samedi 16 mars 2019

Décès de Med Hondo (1936-2019)

Le doublage et le cinéma africain sont en deuil, Med Hondo a rejoint le paradis des artistes le 2 mars dernier à près de 83 ans. Né en Mauritanie et arrivé à Marseille en 1959, il commence à faire des petits boulots pour subsister et se payer les cours de théâtre. Son professeur sera la grande Françoise Rosay qui le fera jouer dans un bon nombre de pièces classiques. Artiste engagé, il participe à la création du Comité africain des cinéastes et fonde en 1966 sa troupe de théâtre. Son cinéma traite exclusivement du colonialisme et du post-colonialisme (Soleil ô, Les Bicots-nègres, Lumière noire, Watani...).
Dès le milieu des années 60, pour la télévision française, il interprète des seconds rôles dans des séries populaires : Belphégor, Les Aventures de Bob Morane, Aux frontières du possible... Au cinéma, il tourne sous la direction de Godard (Masculin féminin), de Costa-Gavras (Un homme de trop), de Pascal Légitimus (Antilles sur Seine)...
Très actif au doublage, on commence à l'entendre dès la fin des années 60, notamment dans la série Les Bannis (sur l'acteur Otis Young). En 1973, il prête sa voix à Yaphet Kotto, le méchant de Vivre et laisser mourir, premier James Bond avec Roger Moore. C'est à partir de cette décennie que les décideurs vont lui attribuer vocalement la plupart des acteurs afro-américains : Carl Weathers (la saga des Rocky), Richard Pryor (Superman III), Ernie Hudson (SOS Fantômes), Keith David (Platoon), Morgan Freeman (Seven)... Mais l'acteur américain avec lequel l'osmose sera la plus forte est bien évidemment Eddie Murphy. Med lui prêtera sa voix à partir du film 48 heures. S'en suivront ensuite la trilogie du Flic de Beverly Hills et bien d'autres encore. En 2001, lorsque Murphy est engagé pour créer la voix de l'âne dans Shreck, on pense naturellement à Hondo pour effectuer le doublage de ce personnage un peu agaçant et très bavard mais si mémorable. On se souviendra aussi de Med Hondo sur le personnage de Rafiki dans Le Roi Lion de Disney et ses suites.
La carrière à la synchro de Med Hondo démontre, une fois de plus, qu'un doublage de qualité ne peut se faire sans le talent du comédien qui prête sa voix à l'acteur original.

(c) La Gazette du doublage - 2019

dimanche 17 février 2019

La Gazette du doublage a 20 ans !



Notre aventure éditoriale a commencé à il y a tout juste 20 ans, en février 1999. Passionnés par le doublage des films et des séries TV depuis des années, nous avions eu la chance d'assister à notre premier enregistrement 2 ans auparavant, aux studios de Saint-Ouen, grâce à Philippe Bacon, directeur technique de UIP (United International Pictures) et à Bruno Lais, directeur artistique et gérant de la société de doublage Synchro Services. Il s'agissait du James Bond Demain ne meurt jamais. A cette occasion, nous avions pu approché les comédiens Emmanuel Jacomy, Georges Aubert, Liliane Gaudet, Jean-Claude Balard, Michel Castelain et Alexandre Banguerski et l'ingénieur du son Fred Legrand. Cela nous a conduit à partager notre passion et à publier ce reportage dans une newsletter de 4 pages intitulée La Gazette du doublage. Au sommaire de cette lettre d'info figuraient aussi un article de notre ami le journaliste/écrivain Philippe Lombard sur voix françaises de Clint Eastwood, et la première partie d'un grand article sur le doublage des films de James Bond (décidément !). En quatrième de couverture, on pouvait trouver "Les Fiches de Monsieur Doublage" (distributions techniques et artistiques) sur les films Marseille Contrat (1974), La Belle et le clochard (doublage de 1955) et Batman et Robin (1997).
Cette petite "Gazette" a connu un succès d'estime puisqu'elle était distribuée à une cinquantaine d'abonnés seulement (notamment grâce au site Synchrocity et au bouche à oreille). Par la suite, nous avons pu assister à d'autres enregistrements de doublages dont nous avons publié les reportages : Haute Voltige avec Sean Connery (n°2 - avril 1999), Wild Wild West avec Will Smith (n°3 - juin/juillet 1999), Le Monde ne suffit pas avec Pierce Brosnan (n°5 - décembre 1999), un épisode de la série Homicide avec Yaphet Kotto (n°6 - mars 2000), un épisode de la série X-Files (n°6 - juillet/août 2000). Cela nous permis de rencontrer d'autres grands professionnels parmi lesquels : Jean-Claude Michel, Henry Djanik, Roger Lumont, Jean-Philippe Puymartin, Thierry Desroses, Georges Caudron, Caroline Beaune...
C'est en 2000 que nous nous sommes orientés vers Internet en nous associant avec le portail Objectif Cinéma (merci à son éditeur Valérian Lohéac, assisté d'Alyette de Sainte Marie). La suite, vous la connaissez puisqu'à ce jour, nous avons publié de nombreux articles et interviews (site La Gazette du doublage).
Nous avons également rejoint l'association Sérialement Vôtre qui gère notamment le Salon des séries et du doublage et qui a fêté sa 15e édition en novembre dernier.
Nous sommes aussi présent quotidiennement sur facebook avec le groupe La Gazette du doublage.
Pour conclure, on peut dire qu'en 20 ans la manière de communiquer a bien changé mais nous sommes toujours présents pour vous faire partager notre intérêt pour le doublage des films et des séries TV.

