lundi 2 août 2010
Décès du comédien Eric Etcheverry
Par François Justamand, lundi 2 août 2010 à 22:24 :: News doublage
Le comédien Eric Etcheverry vient de nous quitter, à l'âge de 51 ans, des suites d'une longue maladie. Fils de Robert Etcheverry, qui fut sociétaire de la Comédie-Française, Eric ne commence à prendre des cours de théâtre qu'à l'âge de 22 ans. Il se présente au concours du Conservatoire national d'art dramatique et échoue de peu, à son grand désespoir. C'est à cette époque qu'il commence à faire du théâtre et à participer à quelques tournages.
Il rencontre au café-théâtre un autre comédien, William Coryn, qui lui propose d'assister à une synchro. L'expérience lui plaît. Il s'inscrit alors à un stage de doublage d'une semaine organisé par l'AFDAS. Suite à cela, son formateur, et également chef de plateau, lui propose un petit rôle à la synchro. Eric va ensuite enchaîner différents personnages dans cette branche du métier.
Il se rappellait avec plaisir avoir doublé le monstre de Men in black (1997) pour lequel il avait composé une voix particulière alors que la voix en VO était synthétique. Il gardait aussi un bon souvenir du doublage d'Alien, la résurrection (1997) pour lequel il avait travaillé sous la supervision de Jean-Pierre Jeunet en personne. Il avait aimé participé au dessin animé Manu (1991)dans lequel lui et Michel Elias doublaient tous les personnages masculins.
Il y a une dizaine d'années, le comédien confiait que les sociétés de doublage lui proposaient de plus en plus des rôles de personnages inquiétants. Ainsi, il avait doublé Chucky, la poupée possédée par l'esprit d'un tueur en série. Là aussi, il avait composé une voix qui n'avait pas été déformée.
Ces dernières années, malgré la maladie qui le rongeait, Eric Etcheverry a continué vaillamment à travailler. On l'a entendu, sur des seconds rôles, dans de nombreuses séries : Stargate Atlantis, Desperate Housewives, Prison Break, Huff, New York Police Blues, Buffy contre les vampires, Les feux de l'amour...
Ce sympathique comédien laisse le souvenir d'un artiste respectueux de son travail et profondément humain.
(Remerciements à David Krüger)
(c) La Gazette du doublage - 2010

A partir du samedi 24 juillet 2010, la chaîne Arte va diffuser en version multilingue la série Le prisonnier (1967-1968), avec l’inoubliable Patrick McGoohan. Le numéro 3158 de l’hebdomadaire Télérama consacre, page 48, un article à la série. Les propos péremptoires de la journaliste auteure peuvent faire tiquer ceux qui aiment cette série et l’ont connue grâce à son doublage : « la série n’a pas tant vieilli : seuls le doublage français, l’esthétique sixties et l’absence de progression de l’intrigue entre le premier et l’avant-dernier épisode la datent vraiment ». La même persiste et signe dans le petit texte commentant le premier épisode, page 53 : « Arte ayant l’heureuse idée de proposer une version multilingue, nous ne saurions trop vous conseiller de choisir la version originale plutôt que le doublage, vieilli et parfois édulcoré ».
Décédé le 18 avril 2010, Paul Bisciglia était ce que l’on appelle, sans intention péjorative, un second couteau du cinéma français. Sa longue filmographie est principalement composée de petits rôles, notamment dans des comédies telles que Le gendarme de Saint-Tropez (1964) et Hibernatus (1973). Il avait souvent joué pour Jean Rollin, en particulier dans La vampire nue (1970) et Les démoniaques (1974). A la synchro, sa voix haut perchée l’amenait généralement à doubler des personnages loufoques, décalés, comme Hendricks (Jeffrey Kramer), l’adjoint du chef Brody (Roy Scheider), dans Les dents de la mer (1975) et Les dents de la mer 2 (1978). Enfin, on pouvait aussi l’entendre dans les dessins animés Astérix et la surprise de César (1985), Astérix chez les Bretons (1986) et Astérix et le coup du menhir (1989).
Le comédien Pierre Maguelon s’est éteint le 10 juillet 2010. Pour beaucoup, il restera l’inspecteur Terrasson de la série Les brigades du Tigre (1974-1983). Son physique trapu et son accent méridional semblaient l’abonner à interpréter des policiers madrés, comme en témoignent ses rôles dans deux films de Luis Buñuel : Le charme discret de la bourgeoisie (1972) et Le fantôme de la liberté (1974). On a pu souvent entendre sa voix dans des publicités à la radio et la télévision. On sait moins qu’il a parfois fait de la synchro, ainsi, c’est lui qui doublait Riccardo Cucciolla dans la mini-série Le château des oliviers (1993).
Acteur, réalisateur, écrivain, Bernard Giraudeau s’en est allé le 17 juillet 2010. Après des apparitions marquantes dans des séries télévisées des années 70, comme La porteuse de pain (1973), Arsène Lupin (1971-1974) et Les mohicans de Paris (1973-1975), il était devenu une figure familière du cinéma français des années 80-90, dans des genres très variés comme l’aventure (Le ruffian, 1983), le drame (L’année des méduses, 1984), la comédie (Vent de panique, 1987). Dans Ridicule (1995), Il composait un fascinant Abbé dont l’obséquiosité signait sa perte, en l’excluant définitivement de la cour de Louis XVI. Bernard Giraudeau avait aussi fait un peu de doublage, en doublant par exemple nul autre que John Travolta dans Mad City (1997).
L'association Sérialement Vôtre et La Gazette du doublage ont organisé le 7 juillet dernier, dans un restaurant parisien, et dans le cadre des « Repas des Séries », une rencontre au sommet avec le comédien Alain Dorval, une des voix les plus caractéristiques du doublage français puisqu'il double Sylvester Stallone depuis le premier Rocky (1977).
Alain Dorval nous avoue qu'il travaille au doublage beaucoup plus pour le cinéma que pour la télévision, contrairement à sa charmante épouse, Dominique Dumont (qui l'accompagne à notre repas) qui est la voix française de Heather Locklear depuis la série Dynastie (1984 en France), celle de Katherine Kelly Lang dans le soap Amour, gloire et beauté, et également celle de Mariska Hargitay dans New York unité spéciale.