jeudi 31 décembre 2020

Quand les aigles attaquent en VF



Le film d'espionnage Quand les aigles attaquent se déroule pendant la seconde guerre mondiale. Un commando allié est chargé de libérer un général américain prisonnier des Nazis au sommet d'une montagne en Autriche. Ce long métrage de 1968 est principalement avec Richard Burton, doublé en français par Michel Gatineau comme dans la plupart des films de la MGM, et Clint Eastwood qui a la voix de Denis Savignat.

La version française adaptée, par Fred Savdié, possède une particularité intéressante : Lorsque les Nazis et les espions anglo-saxons parlent en allemand dans certaines scènes, Jacqueline Monchablon et Jacques Barclay, les responsables du doublage, ont intégré les dialogues du doublage allemand (réalisé quelque temps plutôt) sur la piste française alors que dans la VO - à part certaines répliques lors de la poursuite automobile à la fin du film - les personnages parlent tous en anglais. C'est une idée astucieuse qui permet aux spectateurs de s'immerger d'avantage dans l'histoire.

Pour en savoir plus sur les différents doublages :
http://carmelomike.blogspot.com/search?q=quand+les+aigles+attaquent
La distribution du doublage allemand :
https://www.synchronkartei.de/?action=show&type=film&id=5559

(Remerciements à Jean-Pierre Bouderlique et à Mike Locicero du blog "CarmeloMike")

(c) La Gazette du doublage - 2020

vendredi 25 décembre 2020

Décès de Jenny Gérard (1933-2020)


(Jenny Gérard entourée d'Olivier Martret (à gauche) et de Kelyan Blanc (à droite),
comédiens, voix françaises de Ron et Harry Potter)

C'est avec tristesse qu'on nous a informés le 14 décembre dernier du décès de notre amie Jenny Gérard, la directrice artistique de doublage bien connue qui a œuvré dans le doublage de 1966 à 2013.
Jenny commence sa carrière dans le cinéma à la fin des années 50. Lors de la sortie du dessin-animé Le Chaînon manquant de Picha en 1980, Jenny se présente elle-même : "J'ai été assistante de production, secrétaire de production, directrice de production... et me voici productrice."
En effet, après avoir été impliquée dans bon nombre de productions cinématographiques, de J'irai cracher sur vos tombes, réalisé par son vieux complice Michel Gast, au Gendarme de Saint-Tropez, elle se tourne principalement vers l'industrie du doublage à partir de 1967, toujours avec Gast, au travers de leurs sociétés SND, PM Productions et L'Européenne de doublage. Ensemble, ils vont se charger des doublages des plus grands films américains (elle pour le choix des comédiens et en alternance avec Gast à la direction artistique) de Butch Cassidy et le Kid aux Incorruptibles en passant par la trilogie de Retour vers le futur et les Harry Potter, la liste est très longue.
J'ai plusieurs souvenirs personnels de Jenny. La première fois que je l'ai rencontrée, en 1999, sur un plateau à Sonodi où j'ai été convié par Lori Rault, alors directrice technique de Warner, pour assister et faire un reportage sur le film Wild, Wild West, le pastiche de la série Les Mystères de l'Ouest. J'ai été impressionné par sa façon de diriger ses comédien, "une main de fer dans un gant de velours" ai-je écrit à l'époque dans les colonnes de la newsletter La Gazette du doublage. Ce plateau a été pour moi l'occasion de rencontrer les comédiens Lucien Jean-Baptiste, Jean-Philippe Puymartin, Virginie Ogouz et l'ingénieur du son Jean-Paul de Goury.
Par la suite, Jenny m'a permis d'interviewer le regretté Claude Giraud sur le plateau du Harry Potter, Le Prince de sang-mêlé, doublage enregistré à Cinéphase, et le grand Richard Darbois, parrain d'une promotion d'élèves de l'école du doublage que Jenny a montée à cette époque.
Je suis aussi heureux de l'avoir reçue au Salon des séries et du doublage en 2011 pour rendre hommage à sa carrière car c'était bien mérité. Elle a été mon invitée d'honneur, entourée de quelques-uns des comédiens qu'elle a fait travailler.
Une grande dame du doublage nous quitte. De nombreux comédiens lui doivent beaucoup. Mes pensées vont à Maxime, son époux depuis 37 ans.

(c) La Gazette du doublage - 2020

samedi 28 novembre 2020

Décès du comédien Patrick Osmond

La liste des comédiens, bien connus au doublage, s'allonge encore, hélas, en cette fin d'année. Nous avons appris il y a quelques jours le décès de Patrick Osmond. Homme de théâtre et de cinéma (il a joué notamment dans le film La Nuit de Varennes en 1982), Patrick s'est mis à la synchro à la fin des années 80 en prêtant sa voix au personnage de Jack Abbott dans le soap Les Feux de l'amour. Après cet "apprentissage", la repéreuse de talent et directrice artistique Jenny Gérard lui propose de prêter sa voix à Michael Keaton dans les Batman de Tim Burton (à partir de 1989) au côté de Michèle Buzynski (Kim Basinger). Quelques années plus tard, Jenny lui donnera à doubler l'acteur Ralph Fiennes dans Chapeau melon et bottes de cuir (1998). Très à l'aise chez les acteurs britanniques auxquels il apporte un certain flegme, il prête sa voix à Lord Beckett (Tom Hollander) dans Les Pirates des Caraïbes (2006 et 2007), au diabolique professeur Moriarty (Jared Harris) dans Sherlock Holmes (2009) et en 2010, il est choisi par Roland Timsit pour incarner vocalement le rôle de Mycroft Holmes (Mark Gatiss, comédien et créateur de la série en question) pendant 5 saisons. Les fans des Avengers (de 2015 à 2018) se souviendront de son interprétation de Vision (Paul Bettany), un de ses derniers grands rôles.

(Crédit photo : Rémi Carémel)

(c) La Gazette du doublage - 2020

samedi 7 novembre 2020

Babar, vedette de l'ORTF



Tout comme Nounours de Bonne nuit les petits ou Kiri le clown, le sympathique éléphant Babar était une star de l'ORTF en 1969-1970. Ce programme pour enfants comprenait 78 épisodes de 5mn. Alors qu'un comédien était sous le costume de Babar, sa voix grave était celle d'un autre comédien, notre ami Benoît Allemane, 35 ans à l'époque.
Benoit nous précise que les voix n'étaient pas les mêmes pour la TV et pour les disques. Alors qu'à la TV, Denise Grey prêtait sa voix à la veille dame et que Jacqueline Jefford doublait la gouvernante, sur les disques on retrouvait Madeleine Barbulée et aussi Teddy Bilis... Mais Benoit apportait bien tout son talent à Babar, quel que soit le support.

(Remerciements à Benoît Allemane)

(c) La Gazette du doublage - 2020