film de Mario Bava, Sei donne per l’assassino (1964), ou Six femmes pour l’assassin en français, est sorti en DVD multizone aux Etats-Unis, chez VCI Home Video en novembre 2005, sous le titre Blood and Black Lace. Ce thriller, dans lequel les mannequins d’une entreprise de mode sont décimés par un sadique tueur masqué, fait l’objet d’un intéressant commentaire audio de la part de Tim Lucas, écrivain auteur d’un ouvrage consacré à l’œuvre de Mario Bava. Lucas dit quelques mots du doublage américain du film, qui laissent à penser qu’il a vraiment été fait à l’économie, les distributeurs américains ne misant guère sur les films doublés. En effet, tous les interprètes masculins du film, Cameron Mitchell y compris, se retrouvent doublés par Paul Frees (1920-1986), acteur s’étant spécialisé dans le doublage, tout en menant des activités clandestines pour l’Administration américaine, comme agent au service du Bureau des narcotiques et des drogues dangereuses, dans les années 60 !

En revanche, le doublage français d’époque, présent sur le DVD, permet heureusement d’entendre plus d’une seule voix sur les personnages masculins. Cameron Mitchell est doublé par Jacques Dacqmine, tandis que Thomas Reiner, acteur par ailleurs très actif dans le doublage allemand, qui joue l’inspecteur Silvestri dans le film de Bava, est doublé par Bernard Dhéran, dont la performance est une fois de plus impeccable. Quant à Eva Bartok, précédemment vue dans Le Corsaire rouge (1952) aux côtés de Burt Lancaster, il revient à Martine Sarcey de lui prêter sa voix le temps de la version française.

(c) La Gazette du doublage - 2009