(c) La Gazette du doublage - 2019

mardi 25 décembre 2018

Décès de Claire Guibert (1924-2018)

Légende du doublage, la comédienne Claire Guibert est décédée le 15 décembre à l'âge de 94 ans.
Elle a été formée au centre dramatique de la rue Blanche pendant la guerre. Elle a commencé à faire du doublage après la Libération et a prêté sa voix notamment à la jeune Linda Darnell dans Le Signe de Zorro (film de 1940 mais sorti en France en 1946), enregistré aux studios de Saint-Ouen.
En 1953, Claire Guibert a épousé le comédien et grand résistant Marc Valbel. Lui aussi était un ténor du doublage, et ce depuis les années 30 : Gary Cooper (Les Aventures de Marco Polo, 1938), Robert Taylor (Johnny, roi des gangsters, 1942), Cary Grant (Les Enchaînés, 1946), Michael Rennie (Le Jour où la terre s'arrêta, 1951), Gregory Peck (Les Neiges du Kilimandjaro, 1952), Randolph Scott (Ville sans loi, 1955)... Ce dernier est décédé en 1960.
Durant sa carrière, Claire Guibert a tourné dans quelques films pour le cinéma, notamment dans les années 50 (La Grande vie, Le désert de Pigalle) et est apparue dans des dramatiques pour la télévision dans les années 60 (Monsieur Beverley, Ce soir à Samarcande) mais c'est surtout le doublage qui lui a apporté une forme de notoriété qu'elle a eu du mal à assumer (elle a refusé un certain nombre d'interviews sur le sujet). Pourtant, elle a été une très célèbre voix du cinéma pendant une quarantaine d'années puisqu'elle a doublé notamment Vivien Leigh dans Autant en emporte le vent (film de 1939 mais sorti en France en 1950), Virginia Mayo dans La Flèche et le flambeau (1950), Susan Hayward dans Les Gladiateurs (1954), Ingrid Bergman dans Indiscret (1958), Ava Gardner dans Les 55 jours de Pékin (1963), Lauren Bacall dans Le Crime de l'Orient-Express (1974), Claire Bloom dans Le Choc des Titans (1981)... Mais pour beaucoup, sa voix reste encore associée à Marilyn Monroe de Chérie, je me sens rajeunir (1952) aux Désaxés (1960) et à Doris Day, notamment dans L'Homme qui en savait trop (1956) ou encore dans Un pyjama pour deux (1961).
Tous ces rôles variés à la synchro ont permis à Claire Guibert de montrer l'étendu de son grand talent, aussi à l'aise dans un registre dramatique que dans la comédie.
Le succès en France du cinéma étranger, et notamment américain, des trente glorieuses, doit énormément à ces grands artistes de l'ombre, serviteurs du doublage. Qu'ils en soient ici remerciés.

(Merci à Rémi Carémel pour l'information)

(c) La Gazette du doublage - 2018

samedi 24 novembre 2018

Souvenir du 15e Salon des séries et du doublage

Le dernier salon en date s'est tenu le 17 novembre dernier. Le public y est venu en nombre et les thèmes et invités des différentes conférences ont été bien appréciés.

La première conférence que nous avons présentée a été dédiée au doublage de la célèbre série d'animation Les Simpson, avec la présence exceptionnelle de Philippe Peythieu (Homer), Véronique Augereau (Marge), Nathalie Bienaimé (Bart) et Régine Teyssot (divers voix). Cerise sur le gâteau, Philippe et Véronique ont doublé, rien que pour nous, une séquence d'un des épisodes, à la plus grand joie du public présent. Un grand moment !



Autre conférence mémorable, celle consacrée aux Grandes dames du doublage : Michèle André (Duchesse dans Les Aristochats, Pamela dans la série Dallas), Anne Jolivet (Kathleen Turner, Demi Moore) et Catherine Lafond (Daisy dans la série Sherif, fais moi peur, Phénicia dans Goldorak). Toutes ont parlé de leur carrière respective et ont raconté de nombreuses anecdotes relatives au théâtre, à la radio, à la télévision et au doublage. L'audience a été captivée !



Nous remercions vivement tous les participants de cette année et nous vous retrouverons en 2019 pour de nouvelles conférences.

(Photos : Franck Beulé pour Sérialement Vôtre)

(c) La Gazette du doublage - 2018